LES BLOGUES
10/10/2018 10:34 EDT | Actualisé 10/10/2018 10:48 EDT

L'interdiction de signes religieux et la triste bouffonnerie

La palme de la bouffonnerie revient, à juste titre, à certains organisateurs de la manifestation.

C'est bizarre, je ne savais pas que la CAQ allait voter une loi empêchant les gens de travailler et de croire en ce qu'ils voulaient.
THE CANADIAN PRESS/Graham Hughes
C'est bizarre, je ne savais pas que la CAQ allait voter une loi empêchant les gens de travailler et de croire en ce qu'ils voulaient.

J'écrivais dans mon dernier blogue, qui portait sur l'interdiction des signes religieux par la CAQ, que ce que je détestais le plus de ce «débat» était justement le fait que ce n'était pas un débat. Même pas besoin d'attendre une fin de semaine pour le constater. Plusieurs associations montréalaises dénonçant le «racisme de la CAQ» (emphase sur les guillemets) ont manifesté dimanche.

Avant toute chose, je tiens à féliciter Mme Massé. Les chances sont grandes pour que les gens composant ces associations et les gens adhérant à leur vision du monde fassent partie de sa base électorale, mais nonobstant cela, elle a quand même choisi de les contredire. Sincèrement, bravo Mme Massé. Pour le reste, elle soutient les positions que Québec solidaire a toujours soutenues, ce qui est son droit le plus strict.

J'ajouterai seulement que, lorsqu'elle parle de propositions excluant et divisant des gens, les gens sont déjà divisés sur le sujet et les idées de leurs adversaires sont elles aussi, déjà exclues par eux. Pour ce qui est de la peur, il est plus que légitime d'avoir une certaine peur du pouvoir religieux.

La palme de la bouffonnerie revient toutefois, et ce à juste titre, à certains organisateurs de la manifestation.

A-t-on vraiment besoin de rappeler que la CAQ n'est pas d'extrême-droite et n'est pas le Front national? A-t-on réellement besoin de débattre de ce sujet? Il semblerait que oui, pour eux. Trois déclarations de leur part m'ont particulièrement interpellé.

Commençons par celle de Safa Chebbi. Je la cite: «L'impact des discussions identitaires a donné le 29 janvier [jour de l'attentat de Québec], et ça a coûté des victimes et des décès. Il faut faire attention à nos débats publics. Le 29 janvier, avec ce climat social, ce ne sera pas le dernier, je pense, au Québec».

Ce que Mme Chebbi semble préconiser ici, c'est de censurer des propos avec lesquels elle est en désaccord. Au lieu de faire la différence entre ce qui est haineux de ce qui ne l'est pas, Mme Chebbi jette le bébé avec l'eau du bain. Vous avez raison, Mme Chebbi, il faut faire attention à nos débats publics. Aucune personne saine d'esprit ne le nie. Sauf que votre jupon autoritaire dépasse et vos propos irresponsables me laissent croire que vous auriez besoin de regarder la poutre dans votre oeil avant de pointer vers la paille dans celui du voisin.

C'est bizarre, je ne savais pas que la CAQ allait voter une loi empêchant les gens de travailler et de croire en ce qu'ils voulaient.
Moi qui pensais qu'ils allaient seulement interdire le port de signes religieux ostentatoires lorsque ces mêmes gens travaillaient.

Scott Weinstein, responsable de Voix juives indépendantes et professeur X à cinq cennes (selon ses dires, l'homme est capable de lire la «parole cachée» de la CAQ, donc de lire dans les esprits), convie les professeurs athéistes à combattre cette attaque contre le travail et la liberté de foi. C'est bizarre, je ne savais pas que la CAQ allait voter une loi empêchant les gens de travailler et de croire en ce qu'ils voulaient. Moi qui pensais qu'ils allaient seulement interdire le port de signes religieux ostentatoires lorsque ces mêmes gens travaillaient.

Quant à Viviana Medina, fière d'apprendre à tous et toutes que, dans un passé lointain, le Canada a été un pays colonisateur et exterminateur de peuples autochtones — ce qui n'a strictement aucun lien avec l'interdiction de signes religieux sur les lieux de travail —, elle songe à faire ses valises bientôt, de peur d'être déportée à cause de son français.

Ce serait bien, si jamais vous n'êtes pas déportée, de vous engager à ne pas verser dans la prophétie catastrophiste.

Mme Medina, si jamais j'apprends que vous êtes déportée, je vais utiliser la plateforme que j'ai pour vous défendre coeur et âme, car ce serait une énorme injustice. Vous n'avez pas idée à quel point je suis franc dans mes propos. Mais ce serait bien, si jamais vous n'êtes pas déportée (et je doute très, très, très fort que vous ne le soyez), de vous engager à ne pas verser dans la prophétie catastrophiste. Prophétie que vous ne croyez probablement même pas vous-même.

À LIRE AUSSI:

» Qu'on en finisse à propos de la laïcité
» Interdiction des signes religieux (c'est reparti!)
» Une personnalité toxique: le gestionnaire sphinx