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15/06/2018 09:00 EDT | Actualisé 15/06/2018 09:00 EDT

Loi sur les ingénieurs: une modernisation qui s'impose

Une loi plus inclusive permettra de reconnaître la compétence de centaines, voire de milliers de professionnels qui ne sont pas reconnus dans la loi actuelle.

Getty Images/Hero Images

Le gouvernement du Québec a déposé cette semaine un vaste projet de loi qui comprend, entre autres, des orientations concrètes pour la modernisation tant attendue de la profession d'ingénieur. Alors que le Québec se positionne comme un leader dans le secteur de l'intelligence artificielle, la modernisation de la Loi sur les ingénieurs s'impose en effet plus que jamais.

Le travail de l'ingénieur ne se résume pas à concevoir, à construire ou à exercer un jugement purement technique. Il ne consiste pas simplement à analyser, mais à expliquer et à faire comprendre, de façon à ce que chacun, client, employeur ou public, puisse faire des choix éclairés.

Cet aspect de la profession est d'autant plus vrai avec l'évolution fulgurante des technologies et des types de génies qui y sont associés. Or, la Loi sur les ingénieurs, adoptée en 1964, n'a pourtant fait l'objet d'aucune révision en plus de 50 ans. Encore à ce jour, les génies récents ou émergents (pensons au génie informatique) échappent à la juridiction de l'Ordre des ingénieurs du Québec et donc à sa capacité d'assumer son rôle de protection du public.

Pour le moment, la Loi sur les ingénieurs encadre essentiellement les domaines traditionnels du génie (civil, mécanique, électrique et chimique). Il n'est donc pas surprenant que, dans un récent sondage mené auprès des 63 000 ingénieurs québécois, 87 % des répondants aient signifié que la modernisation de la Loi sur les ingénieurs est nécessaire, voire urgente.

C'est pourquoi nous accueillons très favorablement, dans le tumulte de la fin de session parlementaire à Québec, le dépôt par le gouvernement d'un projet de loi qui se veut le signal qu'il est temps d'agir. Une loi plus inclusive permettra de reconnaître la compétence de centaines, voire de milliers de professionnels qui ne sont pas reconnus dans la loi actuelle. Après avoir maintes fois rappelé la nécessité d'agir en ce sens au cours des dernières années, l'Ordre des ingénieurs du Québec se réjouit de ce signal important.

Toutefois, force est de constater qu'il y a loin de la coupe aux lèvres puisque ce sera à la prochaine législature de considérer à nouveau la nécessité de revoir la Loi sur les ingénieurs. C'est pourquoi, à l'aube d'un rendez-vous électoral en octobre prochain, nous en appelons à l'ensemble des partis politiques, afin qu'ils s'engagent envers une refonte complète de cette loi.

Comment protéger le public quant à la confidentialité des données dans les nouvelles technologies ?

Mais il ne faut pas se contenter du rattrapage, puisque nous serons alors déjà en retard. Comment protéger le public quant aux biais intrinsèques d'un algorithme ? Comment protéger le public quant à la confidentialité des données dans les nouvelles technologies ? Comment protéger le public face à de nouvelles réalités comme les voitures autonomes ? Ce sont là seulement quelques-unes des questions que soulèvent les profonds changements qui transforment la société aujourd'hui.

Lorsque l'on constate la vitesse à laquelle progressent les technologies, la prochaine Loi sur les ingénieurs devra non seulement refléter l'évolution de la profession, mais aussi permettre d'anticiper les enjeux de protection du public auxquels nous devrons faire face dans le futur.