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14/01/2018 08:00 EST | Actualisé 14/01/2018 08:00 EST

Le Québec doit forcer l’issue constitutionnelle (partie 2)

Peut-on se fier aux libéraux de Couillard pour rapatrier le Québec dans la constitution dans l'honneur et l'enthousiasme?

http://www.larotonde.ca

Je propose ici une façon pour le Parti Québécois de reprendre le contrôle de l'agenda politique en 2018. Par contre, le sujet étant complexe, il sera publié en deux parties. La première mettra la table pour ma proposition en faisant une rétrospective de l'année 2017 selon mon point de vue, et la deuxième partie, sera consacrée essentiellement à ma proposition. Merci et bonne année 2018 à tous les lecteurs du HuffPost!

2e partie

Reprendre le pouvoir pour le Parti québécois avec un référendum à l'écossaise

Dans les derniers mois de 2017, Philippe Couillard a mis en oeuvre une timide tentative afin de relancer le débat constitutionnel avant de se faire fermer la porte au nez par Justin Trudeau, et ce, sans que le premier ministre canadien ait préalablement lu le document préparé à cette fin...

Le premier ministre Couillard, avec sondages à l'appui, croit qu'il y a un certain appétit au Québec pour résorber la problématique de la signature de la constitution — stratégie qui vise également à aller chercher le vote nationaliste à la CAQ afin de favoriser sa réélection en 2018.

La question : peut-on se fier aux libéraux de Couillard pour rapatrier le Québec dans la constitution dans l'honneur et l'enthousiasme ?

La question : peut-on se fier aux libéraux de Couillard pour rapatrier le Québec dans la constitution dans l'honneur et l'enthousiasme ?

La peur de certains est que Philippe Couillard et ses sbires signent une nouvelle entente constitutionnelle sans passer par une consultation populaire qui ne favoriserait aucunement le Québec, mais qui le vassaliserait officiellement et définitivement comme province canadienne, et ce, aux dépens de l'ensemble de la nation québécoise, si ce n'est qu'être uniquement une stratégie électorale de leurre afin de garder le pouvoir en 2018, ce qui n'est pas impossible non plus.

En somme, le Parti libéral n'a pas la crédibilité nécessaire pour conduire une telle entreprise puisqu'il est essentiellement fédéraliste, au même titre que la Coalition avenir Québec qui, premièrement, ne veut pas relancer ce débat, et par le fait même, se veut ouvertement de confession fédéraliste.

Ce qui veut dire qu'on ne peut se fier sur ces partis politiques pour relancer le débat de l'intégration constitutionnelle du Québec au sein du Canada, au même titre qu'on ne peut se compter sur un gouvernement du Parti québécois pour un tel exercice, car il sera accusé comme par le passé, soit, de ne pas vouloir signer puisque de toute manière, c'est un gouvernement de séparatistes qui veut en fin de compte la sécession du Québec, ce qui n'est également pas tout à fait faux...

Cependant, il y a une solution et elle est à la fois simple et compliquée : mettre sur pied un référendum OUI/OUI à l'écossaise demandant aux Québécois de choisir entre la souveraineté pure et simple du Québec, ou l'acceptation par les Québécois d'une nouvelle offre constitutionnelle qui devrait être au préalable montée et négociée par l'ensemble des fédéralistes tout en étant accepté par Ottawa et le ROC.

D'ailleurs, le projet devrait être présenté par un gouvernement du Parti québécois pour deux raisons.

Premièrement, parce que le projet de référendum de type OUI/OUI à la québécoise donnerait uniquement la chance de se prononcer sur deux options qui sortiraient le Québec de son impasse constitutionnelle, soit la souveraineté du Québec ou bien la signature d'un nouveau contrat entre le Québec, Ottawa et les autres provinces.

Deuxièmement, ayant la volonté que le Québec devienne un pays, mais voyant que la population n'a pas le goût de revivre un référendum classique sur l'indépendance comme les deux derniers, le Parti québécois, qui demeure le seul vrai parti nationaliste québécois, s'assurerait de cette façon de sortir le Québec du statu quo constitutionnel dans lequel il vit, tout en donnant aux souverainistes l'option de se prononcer de nouveau sur l'indépendance du Québec tout en donnant la chance aux nationalistes de choisir entre l'indépendance et une nouvelle entente constitutionnelle négociée de bonne foi.

Ce serait également l'occasion pour Trudeau et le ROC de corriger les injustices du passé, et pour les Québécois, de voir véritablement l'attachement que les Canadiens des autres provinces ont pour eux...

Une stratégie gagnante pour le Parti québécois de Lisée

1— En promettant un référendum OUI/OUI, le Parti québécois donne l'option aux souverainistes de se mobiliser de nouveau pour un troisième rendez-vous historique et, du même coup, ramène les brebis égarées en son sein.

2— Il ramène également les nationalistes partis pour la CAQ chez eux tout en attirant plusieurs nationalistes libéraux qui voient en cette formule une façon de s'affirmer au sein du Canada, étant le seul à offrir une telle consultation.

3— Le PQ prendra ainsi le contrôle de l'agenda politique au Québec, prendra le pouvoir et forcera l'issue constitutionnelle au Canada en sortant le Québec du statu quo qui statuera une bonne fois pour toutes sur son avenir avec une issue favorable.

4— En imposant le calendrier référendaire de type OUI/OUI, le PQ forcera ainsi les fédéralistes à s'assoir ensemble afin de construire une proposition acceptable pour le Québec qui devra être avalisé par le ROC — ce qui devrait provoquer plusieurs tentions et peut-être même une crise existentielle au sein des partis fédéralistes et des autres provinces qui voudront certainement négocier quelques politiques lors des discussions. N'oublions pas que l'Alberta ne veut déjà plus payer de péréquation au Québec si celui-ci ne développe pas ses hydrocarbures...

5— L'exercice démocratique obligera Justin Trudeau à parler de constitution — terrain où Jean-François Lisée est à son meilleur — et l'obligera à élever intellectuellement son discours de plusieurs niveaux afin de contrer les arguments, chose qui n'est véritablement pas gagnée d'avance pour le chef du PLC puisqu'il n'est pas son père, mais il aura l'occasion de corriger les erreurs de celui-ci.

6— Au pire, l'indépendance ne passe pas, mais la signature de la constitution par Québec renforce ses pouvoirs au sein de la fédération canadienne et fait en sorte que la nation québécoise est reconnue officiellement — avec l'appui des Québécois — ce qui sort enfin le Québec du statu quo tout en le satisfaisant dans ses demandes traditionnelles...

7— Et, au final, si le Canada refuse minimalement de rouvrir la constitution après les démarches du PQ au pouvoir en ce sens, cela donnera un argument supplémentaire au Québécois pour rejoindre pour de bon les autres peuples indépendants du monde...

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