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17/07/2016 09:37 EDT | Actualisé 17/07/2016 09:37 EDT

La sauveuse

J'ai toujours voulu sauver le monde. Littéralement. Et ça a commencé jeune. À croire que j'ai toujours eu ça dans les veines. Que je viens de la lignée des Super Héros Bélanger.

J'ai toujours voulu sauver le monde. Littéralement. Et ça a commencé jeune. À croire que j'ai toujours eu ça dans les veines. Que je viens de la lignée des Super Héros Bélanger.

Un exemple banal: je me souviens de mon premier bébé chat, à l'âge de 6 ans. C'était ma fête. Et mes parents, comme cadeau, avaient enfin accepté qu'on prenne un chaton à la maison! Je capotais! J'en voulais un depuis si longtemps! Et, signe du destin, la chatte de Mme Bacon (pas Bacon comme 2 saucisses-bacon, mais bien Ba-con) venait d'accoucher.

Donc, le jour de mes 6 ans, accompagnée de mon papa, nous sommes allés à la rencontre de mon futur bébé chat.

cat

Minoune 1 et moi

Il y en avait 5-6 de mémoire, tous plus mignons les uns que les autres. De belles grosses boules de poils, qui jouaient et se couraient après. Mais dans le coin, en retrait, y'en avait un de différent. Un p'tit chaton tigré, tout ce qu'il y a de plus commun et ordinaire, sauf que celui-là avait un défaut de fabrication. Il avait une boule de poils dans une narine. Comme une tétine, mais dans le nez! Et, comme me l'a dit Mme Bacon, personne ne s'y intéressait à cause de ça. Personne...sauf moi!

Il n'en fallait pas plus pour que je décide de le sauver. Moi, Julie Bélanger, du haut de mes 6 ans, j'allais le sauver et l'aimer! Lui aussi aurait droit à un foyer! C'est ainsi que Minoune 1 (parce qu'il y a eu d'autres Minounes par la suite, Minoune 2 et Minoune 3) débarquait à la maison et garda sa boule de poils au nez pendant toute sa petite vie. Je l'avais sauvé. J'avais réussi. Mission accomplie.

«Le rôle du sauveur qu'on se donne, c'est peut-être valorisant, mais personne n'a des pouvoirs magiques qui peuvent sauver la planète.»

À l'école aussi j'avais cette tendance-là. Les plus faibles, les persécutés, les incompris, m'ont toujours attirée. Moi j'allais les aimer! Eux aussi avaient le droit de briller! Je revêtais alors ma cape imaginaire et je me mettais à l'œuvre. D'autres missions pour la Super Héros Bélanger! Yééé!

Et ça m'est resté longtemps.

Jusqu'à ce que je comprenne enfin qu'on ne peut sauver personne (même si j'ai des relents parfois et que j'ai bien du mal à accepter cette grande vérité!) Ben non. Le rôle du sauveur qu'on se donne, c'est peut-être valorisant, mais personne n'a des pouvoirs magiques qui peuvent sauver la planète. Chacun a son travail à faire pour se sauver lui-même. Faire du mieux qu'on peut avec ce qu'on a.

Un jour, Louise (Sigouin) m'a parlé du fameux triangle insidieux dans lequel j'étais trop souvent: Sauveur-Victime-Bourreau. Quand on est pris dans cette dynamique, on se promène entre les 3 pôles. Parfois je suis la Sauveuse, parfois la Victime (oui, je l'ai joué ce rôle-là, même si je déteste l'admettre) et d'autres, la Bourreau (pas très beau comme portrait hein?) Et la seule façon de s'en sortir, c'est d'être intègre. D'être nous-mêmes. De ne pas tomber dans les rôles et d'apprendre à nommer ce qu'on ressent, être en symbiose avec qui on est réellement.

Ça l'air simple de même, mais bordel que c'est pas toujours évident !

Alors j'ai rangé mon costume de Super Héros dans le placard et j'essaie juste d'être moi dorénavant... Avec mes forces et mes (nombreuses) faiblesses. Mais j'vous cacherai pas que parfois, c'est plus fort que moi et je le ressors... Le temps de faire le tour du bloc et de me rendre compte que le temps des super pouvoirs est bel et bien révolu.

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