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21/08/2014 12:47 EDT | Actualisé 20/10/2014 05:12 EDT

L'Écosse, Drainville et la clarté...

Les récents constats de Bernard Drainville sont, il faut l'admettre, très lucides et son point sur le choix que les Québécois doivent prendre dans une éventuelle question référendaire entre la province canadienne et le pays est juste.

Dans sa dernière intervention, Bernard Drainville parle de clarté dans le message relié à l'indépendance du Québec ainsi que du choix entre la province ou le pays dans une question référendaire éventuelle. Je partage presque entièrement son constat tout comme Mario Beaulieu j'imagine... Ces récents constats de M. Drainville sont, il faut l'admettre, très lucides et son point sur le choix que les Québécois doivent prendre dans une éventuelle question référendaire entre la province canadienne et le pays est juste.

Il faut le dire, souvent ce n'est pas le message en soit qui importe, mais bien celui qui le transmet. Cet état de fait que M. Drainville semble avoir découvert durant son voyage en Écosse me semble toutefois teinté d'un peu d'indifférence, alors qu'au Québec, plusieurs leaders d'opinion et organisations souverainistes ont exprimé ce message depuis les deux échecs de 1980 et de 1995, notamment Louis Bernard, Jean-Martin Aussant et Mario Beaulieu. D'ailleurs, Stéphane Dion à l'époque avait eu un malin plaisir à le faire découvrir au gouvernement fédéral après le référendum de 1995.

Dans cette lettre, on comprend également que M. Drainville devrait poser sa candidature au PQ lorsque la course à la chefferie sera lancée. Par contre, d'ici là, il m'apparaît important qu'il explique :

  1. son changement de cap face à l'indépendance vers une clarté du discours plus proche d'Option nationale que de la « gouvernance souverainiste » ;
  2. son acharnement sur une charte qui a fait d'énormes dommages à la cause souverainiste et comment reprendre la crédibilité perdue auprès des néo-Québécois ;
  3. comment mobiliser la jeunesse québécoise sur des concepts plus large (ex. mondialisation, plan numérique, environnement, politique étrangère, développement économique, etc.) ;
  4. sa façon de raffermir le discours économique de l'indépendance.

Il m'apparait urgent également de faire acte d'humilité dans le contexte du 7 avril et de réfléchir à une coalition souverainiste plus large, détachée du PQ. Comme plusieurs l'ont déjà suggéré, la formation d'une alliance électorale souverainiste, la primaire ouverte, la coordination plus forte des souverainistes par l'entremise du Conseil de la souveraineté ou la formation d'un nouveau Parti souverainiste du Québec sont des pistes de réflexion à discuter.

L'ambivalence des Québécois face à un « Québec indépendant, dans un Canada fort » (si on reprend la citation d'Yvon Deschamps) est bel et bien encore réelle en 2014. Notre statut n'a jamais été clairement décidé, mais plutôt placé aux oubliettes par une peur collective du risque de choisir et d'avancer avec le courage. Les Québécois devront un jour briser ce dilemme, car la position entre les deux me semble solidifier notre déclin tranquille. Ce statu quo a un coût pour le Québec. Il n'est pas étranger à nos déficits budgétaires continuels comme province, surtout quand notre État (que ce soit le PLQ ou le PQ au pouvoir) dépense en partie, avec plusieurs dédoublements avec le fédéral, comme s'il était souverain alors qu'il ne l'est pas, tout en étant souvent à contre-courant en Amérique du Nord. Je serais prêt à accepter le choix démocratique dans un éventuel référendum puis de passer à d'autres enjeux, si on devait décider clairement ensemble une fois pour toutes entre :

  1. le statut de province comme les autres au sein du Canada (sans statut de société distincte) ;
  2. la souveraineté (ou l'indépendance, terme préféré par Bernard Drainville).

Quand les Québécois auront fait ce choix clair et lucide, je crois que nous en porterions beaucoup mieux et nous pourrons voir notre avenir collectif avec confiance autant comme une province canadienne comme les autres, qu'un pays souverain. Ce risque, je suis prêt à le prendre, tout comme M. Drainville semble être prêt.

Surveillons de près les résultats de l'Écosse en septembre prochain, souhaitons-leur la meilleure des soirées référendaires!

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