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11/09/2016 10:34 EDT | Actualisé 11/09/2016 10:34 EDT

L'aide au Mali, pour un effort concerté et une implication canadienne

Le gouvernement a envoyé sur place des représentants pour envisager une éventuelle contribution dans le projet de stabilisation du Mali, menacé au nord par le groupe islamiste Ansar Dine allié à Al Qaida.

Depuis 2013, une mission multidimensionnelle coordonnée par l'ONU et endossée par la France se déroule au Mali. Or, depuis maintenant quelques mois, les groupes djihadistes ont repris du terrain notamment au sud du pays où ils multiplient les attentats, mais aussi les enlèvements, ciblant au passage des employés de l'ONU et des travailleurs humanitaires.

Dans la dernière année, la situation n'a cessé de se détériorer à mesure que le conflit s'est aggravé, privant certaines régions d'une aide humanitaire urgente et absolument essentielle.

Une situation inquiétante dans une guerre en apparence interminable

On se rappellera qu'en août 2015, une attaque concertée contre l'hôtel Byblos dans la ville de Sévaré avait fait cinq victimes, dont quatre employés de l'ONU. Plus récemment, soit au mois de mai dernier, deux travailleurs humanitaires maliens ainsi que leur chauffeur ont été enlevés, faisant suite au rapt de trois employés de la Croix-Rouge par le groupe islamique Ansar Dine. Cet incident en apparence isolé n'est que la suite d'une série d'enlèvements et d'attentats dont les conséquences se font sentir parmi les différents acteurs participant à la mission de stabilisation actuellement en cours au Mali.

En mai dernier, l'attaque contre le conseil danois pour les réfugiés à proximité de la ville de Gao a interrompu les missions d'aide dans cette région, suscitant de vives réactions de la part de Fatima Seid, actuelle coordonnatrice de l'action humanitaire au Mali. La responsable s'est dite fortement préoccupée par cette attaque qui compromet sérieusement le travail des missions d'aide, portant une atteinte grave au droit international humanitaire.

Le contexte d'insécurité au Mali est lié à la complexité des missions multidimensionnelles où l'aide dispensée aux populations s'inscrit dans un objectif de stabilisation des institutions politiques d'un pays affaibli par des années de conflits, de délitement de la société civile. Les risques encourus tant par les acteurs humanitaires que les militaires caractérisent ce genre de missions. En effet l'objectif plus général visant la reconstruction du pays expose ces différents groupes à des actes de violence répétés, mûrement réfléchis et savamment préparés.

Ainsi la fréquence de telles attaques ne fait pas qu'inquiéter les travailleurs humanitaires participant à des missions d'aide. Une telle situation complique aussi le travail de reconstruction mené en amont par les différents acteurs présents sur le terrain : des autorités locales en passant par les gardiens de la paix dont le travail se fait en collaboration avec les organisations responsables d'acheminer l'aide destinée aux populations vulnérables. L'actuelle mission menée en sol malien s'inscrit dans cet effort de collaboration où la sécurité des convois humanitaires doit être assurée dans un objectif de maintien, de renforcement et de stabilisation à long terme d'institutions qu'il faut très souvent rebâtir. On ne peut donc penser les missions d'assistance indépendamment du contexte plus général dans lequel elles s'inscrivent ; soit intégrer le volet humanitaire, militaire et sécuritaire afin d'assurer la stabilité à long terme d'une nation fortement fragilisée.

Le Canada, une ouverture dans le dossier malien

Plus récemment, le Canada témoignait de son intérêt envers la mission multidimensionnelle intégrée pour la stabilisation au Mali (MINUSMA). En effet, le gouvernement a envoyé sur place des représentants pour envisager une éventuelle contribution dans le projet de stabilisation du Mali, menacé au nord par le groupe islamiste Ansar Dine allié à Al Qaida.

L'objectif multidimensionnel de la mission menée au Mali conjugue le besoin de sécurité avec la nécessité d'aider les populations vulnérables dans un effort concerté de stabilisation du pays. Sensible à ce genre d'initiatives, Azøth -Défense Globale Humanitaire- a examiné d'un œil attentif la récente rencontre du Canada avec le gouvernement malien. En tant qu'organisme civil à but non lucratif, Azøth se réjouit de cette initiative menée par le Canada et son gouvernement. Reste à voir quelle forme prendra cette collaboration, et en quoi consistera précisément la participation du Canada dans cet effort d'assistance outre-mer.

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