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01/01/2014 04:26 EST | Actualisé 03/03/2014 05:12 EST

Trois idées pour changer le monde en 2014

Invité à Radio-Canada le 30 décembre pour présenter trois idées qui permettraient de changer le monde en environnement en 2014, j'ai passé le temps des Fêtes à me questionner sur les leviers qui, très concrètement, nous permettraient de transformer notre monde, de lui donner un nouvel élan. À ma grande surprise cet exercice m'a rempli d'optimisme, puisque les gestes qui sont à notre portée sont loin d'être utopiques, et leur impact potentiel très grand au plan individuel comme au plan collectif. En cette première journée de 2014, je partage avec vous, lecteurs du Huffington Post, trois idées aussi simples que radicales pour changer le monde.

Épargner

L'économie mondiale ne pourra croître indéfiniment dans une biosphère dont les ressources sont limitées. Déjà le Global Footprint Network nous indique que nous utilisons les ressources de la planète à 156% de leur capacité de renouvellement annuelle. Notre économie épuise donc peu à peu le capital de ressources qui pourrait assurer notre prospérité future. Il faut donc de toute urgence ralentir la croissance de l'économie mondiale.

Or, l'un des moteurs de l'économie mondiale est la consommation des ménages nord-américains, dont l'endettement a atteint des niveaux record. Le ménage canadien moyen est aujourd'hui endetté à près de 164% de son revenu annuel. Les dettes de consommation représentent le tiers de cet endettement. C'est donc dire que l'économie mondiale roule sur notre carte de crédit, et que nous nous endettons toujours plus à court terme pour soutenir une croissance économique qui nous endette à long terme.

En 2014, nous pouvons inverser cette tendance en gardant notre portefeuille dans notre poche. Le cycle de consommation et d'endettement qui nous appauvrit inexorablement et nous place à la merci d'une économie qui échappe à tout contrôle doit cesser. En 2014, on range la carte de crédit.

Voter

Notre démocratie est malade, ce qui laisse le champ libre aux intérêts du plus fort et à ceux qui veulent abuser de leur pouvoir. La désaffection des citoyens envers l'exercice démocratique est à la fois la cause et l'effet de ce phénomène. Les gens votent de moins en moins parce qu'ils ne se sentent pas représentés, et moins ils votent, moins ils le sont dans les faits. Nous sommes entrés dans un cercle vicieux qui mène au repli sur soi et à la loi du plus fort.

Prenons quelques exemples. Le gouvernement fédéral actuel a été élu majoritairement avec l'appui de 40% des électeurs et un taux de participation de 60%. C'est donc dire que moins d'un Canadien sur 4 a accordé son appui à ce gouvernement. Il a détourné ce mandat pour transformer le Canada d'une manière indélébile, et dans le sens des valeurs d'une minorité de la population. Plus le taux de participation diminue, plus il est facile pour un parti de prendre le pouvoir en ne mobilisant qu'une minorité de l'électorat.

Alors que par le passé les gouvernements tentaient de représenter l'ensemble de la population, ils ne desservent plus que leur « clientèle » cible. Et qui sont ceux qui sont le moins desservis par le système politique actuel ? Ceux qui ne votent pas : les jeunes, les démunis, les minorités. Les spécialistes du marketing politique savent qu'ils n'ont rien à gagner de desservir ces clientèles. C'est pour cette raison que des thèmes comme l'environnement et la justice sociale sont constamment supplantés par l'économie, les baisses d'impôt et le système de santé. Faites le portrait-robot de l'électeur type, vous comprendrez pourquoi notre système politique fait la sourde oreille aux besoins d'une grande partie de l'électorat.

Elle est là la majorité silencieuse, et il est temps qu'elle se remette à parler parce que pendant qu'elle dort, ceux qui ont pris les commandes ne servent que les intérêts des plus riches et des lobbyistes. Quelqu'un se souvient-il d'avoir été consulté sur une décision économique au cours des 15 dernières années ? Qui est aux commandes ?

Stopper les oléoducs

L'Agence internationale de l'énergie nous a appris en 2013 que nous devons laisser les deux tiers des réserves mondiales de pétrole, de charbon et de gaz dans le sol pour espérer préserver ce qui reste du climat mondial. L'industrie pétrolière continue de promouvoir l'exploitation de toutes les réserves existantes, ce qui nous mènerait à un réchauffement catastrophique supérieur à 5 degrés durant le présent siècle.

Les projets d'oléoducs et d'exploitation de nouveaux gisements pétroliers doivent être vus sous cette nouvelle lumière. Chaque nouveau projet nous mène directement au dépassement des seuils sécuritaires établis par la science. Ainsi les deux projets d'oléoducs visant à exporter un total de 1,4 million de barils par jour à travers le Québec permettront l'accroissement de la production des sables bitumineux, une croissance impossible si le robinet d'exportation se referme.

Quelqu'un, quelque part, devra un jour avoir le courage de dire non à l'industrie pétrolière pour protéger notre avenir. Et le Québec pourrait bien le faire en 2014. Ce ne serait pas la première fois : les États-Unis ont interdit les forages pétroliers sur leur côte est. La Colombie-Britannique a interdit les forages sur sa côte ouest et s'est opposée au projet Northern Gateway. Pourquoi le Québec permettrait-il des forages au large des îles de la Madeleine ? Pourquoi accepterait-il de transformer le fleuve et la vallée du Saint-Laurent en autoroute pétrolière ?

On nous dira que puisque nous avons besoin de pétrole, nous devons accepter aveuglément ces projets. C'est faux. Nous devons réduire à la fois notre consommation et la production de pétrole. C'est tout à fait possible. J'ai réduit ma propre consommation de pétrole de moitié, simplement en achetant une voiture hybride, ce qui me fera épargner $ 10 000 de carburant sur 9 ans, soit beaucoup plus que l'investissement supplémentaire à l'achat.

Remettre de l'argent dans nos poches. Reprendre la parole. Nous redonner le droit de choisir notre avenir énergétique et climatique. Voici mes trois idées révolutionnaires pour 2014. Elles sont à la portée de tous, et elles ont le potentiel de créer une grande vague si nous le faisons ensemble.

Bonne année à tous et à toutes.

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