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28/04/2019 06:00 EDT | Actualisé 28/04/2019 06:00 EDT

Être une femme libre... d'enfants

Car finalement, être une femme ne signifie pas être une mère.

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Encore bien trop incomprises, ces «childfree» doivent sans cesse justifier leur choix au regard de cette société qui impose telle une norme de donner vie à un enfant. Et la liberté dans tout ça?

«Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants». Fin.

Parce que nourries dès le plus jeune âge aux films de Walt Disney et autres contes édulcorés, pour de nombreuses femmes cette fin heureuse est le but d'une vie. Encore aujourd'hui, «mariée, deux enfants, un chien et une maison avec jardin» est l'image familiale dominante dans notre société.

Pourtant, les récentes statistiques reflètent l'idée que de plus en plus de femmes décident de ne pas suivre ce schéma, notamment en ce qui concerne la maternité. Le choix d'une vie sans enfant(s). Un choix guidé par des convictions propres à chacune. Un choix, parce que le désir de donner naissance est absent. Un choix éclairé et fait en pleine conscience.

Par rapport au terme «childless» (signifiant «sans enfant»), les recherches soulignent que ces femmes préfèrent majoritairement être qualifiées de «childfree», soit «libre d'enfant». Ce nom, plus doux, est une manière de mettre de l'avant cette liberté dont tout être humain est censé pouvoir disposer à son gré.

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Encore bien trop incomprises, ces «childfree» doivent sans cesse justifier leur choix au regard de cette société qui impose telle une norme de donner vie à un enfant. Et la liberté dans tout ça? Celle de mener sa propre vie? Celle de pouvoir faire ses propres choix selon ses besoins? Malgré la chance que nous avons dans notre société occidentale de pouvoir jouir de cette liberté, divers témoignages mettent en lumière la souffrance ressentie par ces femmes, particulièrement celles qui ont fait leur entrée dans la trentaine ou étant proche de le faire.

La pression sociale est telle qu'elles se sentent presque anormales, mais surtout coupables de ne pas vouloir d'enfants.

Nous pouvons alors aisément imaginer ce que peuvent endurer les jeunes femmes dans la vingtaine et qui ont déjà leur choix bien posé. La pression sociale est telle qu'elles se sentent presque anormales, mais surtout coupables de ne pas vouloir d'enfants. La question du «pourquoi» leur est régulièrement posée, contrairement aux personnes désirant des enfants qui n'ont pas cette nécessité à devoir se justifier, encore moins lorsqu'il s'agit d'hommes.

Ressentir les regards méfiants et remplis de jugements, entendre dire par les proches qu'elles changeront d'avis, que le désir viendra, que leur horloge biologique les rappellera de toute façon à l'ordre, qu'elles sont inconscientes de penser à une éventuelle ligature des trompes, qu'elles devraient quand même considérer beaucoup plus toutes ces femmes infertiles n'ayant pas eu le choix... Tel est le lot quotidien de ces femmes libres d'enfants.

«Égoïstes» ou encore «immatures» sont les quolibets résonnants aux oreilles de ces femmes.

Pourtant, ce n'est ni par égoïsme (bien au contraire), ni par immaturité, ni par une quelconque fuite de responsabilité qu'elles décident de renoncer à la maternité. En effet, l'influence amoindrie de l'Église, l'accès à la contraception, les possibilités de carrières professionnelles, l'incertitude économique croissante ou la forte conscience écologique sont autant de facteurs favorisant l'infécondité volontaire.

Quant à la question récurrente de la transmission, d'avoir quelqu'un qui leur ressemble, qui leur survive, ces «childfree» répondent sereinement qu'il y a bien d'autres manières de transmettre, de laisser une trace positive sur la planète et de s'épanouir.

Car finalement, être une femme ne signifie pas être une mère.

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