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01/05/2017 09:01 EDT | Actualisé 01/05/2017 09:01 EDT

J'aime mon boss

Comment sait-on que nous sommes un bon boss ou bien comment sait-on que le boss que nous avons est excellent?

Comme moi, si vous étiez hypnotisés par les rayons cathodiques des téléviseurs RCA des années 80 et 90, vous vous souvenez probablement des pubs de Loto-Québec et de leur fameux Bye Bye Boss? L'angle d'attaque initiale choisie pour vendre le bonheur était ni la santé ni la famille, ni même vous. Non, trop facile! C'était plutôt le travail, et plus particulièrement le boss.

Signe d'un état d'esprit généralisé et caractéristique d'une génération X désillusionnée face au monde? On jase-là! Notons que le lien direct entre la fin volontaire de son emploi et le gain au loto n'a pas été introduit par cette génération, mais disons qu'il a été mis à l'épreuve; qu'il s'est solidifié; qu'il a été accepté et partagé; et qu'il s'est fermement implanté dans notre imaginaire collectif depuis ce temps.

En 2017, est-ce nécessaire de gagner au loto pour faire un doigt d'honneur à un Boss abusif, irrespectueux, à un Cro-Magnon asocial n'utilisant qu'une massue pour faire valoir et accepter son unique point de vue? Évidemment que non et j'en conviens que je grossis l'image. Ça l'a au moins l'avantage d'être clair pour tout le monde, même pour ceux ayant des limitations oculomotrices (je vous mets au défi d'utiliser ce mot aujourd'hui!) Pas besoin de devenir millionnaire pour quitter un mauvais patron, mais ça l'aide toujours. Particulièrement, pour ceux et celles nécessitant une tape supplémentaire dans le dos pour le faire avancer.

Sans avoir la prétention d'avoir effectué une analyse longitudinale des 30 dernières années, il me semble que de plus en plus de gagnants ne quittent pas leur emploi. Mais pourquoi donc? Parce qu'un million, ça ne change plus le monde; ce n'est plus assez pour vivre confortablement jusqu'à la retraite?

Ou bien parce que certains d'entre eux aiment tout simplement leur emploi, leurs collègues et leur patron?

Je sais, j'y vais fort, mais cœurs sensibles, fermez les yeux en lisant ce qui suit: j'aime mon Boss!

«T'es gelé comme une balle mon Kévyn! Ça ne se peut pas, en plus, ça ne se dit pas ces affaires-là!»

Ça se dit, mais que très rarement et surtout pas trop fort. Ça, c'est lorsque cela ne se fait pas sous le couvert de l'anonymat par crainte de se faire ridiculiser. Imaginez-vous un instant si vos collègues de travail apprenaient que vous appréciez et respectez votre Boss! Surtout, si ces sentiments ne sont pas partagés par l'ensemble de vos collègues. Nous pouvons déjà anticiper un effluve de spéculations en notre direction.

Ce n'est pas grave, il y a des choses pires que ça dans la vie. Ne faites que penser à «l'épouse» d'un certain Donald.

Je m'éloigne, revenons à mes moutons.

Donc, ode à tous les directeurs. Oups, que dis-je... ode à tous les bons directeurs! Pousse, mais pousse égal mon Kévyn!

Comment sait-on que nous sommes un bon boss ou bien comment sait-on que le boss que nous avons est excellent?

Mais comment sait-on que nous sommes un bon boss ou bien comment sait-on que le boss que nous avons est excellent? Surtout, comparativement à nos précédents directeurs, et surtout comparativement aux ploucs que nous pourrions avoir comme boss si nous étions ailleurs, ou bien si nous étions sur la même chaise, mais avec un touriste comme directeur.

Ce n'est pas parce que vous croyez être un bon boss que vous l'êtes, on s'entend là-dessus!

Votre job vous fait chier, mais vous vous présentez quand même lundi matin? Vous faites une erreur sans que la session de coaching vous dérange? Vous pourriez aller voir ailleurs pour quelques dollars de plus, mais à quoi bon? À quoi bon si vous avez une bonne relation avec votre supérieur; à quoi bon si vous apprenez de vos erreurs tout en vous améliorant; à quoi bon penser que nous pourrions être plus heureux ailleurs, alors que vous avez un boss taillé sur mesure pour vous, et qui peut vous aidez à changer votre perception face à votre emploi? Changer pour changer ne change rien hormis le fait de constater que c'était peut-être mieux avant que cela ne change.

Peu importe, c'est déjà quelques signes laissant présager que vous avez un bon boss.

Inversement, malgré la tempête, vous remarquez que vous n'êtes pas seul sur le bateau. Malgré les intempéries, et en dépit de tous les aspects que vous ne pouvez pas contrôler, vous constatez que vos employés se présentent au travail, non pas à reculons, mais bien prêts à braver une nouvelle semaine avec vous. Oui, nous avons tous besoin d'argent, mais à quel prix?

C'est déjà un signe laissant présager que vous êtes un bon boss... mais n'attendez pas qu'ils vous le disent clairement. Nous ne saurions peut-être pas comment le dire ou nous ne saurions peut-être pas comment le message serait accueilli. Après tout, c'est mon boss!

J'en conviens, c'est parfois difficile à croire, mais les directeurs sont des humains. Peut-être pas toujours comme vous et moi, mais ils ont parfois des sentiments qui les rendent meilleurs. Qui nous rend meilleurs. Un bon boss avec des sentiments qui peuvent rendre leurs employés meilleurs... mais que se passe-t-il avec toi mon Kévyn, vous dites-vous sûrement dans votre for intérieur.

Eh oui, ça se peut à l'occasion. En apnée, dans les noirceurs abyssales près du noyau terrestre, se trouve un monde inconnu à découvrir, parmi lequel des spécimens rares existent. Il ne suffit pas que de les trouver, encore faut-il les reconnaître et nous les faire connaître.

Un bon boss, ça se peut. Il n'en a sûrement pas de besoin, mais prenez le temps de lui signaler (si c'est le cas évidemment). C'est toujours bon pour l'égo. En plus, cela ne se produit tellement... jamais que je vous inviterais à analyser sa réaction, son faciès et ses comportements. Sortir un Boss de sa zone de confort, même si ce n'est que pour le réconforter, ça n'a pas de prix!

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