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19/12/2016 08:29 EST | Actualisé 19/12/2016 08:30 EST

Ton changement, tu peux bien te le mettre où je pense!

Quoi de plus réconfortant et de plus confortable qu'une vieille paire de pantoufles!? Elles vous supplient quasiment de vous en débarrasser? Rien à faire, vous les usez jusqu'au bout! Votre femme vous en a offert une nouvelle paire, bien meilleure, plus chaude et confortable? Rien à faire, vous ne vous en débarrassez pas encore!

Quoi de plus réconfortant et de plus confortable qu'une vieille paire de pantoufles tricotées avec amour par votre mère (désolé les papas)!? Elles se font vieilles et vous supplient quasiment de vous en débarrasser? Rien à faire, vous les usez jusqu'au bout! Votre femme vous en a offert une nouvelle paire dernièrement, bien meilleure, plus chaude et confortable? Rien à faire, vous ne vous en débarrassez pas encore!

Pourtant, vous savez très bien que votre raisonnement ne tient pas la route et que votre femme a raison, puisqu'effectivement la nouvelle paire est meilleure en tout point. Ce qui ne vous empêche pas de résister et de vous replier dans les dernières tranchées des fibres restantes de vos pantoufles. Non pas pour mettre en scène un affrontement monumental entre votre femme et votre mère! Jamais!!!

Mais bien seulement parce que vous connaissez le sentiment de sécurité qu'une chose que vous possédez vous apporte. Pas de mauvaise surprise et de déception lorsque nous nous limitons au terrain connu.

Il n'y a pas juste Maslow!

Sécurité et stabilité ne doivent toutefois pas rimer avec inertie et œillères!

D'emblée, l'inertie newtonienne n'est vraiment pas recherchée pour définir la stabilité, sans quoi vous n'avancerez pas beaucoup (c'est le cas de le dire) dans votre travail comme dans la vie. Remémorez-vous vos cours de philo au cégep si vous n'étiez pas trop dans les vapeurs de fumée. Deuxièmement, une raison spécifique explique l'utilisation des œillères sur les cheveux. Vous comparez-vous vraiment à cet animal?

Dans le merveilleux monde du travail, vous êtes ouverts aux changements... Pourvu que ces changements n'affectent pas votre travail, votre routine, vos repères; dans le fond, votre vie.

Vous n'êtes pas le seul, ne vous en faites pas!

Peut-être que si vos collègues s'améliorent, une auréole apparaîtra au-dessus de votre tête? Peut-être que si votre voisin restaure sa maison et réaménage son terrain, la valeur de votre maison pourrait augmenter sur le marché. Peut-être...

Mais, peut-être aussi que la résultante aux yeux des gens qui vous entourent sera de constater à quel point vous êtes terne, plate, et obstinément borné à faire du surplace - voire reculer - alors que tout le monde avance. Allume, allumette!!!

Le TGV passe, mais tu es trop occupé à chercher du charbon, donc ne vient pas maugréer à la fin si le vent t'a déplacé le peu de toupet qu'il te reste!

Changer pour changer ne change rien et vous le savez très bien!

La preuve : même si vous changez neuf fois de bobettes dans les dix prochaines minutes, vous ne vous sentez probablement pas mieux. Surtout si vous deviez enfiler votre Speedo pour aller vous saucer dans l'eau. L'image est exagérée et grossière, mais c'est quand même vrai et ça dit ce que ça l'a à dire. Vous ne comprenez pas encore?

Voyons, voyons... ah oui!

Au prix des maudites couches jetables pour enfants (j'en entends déjà râler), je ne changerai pas la couche de mon gars s'il ne m'a pas laissé une petite surprise et ceci même si ça fait déjà deux heures que je ne l'ai pas changé! C'est dispendieux et j'ai mieux à faire de mon temps.

« Je te croyais dans le merveilleux monde du travail mon Kévyn », vous exclamez-vous dans votre bureau et vous avez raison! Ce n'était que pour l'image...

Ce qui n'empêche pas qu'un changement ça se justifie et doit être justifié. Point!

Nous devons exposer une problématique, développer quelques pistes de solutions, convaincre la plèbe qu'il y a une nécessité d'action pour contrer la problématique avec les outils proposés. Est-ce accepté et compris par les gens qui nous entourent et qui seront touchés par le changement? Dans l'affirmative, allons de l'avant en implantant et en gérant le changement!

Ça ne passe toujours pas? Retournez faire vos devoirs, et ne vous couvrez pas de honte! Mieux vaut ça que de se péter la gueule et de toujours se retrouver ensanglanté sur le plancher quatre mois plus tard!

Avant d'orchestrer le changement, assurez-vous d'abord d'avoir identifié une variable nécessitant peut-être un changement. Questionnez-vous ensuite sur la pertinence du changement en considérant la palette d'options s'offrant à vous. Dans l'éventualité où l'option retenue et proposée nécessite-engendre-provoque un changement, assurez-vous doublement de bien identifier et communiquer la problématique avant de vendre votre idée de changement. Si l'idée est retenue, les probabilités que l'implantation, la diffusion et l'acceptation dudit changement s'effectuent plus doucement augmentent de beaucoup.

Par contre, si vous persistez à ne pas cibler la problématique nécessitant un changement, ne vous surprenez pas si vous rencontrez de la résistance aux changements sur votre parcours.

Les pantoufles sont peut-être trouées, mais tant et aussi longtemps que la plante du pied ne touchera pas le plancher glacial de la cuisine et n'allumera pas la bougie du changement, les pantoufles de notre douce moitié demeureront dans le placard.

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