LES BLOGUES
03/11/2016 10:04 EDT | Actualisé 03/11/2016 10:07 EDT

J'avais oublié

Ça nous arrive tous, je crois. On part dans notre tourbillon, on défonce les portes, les murs, on en veut toujours plus : du travail, des projets, du bonheur, de l'amour... Mais un moment donné, c'est comme n'importe quoi, la vie nous dit que c'est assez.

J'avais oublié.

D'être reconnaissante pour ce que j'ai.

Ça nous arrive tous, je crois. On part dans notre tourbillon, on défonce les portes, les murs, on en veut toujours plus : du travail, des projets, du bonheur, de l'amour... On veut plus de gâteau, de sucré, de salé. On veut plus de tout ! Mais un moment donné, c'est comme n'importe quoi, la vie nous dit que c'est assez. Qu'on a assez mangé. Qu'on a la panse pleine. Qu'on va exploser à force de s'empiffrer. Comme si on devait faire une indigestion pour nous obliger à retrouver notre point zéro. « Reviens en ton centre. Constate ce que tu as. Dis merci. »

Ces dernières semaines, j'ai été dans le tourbillon. Solide. Des journées entières à travailler, performer, donner, être sollicitée. Pas de temps pour mes amis, ma famille. Je me lève tôt, je me couche tôt, j'ai un rythme de vie aussi excitant qu'une religieuse en plein carême. Ma vie en ce moment, c'est le travail.

Et dans ce temps-là, je me connais, je bougonne. À tout coup. Quand mon équilibre est compromis, que je suis fatiguée, je râle et je me plains le ventre plein. Je me prends en pitié, je focusse sur tout ce que je manque, sur les sacrifices que je fais : les soirées entre amies, les repas au resto, les spectacles, les films que je ne vois pas...

Mais j'oublie de voir ce que j'ai ! Des projets excitants, emballants, un amoureux compréhensif, aimant, une famille, des amies qui me supportent malgré le peu de temps que j'ai à leur accorder, j'suis en santé, j'habite une belle maison... la vie que je me suis créée, quoi ! J'suis pas une victime, c'est toujours ben moi qui l'ai choisie, cette vie-là !

Alors là, je réalise que je m'étais égarée dans le sentier fou de la performance. Et je me pogne, je réalise que ça n'a pas de sens et me remet sur le droit chemin. Plus vite qu'avant, c'est au moins ça! Je prends donc un grand respire, je me force à diminuer la cadence et surtout à dire merci. Juste ça, ça fait du bien et ça fait tomber les épaules de quelques pouces.

Alors voilà. J'avais oublié.

Mais là, je le dis : merci.

Ce billet de blogue a également été publié sur le site de Julie Bélanger.

VOIR AUSSI SUR LE HUFFPOST

7 signes inattendus que vous êtes stressés