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14/12/2018 13:01 EST | Actualisé 14/12/2018 13:11 EST

De la politique sur le dos des communautés francophones

Les droits linguistiques au Canada sont une réalité que nous devons tous défendre et protéger. Le contrat social canadien est fondé sur le respect de la dualité linguistique.

Nous devrions toujours essayer d’améliorer les services aux communautés linguistiques minoritaires, parce que le bilinguisme canadien est une force et un atout que l’on doit chérir et protéger.
DenisTangneyJr via Getty Images
Nous devrions toujours essayer d’améliorer les services aux communautés linguistiques minoritaires, parce que le bilinguisme canadien est une force et un atout que l’on doit chérir et protéger.

Ce texte a été écrit en réaction au blogue de la Sénatrice Julie Miville-Dechêne: La Triste saga au Sénat d'une motion sur les droits linguistiques

Soyons honnêtes, le Sénat non partisan n'existe pas. Même si le premier ministre Trudeau veut que vous croyiez en cette illusion grandiose.

Depuis quelques jours, certains sénateurs font de la politique sur le dos des communautés francophones. La sénatrice Miville-Dechêne, comme plusieurs de ses collègues, malheureusement, tente de reprocher à l'opposition officielle au Sénat (les conservateurs) de vouloir prendre le temps de bien étudier la motion 410 sur l'importance des deux langues officielles qu'elle a présentée en Chambre.

Les droits linguistiques au Canada sont une réalité que nous devons tous défendre et protéger, il n'y a aucun doute là-dessus. Le contrat social canadien est fondé sur le respect de la dualité linguistique. Le français et l'anglais font partie intégrante de l'héritage que nous devons tous sauvegarder.

Nous devrions toujours essayer d'améliorer les services aux communautés linguistiques minoritaires, parce que le bilinguisme canadien est une force et un atout que l'on doit chérir et protéger.

Au Sénat, il est important de contribuer à un débat sous tous ses angles, et c'est pour cette raison que nous avons proposé de prendre en considération les peuples fondateurs.

Cela dit, dans son blogue, la sénatrice Julie Miville-Dechêne choisit d'omettre certains éléments importants quand elle accuse les sénateurs conservateurs d'obstruction.

La soi-disant résolution non partisane a été rédigée seulement par des sénateurs du Groupe des sénateurs indépendants — parce que ceux-ci ont refusé l'offre des conservateurs de rédiger ensemble la motion. Or, une motion unanime et non partisane ne devrait-elle pas inclure l'apport de tous les groupes ou caucus au Sénat?

Les sénateurs «indépendants» nommés par le premier ministre n'assistent peut-être pas au caucus libéral, mais ça ne fait pas d'eux des saints politiques. Ils font de la partisanerie malhonnête, se disant non partisans et non affiliés avec le gouvernement, mais travaillant en concertation avec les ministres du cabinet ainsi que le bureau du premier ministre. De plus, leurs actions démontrent qu'ils votent et appuient presque tout ce qui est mis de l'avant par le gouvernement libéral.

Le blogue de la sénatrice est révélateur dans ce sens; elle blâme les conservateurs pour tout. Dans mon livre à moi, ainsi que dans le dictionnaire, cela équivaut à de la partisanerie. Il faudrait aux sénateurs indépendants un peu de courage et simplement un peu plus d'honnêteté.

Arrêtons de croire que le premier ministre aspire à révolutionner le Sénat canadien avec son processus de nomination de sénateurs «indépendants». Jusqu'à présent, le premier ministre a nommé plusieurs sénateurs:

  • qui ont été membres de la Fondation Pierre-Elliott-Trudeau, la fondation de son père, l'ancien premier ministre libéral du Canada;

  • une vice-présidente d'une association de circonscription libérale au niveau fédéral;

  • une ancienne première ministre libérale du Yukon;

  • un candidat libéral fédéral vaincu à Halifax en 2011.

Permettez-moi d'ouvrir une autre parenthèse: avec ses dernières nominations, le premier ministre Trudeau a brisé une tradition de longue date, celle de toujours avoir un représentant acadien de la Nouvelle-Écosse au Sénat. Une tradition qui remonte à Sir Wilfrid Laurier, rien de moins. Il faudrait que les bottines suivent les babines quand on parle de défendre et de protéger les communautés linguistiques, surtout en situation minoritaire.

La sénatrice Miville-Dechêne joue à des jeux politiques. Si elle voulait vraiment une motion non partisane au Sénat, elle aurait dû travailler avec les sénateurs de toutes les affiliations politiques avant de déposer sa motion pour obtenir un appui unanime.

Elle devra rapidement apprendre comment le Sénat fonctionne et trouver des façons plus efficaces et stratégiques de travailler avec tous les membres du Sénat, afin de mieux servir et faire avancer les intérêts des Canadiennes et Canadiens.

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