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22/02/2019 09:46 EST | Actualisé 22/02/2019 11:24 EST

Même le ministre du Travail peut changer de «job»

Dans le merveilleux monde du travail, même les patrons changent de postes, claquent la porte, ou se la font montrer.

Jean Boulet, ministre du Travail
HuffPost Québec
Jean Boulet, ministre du Travail

Qu'importe notre position, qu'importe à qui nous nous rapportons directement, et qu'importe la distance qui nous sépare du président de la compagnie, nous nous rapportons tous au président. Un bon gestionnaire, un bon directeur, un bon VP et un bon président sont toujours imputables des actions et des décisions de leurs subalternes. S'ils s'informent de ce qui se trame sous eux, c'est pour le bien de l'entreprise, et non parce qu'ils sont fanatiques du micro-management.

Il en est de même dans la fonction publique. Le ministre d'un ministère X est imputable de tous les faits et gestes de ses fonctionnaires, et ceci, qu'importe le niveau hiérarchique de ce fonctionnaire. Ainsi, même le commis à temps partiel saisonnier, travaillant dans le ministère X, a comme Big Boss, le ministre de ce ministère.

On se rapporte tous à quelqu'un. Nous pouvons être impressionnés par notre président, qui aime bien se la jouer président. Mais lorsque l'on rencontre d'autres présidents, évoluant dans des entreprises beaucoup plus importantes et imposantes, on relativise rapidement l'importance que l'on accorde à notre président.

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais mon patron doit être crédible, compétent, savoir de quoi il parle, et doit être respecté dans son milieu, parmi ses pairs et dans sa fonction en général.

Que nous soyons dans le secteur public ou bien le secteur privé, disons que le ministre du Travail est très important pour nous tous dans ce merveilleux monde du travail.

À la tête du monde du travail

Mais savez-vous qui est ce fameux ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale? Le connaissez-vous? J'imagine que vous ne connaissez même pas son nom, et ce même si vous avez voté pour la CAQ. Nous votons pour des visages sur des poteaux afin qu'ils deviennent députés, mais nous ne votons pas pour élire les ministres.

Ainsi, il se nomme Jean Boulet, élu député de la circonscription de Trois-Rivières aux élections générales du 1 octobre 2018, et il occupe temporairement la chaise du ministre du travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale depuis le 18 octobre 2018. Je dis temporairement, puisqu'il y est jusqu'au prochain remaniement ministériel. J'aimerais bien faire un survol objectif de sa biographie avec vous, mais elle est inexistante sur le site de l'Assemblée nationale du Québec. Qu'aimes-tu mon Jean? Quel est ton animal favori? Qu'as-tu fait dans la vie avant que l'on soit pris avec toi à travers le Québec, uniquement parce que du monde de 3-R ont voté pour un député devenu ministre.

Toutefois, pour des causes partisanes, elle se trouve sur le site de la CAQ. À première vue, il semble assis sur la bonne chaise, puisqu'il est un avocat de profession, spécialisé dans le droit du travail et dans les négociations collectives. Les lockoutés de l'ABI attendent depuis plus d'un an une expertise en la matière, mais s'attendent à beaucoup plus de toi. Tu veux avoir un état clair de la situation pour une 29e fois, incluant tes prédécesseurs.

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Dans le day-to-day, loin des lobby, des activités partisanes et du crêpage de chignon en cocus, notre Jean, et sa trâlée de fonctionnaires doivent favoriser l'équilibre entre l'offre et la demande de main-d'œuvre; ils doivent favoriser l'atteinte de conditions de travail équitables et de relations du travail harmonieuses; ils doivent diffuser une information pertinente sur le travail dans tous les secteurs d'activité; ils doivent privilégier l'inclusion économique et sociale des personnes les plus vulnérables; tout en soutenant l'action communautaire et bénévole.

Vous y croyez?

Moi non plus, car peu importe son background, les fonctionnaires et les sous-ministres étaient là avant lui et le seront après.

Dans le merveilleux monde du travail, même les patrons changent de postes, claquent la porte, ou se la font montrer.

Chercheurs d'emplois, la prochaine fois qu'un recruteur vous fait la remarque que vous changez d'emploi aux deux ou trois ans, et que vous êtes écœuré de leur faire remarquer trivialement que c'est la réalité du marché, faites-leur aussi remarquer que même les Big Boss se succèdent et que même le ministre responsable de ce monde du travail change assez régulièrement d'emploi. Il n'y a pas de mal à ça, à moins que l'inertie et le statu quo doivent être la norme dans les entreprises où il ne fait pas bon travailler.

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