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27/04/2017 09:23 EDT | Actualisé 27/04/2017 09:23 EDT

Grains de sable, grains de poivre

Constater qu'aujourd'hui, à part quelques relents de pleine lune qui m'affectent un peu trop, je vais bien. Vraiment bien. J'avais juste oublié, encore une fois, de remettre en perspective.

La vie nous envoie toujours ce dont on a besoin.

On l'oublie souvent hein?

Mais quand on s'arrête, quand on ne se perd pas dans nos deadlines, nos objectifs, notre performance, quand on prend le temps de respirer par le nez et de sortir de notre ego, on se rend compte que c'est vrai. À tout coup. En tout cas, moi j'y crois.

Bon, ceci étant dit, tout ça c'est bien beau, mais aujourd'hui, je feelais pas pareil. Une journée bof.

Rien de majeur. Mais un paquet de petits grains de sable dans l'engrenage qui, à la fin de la journée, se transforment en un gros tas de bouette. Ouep.

J'ai la fâcheuse manie de m'entêter à vouloir imposer mon rythme à ma vie.

J'ai la fâcheuse manie de m'entêter à vouloir imposer mon rythme à ma vie. Je suis une Performante (avec un P majuscule!), donc lorsque je décide de faire quelque chose, je le fais. Un point c'est tout. Pas de niaisage. Pas de temps à perdre.

Alors quand je dois me butter à ce qui est hors de mon contrôle, c'est clair qu'il y a un décalage. Entre le rythme que je souhaiterais... et celui que ça prend dans la vraie vie. Évidemment, ça ne va jamais assez vite à mon goût. Et ça me fait rager à tout coup.

Pourtant je le sais que la vie fait bien les choses. Qu'elle ne se trompe pas. Je crois en tout ça et je suis la première à le dire aux autres autour de moi. Mais quand j'y suis confrontée, c'est drôle, j'ai plus de misère à l'accepter (lire avec ironie ici).

Donc voilà, j'étais là-dedans ce matin. Anxieuse, angoissée pour des problèmes grossis mille fois dans la loupe déformante de ma tête surchauffée. Et j'avais un rendez-vous après ma journée de travail. (Pas besoin de vous dire que j'aurais préféré aller me cacher chez moi en dessous d'une couverture plutôt que de rencontrer quelqu'un que je ne connais pas.) Mais bon, j'avais pris un engagement, j'allais le respecter. Je suis une Professionnelle (notez le P majuscule encore une fois!) après tout.

Finalement, ç'a été une très belle rencontre. Vanessa, une jeune femme qui écrit un livre sur la santé mentale, voulait entendre mon histoire. De l'épuisement professionnel, du bas fond jusqu'à la thérapie et le travail que j'ai fait sur moi. Et c'est là que ça m'a frappé: parler de santé mentale, une journée où je me sens tout croche, sérieusement, c'est parfait. Parce qu'on reste toujours fragile, que personne n'est à l'abri de tomber (ou retomber!) en pleine face et que ça m'a vraiment fait du bien de me souvenir par où je suis passée. Constater qu'aujourd'hui, à part quelques relents de pleine lune qui m'affectent un peu trop, je vais bien. Vraiment bien. J'avais juste oublié, encore une fois, de remettre en perspective. De regarder la Big Picture.

La vie m'a donc envoyé ce dont j'avais besoin. Un petit wake-up call tout doux.

Et elle en a même profité pour me donner une autre leçon en passant. J'ai eu un 2 pour 1. (Comme dans les annonces New Look.)

En revenant chez moi, je me suis aperçue que je venais de jaser de sujets hyper intimes avec une parfaite inconnue dans un café pendant une bonne heure... le tout avec deux grains de poivre pognés entre les palettes. Quin toé.

Comme quoi, malgré les grains de sable ou de poivre, rire de soi, dédramatiser, c'est une des clés pour retrouver le sourire.

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Ce billet a d'abord été publié sur le blogue de Julie Bélanger.

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