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23/10/2016 10:26 EDT | Actualisé 23/10/2016 10:26 EDT

Kévyn, tu es un RH sans cœur!

J'imagine que vous vous souvenez tous de l'histoire du garçon qui criait au loup, cette fable d'Ésope? Le jour où il voit vraiment un loup, plus personne ne le croit ou ne lui prête la même attention.

À force d'annoncer une chose qui ne se produit pas, on finit par ne plus écouter ni porter attention et malheureusement nous demeurons incrédules quand l'évènement se produit pour vrai et, qui plus est touche indirectement plusieurs individus. Ce n'est pas une question d'insensibilité; c'est tout simplement la résultante d'une série de quiproquos nous laissant sur notre faim ou nous menant intentionnellement dans un cul-de-sac!

Dans le merveilleux monde du travail où les loups évoluent dans un cadre législatif, nous retrouvons ce petit garçon à bien des occasions lorsque nous sommes en RH. Il y a ceux qui crient au scandale dès que leurs paupières s'ouvrent le matin; il y a ceux qui brandissent le spectre de la démission dès qu'ils se sentent bousculés, il y a ceux qui rêvent d'un monde meilleur, mais qui ne mettent jamais leur plan à exécution.

Notre environnement de travail est un laboratoire très effervescent. Disons tout simplement que ces annonceurs font partie du quotidien pour certains d'entre nous, donc rien de sorcier, rien de nouveau, rien d'effrayant. Dans bien des cas, leurs fausses alertes n'ont que des répercussions limitées sur les autres employés, et heureusement! Avec une gestion bien organisée, nous devrions être en mesure de colmater les situations quand elles se présentent, mais l'objectif RH est de les résorber avant même qu'elles ne se présentent évidemment. Pourquoi sortir sans parapluie lorsqu'on annonce une pluie diluvienne dans les prochaines minutes? Parce que j'aime ça l'eau Kévyn, parce que...

Si je vous demandais si, selon vous, il est possible, voire envisageable, que cinq personnes ne se connaissant pas puissent utiliser la même excuse en l'espace de six mois?

On jase là! À brûle pour point, si je vous demandais s'il vous est déjà arrivé qu'un employé vous ait informé de son incapacité à se présenter au travail suite à un accident d'auto, la plupart d'entre vous me répondraient probablement par la négative (tant mieux). Maintenant, si je vous demandais si, selon vous, il est possible, voire envisageable, que cinq personnes ne se connaissant pas puissent utiliser la même excuse en l'espace de six mois? Vous me répondriez sûrement que deux c'est possible, mais que cinq c'est statistiquement improbable. Pousse, mais pousse égal! Un Okay, deux je questionne mes gestionnaires, mais 3, 4, et 5 qui n'ont même pas fait une minute... Je vous le dis mes très chers, les routes de l'entrevue sont parsemées d'embuches, à tous les niveaux!

Ouain, mais Kévyn, peut-être que le problème est dans ta compagnie et non du côté des candidats me direz-vous! Effectivement possible, mais travaillez-vous dans un bureau où le seul stimulant de vos employés est la caféine ou bien travaillez-vous dans un environnement dans lequel il est probable que certains remplacent le sucre de leur café par une autre substance? Même si ce n'est pas sur les lieux du travail. Aucune généralité, mais avez-vous déjà envisagé un instant l'idée qu'un titulaire de MBA, marié, avec trois enfants et un chien beige ne passe sûrement pas le même type de soirée qu'un décrocheur scolaire du même âge ayant pour terrain de jeux les bars de quartier et un boa comme ami de compagnie?!?

J'ai un candidat qui doit se présenter en entrevue, mais je remarque son absence à l'heure convenue. Je fais un suivi et deux jours plus tard, j'apprends que le candidat a passé les quatre derniers jours à l'hôpital. C'est très malheureux. J'ai un second candidat qui devait se présenter hier soir pour débuter son travail. Je constate son absence ce matin, je m'informe et apprends que le candidat était à l'hôpital avec sa fille qui venait d'être victime d'un accident. Je ne peux rien dire. Une semaine plus tard, un 3e candidat ne peut se présenter à son 2e jour de travail, il a subi un accident de la route. Je doute. Une 4e personne utilise l'excuse de sa fille pour justifier son absence le vendredi précédent une fin de semaine de trois jours. Je ne le crois pas. Je me dis que 4 fois c'est impossible. Je contacte le recruteur et lui dit que je vais poursuivre mes recherches pour remplacer ce monsieur.

Maudit... cette fois-ci c'était vrai! Comble du malheur, à quelques minutes d'intervalles près, je contacte par téléphone et courriel un candidat pour lui annoncer le début de son emploi. Deux jours plus tard, n'ayant aucun signe de vie, je laisse un autre message pour lui annoncer que nous poursuivrons malheureusement le processus avec une autre candidature. N'ayant reçu aucun retour de sa part depuis, je reçois une réponse à mon courriel. Le monsieur s'excuse du délai... mais il était à l'hôpital. Je ne sais plus quoi croire ou quoi dire à ce 5e monsieur... on a utilisé à mauvais escient cette raison trois fois avant que cela ne soit vrai. À plusieurs reprises (documentées et prouvées), un gars qui se réveille deux jours plus tard indique:

  1. qu'il vient de dessaouler;
  2. qu'il n'a plus d'argent.

Mon expérience acquise dans plusieurs types d'industries m'oblige à questionner, à être suspicieux, à ne plus croire... Pouvez-vous imaginer dire à quelqu'un je ne crois pas que votre fille ait subi un accident, alors que cette fois-ci, l'unique fois où tu ne crois plus, c'est vrai... imaginez comment j'ai l'air d'un sans cœur, d'un trou d'cul, et d'un insensible pour ce monsieur.

Une grande majorité de candidats se plaint (souvent à raison) des recruteurs qui ne retournent pas l'appel, qui ne donnent pas de suivi d'entrevue, qui sont bornés, se plaint que les professionnels RH oublient trop souvent le H (facteur humain) de leur fonction RH... Pour certains, vous avez raison. Mais, la grande majorité du temps, nous ne sommes pas derrière les portes closes et Dieu sait que ces deux morceaux de bois se touchant peuvent générer / engendrer d'importantes discussions.

Malheureusement, certains candidats paient le prix pour le manque de professionnalisme des candidats précédents... mais ils n'en savent rien. Ils ne subissent que les remous de la vague qui naquit avant eux. Peu importe, au final c'est encore de la faute aux RH. À certaines occasions, peut-être! Mais ne vous en faites pas, j'ai souffert pour vous mes amis! Ne vous en faites pas, j'ai le dos large grâce aux nombreuses et douloureuses séries effectuées de Bent Over, de Cable Rowing et de Lat Press Down... Désolé pour les termes anglais... traduction ou non ce sont les mêmes exercices :-)

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