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15/01/2018 09:00 EST | Actualisé 15/01/2018 11:11 EST

Les syndicats dansent

Nous avons dorénavant un nouveau bouc émissaire : les robots!

Getty Images/iStockphoto

Mon introduction aux robots n'a pas débuté avec Star Wars, mais bien avec Terminator 1 et Robocop 1, et davantage avec la montée des robots et Skynet dans Terminator 2. Tout ce qui s'en est suivi n'est que conséquence de la prophétie de ce second film.

Beaucoup d'entre nous riaient et tournaient au ridicule cette idée de remplacement de l'homme, de la mobilisation des robots, de leur montée et de leur révolte en 1991. Beaucoup, sauf de nombreux syndicats qui voyaient là un tout autre présage.

Alors que nous serions en droit de nous attendre à voir, à entendre, et à subir la grogne des syndicats en réaction à la modernisation des équipements, à la robotisation des emplois, et à la disparition langoureuse des emplois requérant peu ou prou d'habiletés techniques, il n'en est rien ou presque. Du moins, pas autant que ce à quoi le mouvement syndical québécois nous a habitués par le passé. Ceci étant dit, les contrecoups, les effets pervers et négatifs existent, et la dénonciation demeure à l'ordre du jour et demeure bien ancrée au sein des syndicats.

Mais pourquoi donc diantre en est-il autrement?

Serait-ce dû au fait qu'une certaine pression sociale se serait dissipée et qu'une lourde charge invisible sur les épaules, mais bien réelle se serait volatilisée dernièrement? La société se serait-elle trouvé un nouveau bouc émissaire? La plèbe, constamment à la recherche d'un coupable ou d'un responsable, aurait-elle tourné les projecteurs vers quelqu'un d'autre?

Avant la venue des TI et de tout ce qui fut ou bien qui est 2.0/3.0/4.1 et 5 ½, les gens travaillaient en usine, travaillaient sur des chaînes de montage, et étaient syndiqués. En faveur des syndicats, nous les percevions comme des sauveurs. Si nous étions défavorables aux syndicats, nous les percevions comme des tueurs de jobs.

Maintenant, le gros méchant loup existe toujours, mais il n'est plus fait de chair et d'os. Non mes amis! Il est dorénavant constitué de carbone et de micro-processeurs. Dans un Québec pas si lointain encore, reclus par la religion et replié par la peur des autres, nombreuses étaient les occasions d'entendre parler de voleurs de jobs pour parler de l'immigration et d'entendre parler de tueurs de jobs pour parler de la syndicalisation. Maintenant, les robots sont tout ça à la fois. Un voleur de job; un tueur de job, et le pire dans tout ça, c'est qu'ils le font sans scrupules et sans remords.

L'intelligence des objets est à notre porte, et pas seulement au portique de notre maison, puisqu'il est aussi bien confortablement assis dans la salle d'accueil de votre entreprise. Nous en sommes rendu-là, nous devons donc nous accorder avec cette réalité. Le système est le même; les acteurs sont les mêmes; les finalités demeurent similaires. Ici, nous introduisons seulement une nouvelle variable, très influente, sur les acteurs et les contextes dans ce merveilleux monde du travail.

J'insinue, de façon non subtile, que les syndicats sont plutôt favorables au changement de paradigme orchestré par la robotisation de plusieurs catégories d'emplois.

Ici, je ne dis pas que les syndicats sont heureux des pertes d'emploi progressives... de leurs membres. J'insinue, de façon non subtile, que les syndicats sont plutôt favorables au changement de paradigme orchestré par la robotisation de plusieurs catégories d'emplois.

Nous avons dorénavant un nouveau bouc émissaire : les robots!

Ils volent les emplois; ils tuent les emplois; ils font diminuer le taux de syndicalisation; ils n'ont aucune allégeance syndicale et ils refusent de signer leur carte de membre. À long terme, puisque le changement se fait lentement, ils feront augmenter le chômage, avant que celui-ci ne se restabilise, puisque nous, travailleurs, seront rendu ailleurs dans nos parcours professionnels.

Pensons-y, les robots n'ont même pas besoin de recevoir de prestation d'assurances sociales afin de leur assurer un revenu minimal lorsqu'ils perdent leur emploi.

Pensons-y, les robots n'ont même pas besoin de recevoir de prestation d'assurances sociales afin de leur assurer un revenu minimal lorsqu'ils perdent leur emploi. Ce n'est pas génial ça?!?

Mais pour les autres charges sociales comme le RRQ et le RQAP, présentement prélevées sur chaque paie de chaque employé, qui de nous, ou des robots, contribueront à notre bas de laine social?

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