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Ce que mes enfants ont appris quand leurs animaux de compagnie sont morts

Merci d'avoir été la raison pour laquelle ils éteignaient la console de jeu pour aller vous promener. Merci d'avoir aidé à leur enseigner comment aimer et surtout, merci de leur avoir enseigné comment faire un deuil.
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Les enfants et les animaux domestiques : ils vont parfaitement bien ensemble, comme une famille. Combien de garçons ont joué au hockey ou à la balle avec leur chien dans la cour pendant des heures? Combien de filles ont mis leur chat dans une poussette après l'avoir déguisé?

L'adoption d'un animal de compagnie est une grosse décision pour la famille. Plusieurs familles décident d'en adopter un après que les enfants aient supplié les parents pendant des semaines, voire des mois. Ils promettent de prendre en charge toutes les corvées liées à l'animal et même de toujours faire le ménage de leur chambre à coucher. (Cette dernière tâche vaut quasiment l'engagement de 15 ans ou plus qui vient avec un animal à elle seule!)

En tant que parents, on pèse les pour et les contre. La responsabilité supplémentaire, l'engagement financier que cela représente et les dommages potentiels aux meubles ou à la cour arrière sont en tête de la liste des contre. Les pour incluent les leçons de vie, l'apprentissage des responsabilités en devant prendre soin de l'animal et l'apprentissage de la compassion envers un autre être vivant. Les promenades avec le chien en famille seront bénéfiques pour tous. Et les photos de famille avec des enfants et des animaux sont tellement chouettes! Que de souvenirs! Un enfant avec son bras autour des épaules d'un chien, les deux regardant vers l'avenir avec un air émerveillé, un chat recroquevillé au pied du lit d'un enfant tel son fidèle protecteur.

Je dois l'avouer : je vis dans un zoo de poil. Nous avons quatre chats et deux chiens. Au fait, nous avions deux chiens. Et oui, j'ai effectivement dit quatre chats.

Commençons par le début. Au début, il y avait mon mari et moi. Nous avons ensuite adopté Kiara, notre premier chien de famille. Nous avions grandi tous les deux avec des chiens et j'ai été éprise d'elle du premier moment où je l'ai aperçue dans un refuge. Un an après l'avoir adoptée, notre premier fils, T, est arrivé. Kiara l'a accueilli à cœur ouvert. C'était autant son bébé que le mien et elle a agi en tant que protectrice et camarade de jeu affectueuse pour lui, ainsi son petit frère, Z, toute sa vie.

En 2003, alors que T avait quatre ans, il a entamé une campagne pour avoir un chiot. Mon mari et moi en avons discuté en pesant les pour et les contre mentionnés précédemment; à Noël, T a donc reçu un appel téléphonique de la part du Père Noël lui annonçant qu'il avait trouvé le chiot parfait pour notre famille.

Cela a pris à peine cinq minutes avant que Kiara me fasse un air comme si j'étais devenue folle et que je me rende compte que je m'étais fait arnaquer par un enfant de quatre ans. Un chiot, c'est du travail. Mais nous avons survécu aux premières années de Kagan et éventuellement, il s'est transformé en un bon chien. Un bon chien qui, à l'occasion, aimait bien sortir de notre cour pour aller jouer avec les enfants du quartier.

En 2010, après plusieurs chirurgies pour enlever des tumeurs, nous avons accepté que notre temps avec Kiara fût terminé. Elle éprouvait de la douleur et sa qualité de vie en était affectée. Nous avons donc pris la décision difficile de lui dire « adieu » en famille. Nous avons partagé une superbe journée de printemps avec elle près de la rivière et lui avons offert des gâteries et beaucoup de câlins. Et puis, nous nous sommes assis avec elle et lui avons dit « au revoir », en lui confiant à quel point nous l'aimions et qu'elle nous manquerait.

Après un moment, la solitude de Kagan est devenue trop difficile à endurer, alors nous avons adopté un chat, Brider. Et pour lui tenir compagnie, nous avons ensuite adopté une paire de chats qui étaient frères, Dobbie et Ranger. Un an plus tard, un tout petit chaton noir, Snider, s'est joint à notre zoo de poil. Si vous avez suivi, nous en sommes maintenant rendus à un chien incinéré, un chien toujours en vie et quatre chats.

On m'a ensuite dupé à nouveau. Mon plus jeune, Z, a lancé sa propre campagne : la campagne « je ne me souviens pas de Kagan quand il était chiot ». Nous sommes donc allés voir une portée de chiots. Juste pour les voir. Quelques moments après notre arrivée, j'étais éprise et voulais un chiot. Après tout, Z avait promis de s'occuper de toutes les tâches liées au chiot et il avait presque 12 ans : il ne me laisserait sûrement pas tomber! Sauf que Piper a décidé instantanément qu'elle serait à moi. Difficile de blâmer Z de ne pas prendre ses responsabilités envers elle alors qu'elle ne voulait rien savoir de lui! Piper est spéciale : elle souffre d'une condition médicale qui requiert une diète stricte et fait que son espérance de vie est limitée entre trois et cinq ans. La nouvelle nous a tous bouleversés, mais nous l'acceptons et avons l'intention de l'aimer tant et aussi longtemps que nous le pourrons.

Lorsque nous avons pris la décision de dire « au revoir » à Kiara, c'était une décision familiale. Nous nous sommes assis avec les garçons et avons discuté de la compassion, de l'amour et de la qualité de vie. Lorsque Piper a reçu son diagnostic, ils ont appris que la vie ne nous donne pas toujours ce qu'on veut ou encore ce à quoi on s'attend, mais que nous devons faire de notre mieux face à la situation.

Hier, nous avons encore une fois confronté la décision la plus difficile que peut prendre une famille à l'égard d'un de ses membres poilus. Kagan souffrait d'insuffisance rénale et n'allait pas bien. Mon mari et moi ne voulions pas que les enfants rentrent un jour et le trouvent mort. Il semblait injuste qu'ils doivent faire face à ce genre de situation pendant que mon mari et moi étions au travail. Nous avions tenté la médication et des changements à sa diète, mais ces stratégies ne fonctionnaient plus. Il était gonflé, misérable et avait des problèmes de vessie récurrents. Son heure était venue. Nous avons donc passé une journée ensemble où tout tournait autour de lui. Nous l'avons câliné et profité de son endroit préféré, la rivière locale, avec lui. Et encore une fois, nous étions là dans ses derniers moments, à lui dire à quel point nous l'aimions, combien il était spécial et qu'il nous manquerait énormément. Et puis avec des yeux rouges et bouffis, T tenant fort sa laisse et son collier dans ses mains, moi avec une boîte de mouchoirs sous mon bras, nous sommes revenus à la maison. Une maison étrangement devenue beaucoup plus calme. Ses aboiements aigus, jadis irritants, nous manquaient déjà.

Comme après le décès de Kiara, je réfléchis à toutes les leçons de vie qu'ont appris mes fils en ayant des animaux de compagnie. Il y a les trucs évidents comme la considération, la compassion et la responsabilité. Toutes des choses qui leur serviront bien dans leur vie.

Celles que j'ai énumérées sont les leçons de vie évidentes. Celles que je vous encouragerais à considérer sont celles relatives à l'amour et à la mort. Mes garçons ont presque 16 et 14 ans. Ils ont leurs deux parents, tous leurs oncles et leurs tantes, leurs grands-parents et leurs arrière-grands-parents. T a été touché par la perte d'un coéquipier et du père d'un coéquipier, mais leur seule expérience d'amour et de mort, avec du chagrin et de la tristesse est la perte de Kiara et maintenant de Kagan. Ce sont des pertes profondes pour notre famille. Dans les deux cas, je sais dans mon cœur que c'était la bonne décision pour nos chiens, mais cela ne m'aide pas lorsque j'aperçois les épaules de mon fils secouées par ses sanglots et sa peine en raison de la perte d'un membre de la famille tant aimé et chéri.

Je suis reconnaissante de pouvoir être là pour eux durant ce moment difficile, car lorsque ce sera pour l'un de mes parents, je n'arriverai peut-être pas à être aussi présente pour eux face à leur chagrin. J'espère que ces deux pertes prépareront assez mes garçons pour qu'ils sachent qu'ils ne doivent pas avoir honte de pleurer, de faire leur deuil ouvertement. Qu'il n'y a aucune honte, non plus, à rire des souvenirs drôles, ridicules et farfelus. Que le deuil vient par vagues. Que parfois, laisser partir quelqu'un fait partie de l'amour, mais qu'il est possible de se redresser et de continuer avec notre vie. Et le plus important : qu'il est possible d'aimer à nouveau.

Voilà les leçons de vie pour lesquelles je suis davantage reconnaissante envers Kiara et Kagan, qui les ont enseignées à mes fils. Voilà les leçons auxquelles je faisais référence lorsque j'ai donné à chacun des chiens un dernier baiser et que je leur ai chuchoté « merci » à l'oreille. Merci de m'avoir aidée à former ces jeunes hommes. D'avoir attendu patiemment pendant qu'ils faisaient de leur mieux avec un gros contenant de nourriture, de ne pas avoir eu de rancune lorsqu'ils vous ont heurté avec un petit camion, vous réveillant subitement de votre sieste. Merci d'avoir été là pour les réconforter durant un orage, d'avoir été ceux à qui ils pouvaient parler lorsqu'ils étaient en colère, qu'ils avaient de la peine, ou qu'ils étaient blessés, mais qu'ils n'étaient pas encore prêts à en parler à Maman ou à Papa. Merci de leur avoir enseigné comment mettre les besoins de quelqu'un d'autre avant les leurs. Merci d'avoir été la raison pour laquelle ils éteignaient la console de jeu pour aller vous promener. Merci d'avoir aidé à leur enseigner comment aimer et surtout, merci de leur avoir enseigné comment faire un deuil.

Cet blogue initialement publié sur le Huffington Post Canada a été traduit de l'anglais par Marieve Inoue.

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