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12/02/2018 09:00 EST | Actualisé 12/02/2018 11:03 EST

Et si vous connaissiez le salaire de vos collègues?

Je ne vous apprendrais rien en vous disant que les salaires sont source de bisbilles.

anyaberkut via Getty Images

On aime ça se comparer; ça nous fait du bien, ça flatte notre ego. Mon père est plus fort que le tien; je pisse plus loin que toi; mon salaire ridiculise ton salaire. Le syndrome du voisin gonflable n'existe pas qu'en banlieue, il s'invite aussi au travail, en accompagnant les travailleurs dans leurs véhicules, tous les matins. On le sait, ou bien, on ne le sait pas; on s'en fout, ou bien, on s'en vante!

Le savoir est une arme, une arme qui peut être à double tranchant, et si nous l'utilisons comme un amateur ou un apprenti convaincu de sa supériorité, eh bien, nous pouvons nous-mêmes nous faire hara-kiri. J'imagine, rationnellement, que l'on n'acquiert pas des connaissances pour ne pas s'en servir. D'autant plus, qu'elles ne se mettent pas en vitrine.

L'argent s'engrange, les surplus et les réserves s'engrangent, pour le futur ou pour contrer les journées, mais le savoir lui...Quel est le but d'avoir des connaissances, de savoir des choses, d'avoir accès à des informations et de ne jamais les utiliser; de ne jamais les appliquer, ou bien de ne jamais en profiter et en faire profiter les gens qui nous entourent?

Jalousie, peur, incompréhension de la valeur de l'information emmagasinée, machiavélisme, abus de pouvoir, chantage, etc.

Viscéralement, pourquoi acquériez-vous des connaissances et êtes-vous toujours à l'affût de nouvelles informations? Que ferez-vous avec ce que vous savez ou bien qu'empêcherez-vous les autres de faire sachant ce que vous savez?

Du bon; du mauvais; ça dépend?

Ça me fait penser à mes cours de philosophie au Cégep, à la République de Platon et au mythe de l'anneau de Gygès mis par écrit par Hérodote. Respecterions-nous les lois si nous avions la certitude de pouvoir les enfreindre en toute impunité?

Respecterions-nous les lois si nous avions la certitude de pouvoir les enfreindre en toute impunité?

Dans la même veine, mais deux mille ans plus, posons-nous la question suivante : Et si nous connaissions les salaires de nos collègues, que ferions-nous avec cette information?

De la spéculation; du coulage d'information; de l'opportunisme; rien pantoute?

Je ne vous apprendrais rien en vous disant que les salaires sont source de bisbilles.

Quand on se compare, on se console, sauf lorsqu'il est question de salaire. Pourquoi fais-je moins d'argent qu'un tel, pourtant, je suis meilleur? Pourquoi un tel fait plus d'argent que moi, nous faisons pourtant la même job, et en plus, j'ai davantage d'expérience que ce dernier? Est-ce dû à une mauvaise négociation salariale dès l'embauche? Est-ce la conséquence d'une iniquité quelconque à la suite des évaluations de rendement?

C'est rare qu'on ait tout cuit dans le bec. Habituellement, nous devons travailler et forcer quelque peu pour avoir quelque chose. Donc, qu'avez-vous fait pour connaître les salaires de vos collègues et supérieurs, pourquoi l'avez-vous fait et que ferez-vous avec ces renseignements?

Connaître le salaire de vos collègues vous rendra-t-il plus heureux?

Parfois, il y a des choses que l'on préférerait ne pas savoir ou bien que l'on regrette de savoir. Les comportements changent, les appréciations changent, le regard et la perception se voient modifiés, mais est-ce pour les bonnes raisons ou bien est-ce simplement en réaction à ce que nous savons, et avec quoi nous avons parfois des difficultés à adopter le comportement approprié.

Tu gagnes plus que tes collègues; tu fais moins d'argent que tes collègues; tu travailles plus fort, ou bien tes livrables sont meilleurs? Beaucoup de questions aux réponses futiles quand on y pense bien.

Je terminerais avec une simple question, qui dans les faits, est l'une des plus importantes : peu importe combien tu gagnes, es-tu heureux au travail et satisfait de ton travail?

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