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Pour une rémunération juste et compréhensible de nos élus

Toucher au salaire des élus n'est jamais très populaire. Une simplification de la rémunération permettrait toutefois d'accroitre le lien de confiance. L'augmentation salariale compensée par une diminution du régime de retraite permettrait aussi d'offrir un salaire compétitif à ceux qui se dévouent à temps plein pour notre nation.

La rémunération des élus est un débat récurrent au Québec. Trop payés, pas assez payés, tous ont une opinion. Rappelons les faits. En date d'aujourd'hui, un député gagne 88 000 $ auxquels s'ajoute une indemnité de 16 000 $ non imposable ainsi qu'un généreux régime de retraite. En 2013, l'ex-juge de la Cour suprême Claire L'Heureux-Dubé a remis un rapport sur la rémunération des élus québécois où elle propose de regrouper les multiples indemnités des députés et de hausser leur salaire à 135 000 $ en échange d'une diminution de leur régime de retraite.

Cette modification est souhaitable, car elle rendra plus transparente la rémunération des députés qui est difficilement compréhensible pour le citoyen. Une hausse salariale en échange d'une diminution du régime de retraite permet de rendre les salaires des élus plus compétitifs et ce, à coût nul pour le trésor public. La fonction de député et de ministre est une fonction importante dans notre société qui mérite d'être rémunérée adéquatement. Il ne faut pas céder à la tentation populiste de réduire les salaires pour plaire à l'opinion publique. Une diminution importante des salaires des élus risquerait de transformer la politique en un «sport de riches».

Une rémunération adéquate permet d'attirer des candidats de tous les horizons. Un salaire de 135 000 $ est comparable au salaire de plusieurs professions libérales comme celles de médecin, d'avocat ou de comptable. Ajoutons qu'un député fédéral touche actuellement 160 000 $ par année, soit 45 % plus qu'un député québécois. Pourtant, la tâche d'un élu fédéral n'est pas 45 % plus difficile qu'un député québécois. Au contraire, le gouvernement du Québec offre davantage de services directs à la population, ce qui se répercute sur les demandes citoyennes et la tâche du député. Il est également intéressant de noter que les sous-ministres du gouvernement sous souvent mieux payés que les ministres et parfois même mieux rémunérés que le premier ministre.

Le rapport L'Heureux-Dubé proposait également d'abolir les fameuses «primes de départ» pour les réserver aux cas véritablement nécessaires comme la maladie ou un événement personnel grave. En 2014 et 2015, les députés démissionnaires Christian Dubé, Élaine Zakaïb et Gérard Deltell ont refusé leurs allocations de transition. Il s'agit d'une nouvelle pratique qui doit être institutionnalisée. La réaction du public à la démission d'Yves Bolduc, qui a accepté son allocation de transition pour aller travailler comme médecin le lendemain, démontre l'importance de modifier cette pratique. Rappelons que les allocations de transition doivent justement servir à faciliter la transition entre la vie politique et la vie «normale» et non être des «primes de départ» pour remercier les élus de leurs bons services.

Il s'agit d'un sujet délicat, car toucher au salaire des élus n'est jamais très populaire dans un contexte où les citoyens ont peu confiance en leur élite politique. Toutefois, une simplification de la rémunération permettrait d'accroitre le lien de confiance. L'augmentation salariale compensée par une diminution du régime de retraite permettrait également d'offrir un salaire compétitif à ceux qui se dévouent à temps plein pour le développement de notre nation. Souhaitons que les différents partis s'entendent pour adopter une rémunération juste et compréhensible de nos élus.

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