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19/05/2016 10:04 EDT | Actualisé 20/05/2017 05:12 EDT

Contre le stupide projet de loi 59

Je ne veux pas revivre ce que j'ai vécu en Algérie. Et si je suis venu en Amérique du Nord plein d'enthousiasme, c'est pour me libérer du joug de la censure et de l'islamisme.

Je prie les dieux pour ne pas être traîné devant les tribunaux à cause du mot stupide.

Une chape de plomb risque de s'abattre prochainement sur le Québec. La censure menace les citoyens, les journalistes, les humoristes, les hommes et les femmes libres.

Si le projet de loi 59 est adopté, je quitterai le Québec. Je partirai à contrecœur pour d'autres contrées où le droit de penser librement est encore protégé.

Je suis écrivain, mon métier consiste à questionner le monde. Je trempe ma plume dans les plaies de l'homme et de son temps. J'écris avec mes émotions et ma musique. Je remets en cause les idées et l'ordre des choses. Je dis parfois des vérités qui choquent.

L'art naît et se nourrit du doute. Le circonscrire par des lois, c'est l'étouffer. L'une des missions de l'artiste est de pousser les limites de la liberté au-delà du temple et du dogme. Il a le droit d'écrire ce qu'il veut, de caricaturer les dieux et les gueux, de critiquer les religieux et leurs vices.

Si le projet de loi 59 passe, je laisserai ma terre d'adoption aux princes de la bien-pensance. Ceux qui croient penser bien, mais qui, en réalité, pensent de travers parce qu'ils taisent la vérité, propagent le mensonge, cherchent à plaire et à ne pas heurter les belles âmes.

Je laisserai ma terre d'adoption aux nouveaux clercs. Ceux qui refusent de regarder les menaces en face. Ceux qui se bouchent les oreilles pour ne pas entendre le bruit des balles islamistes. Ceux qui refusent de nommer les assassins de la liberté et de la démocratie.

Je laisserai ma terre d'adoption à ceux qui se prélassent dans leur confort. Ceux qui vivent dans l'hypocrisie et le déni de la réalité. Ceux qui jugent le monde non pas avec la raison, mais avec de faux bons sentiments.

Je les entends insulter les libres penseurs. Je les ai vus marcher bras dessus bras dessous avec des intégristes. Ils ont choisi leurs alliés objectifs. Ils sont aveuglés par leur humanisme mièvre et leur pseudo-tolérance.

Je laisserai ma terre d'adoption à ceux qui traitent les esprits clairvoyants d'islamophobes. Ceux qui parlent à coups de clichés et de poncifs. Ceux qui nagent dans le Saint-Laurent de la pensée unique.

Je m'en irais le cœur lourd, car j'aime le Québec et j'ai peur pour son avenir. Les signaux sont au rouge. Je ne veux pas revivre ce que j'ai vécu en Algérie. Et si je suis venu en Amérique du Nord plein d'enthousiasme, c'est pour me libérer du joug de la censure et de l'islamisme.

Mais il est des hommes et des femmes, hélas, qui préfèrent la servitude à la liberté. Ils oublient que le soumis s'humilie, s'appauvrit en enrichissant son maître. Si le prix de la soumission est exorbitant, la valeur de la liberté est inestimable.

Suis-je trop libre ou est-ce mon époque qui est fermée, qui se transforme en «maison close»?

Toute liberté brimée est un étouffoir.

Toute loi qui muselle la parole libre est une tyrannie.

Tout esprit censuré est victime d'un crime contre la pensée.

Non, le projet de loi 59 ne passera pas! Je ne laisserai pas ma terre d'adoption aux censeurs. Je resterai au Québec pour défendre la liberté.

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