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19/08/2015 11:28 EDT | Actualisé 19/08/2016 05:12 EDT

Pendant que l'UMQ se réjouit, la démocratie scolaire est menacée

On se serait attendu que l'Union des municipalités élève le débat et questionne le Québec sur la perte que représenterait la fin des élus scolaires, nés en même temps que les élus municipaux, en 1845. Sa présidente, au contraire, semble applaudir la proposition ministérielle en mentionnant qu'avec de l'argent neuf, elle ferait mieux.

On se serait attendu que l'Union des municipalités du Québec élève le débat et questionne le Québec sur la perte que représenterait la fin des élus scolaires, nés en même temps que les élus municipaux en 1845. Sa présidente, Suzanne Roy, semble au contraire applaudir la proposition ministérielle en mentionnant qu'avec de l'argent neuf elle ferait mieux. La vérité, c'est que les commissions scolaires feraient elles aussi plus et mieux avec le milliard de dollars coupé par le gouvernement du Québec au cours des cinq dernières années!

Les quelque 800 élus scolaires, qui administrent un budget d'environ 10 milliards de dollars, sont entièrement dédiés à la réussite des élèves. Il s'agit de leur seule préoccupation et ils cherchent par tous les moyens d'y consacrer le maximum d'argent, comme en témoigne le faible 4,2 % de frais administratifs. Pendant ce temps, le Québec a besoin d'environ 8 000 élus municipaux qui en arrachent pour maintenir à niveau des routes et des trottoirs en bon état, malgré des frais administratifs d'environ 14 %. Le calcul est simple, le municipal ne peut gérer le milieu scolaire sans qu'il en coûte plus cher.

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La menace de glissement est bien réelle pour les élèves du Québec. Alors que plusieurs municipalités coupent dans la fréquence de cueillette des ordures, l'UMQ cherche pour son nouveau pacte fiscal des sources de revenus à tout prix. Ces revenus ne peuvent venir d'économie d'échelle, à moins que les municipalités décident de couper plusieurs services, notamment la petite école. Est-ce bien ce que nous voulons comme société?

Pendant ce temps, sur le terrain, la quasi-totalité des municipalités ont signé des ententes de partage d'équipements récréatifs qui garantissent, toutefois, leur utilisation première pour le bénéfice des élèves. Il va sans dire que parfois cela frustre certains maires qui voudraient s'accaparer ces équipements, prétextant qu'il s'agit de fonds publics. Heureusement, les élus scolaires sont là pour défendre les élèves afin de leur garantir un accès prioritaire.

Les démocraties scolaire et municipale sont deux démocraties de proximité et si l'UMQ acceptait, enfin, la tenue d'élections scolaires et municipales simultanées, on ne parlerait plus au Québec du faible taux de participation des électeurs aux élections scolaires. Malheureusement, l'UMQ a un autre agenda politique qui n'a rien à voir avec l'intérêt des élèves ni des parents de ces derniers.

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