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24/01/2018 06:00 EST | Actualisé 24/01/2018 06:00 EST

Gabriel Nadeau-Dubois: victime de sa propre création?

Il peut bien faire les vierges offensées et se dire victime d'un narratif médiatique.

LA PRESSE CANADIENNE
Gabriel Nadeau-Dubois

La semaine dernière sur Twitter, Gabriel Nadeau-Dubois était dans le club des « pas exactement bien cités ».

En effet, l'émission Dans les médias, auquel a participé GND avait twitté cet extrait de l'entrevue : « À @QuebecSolidaire, si on veut avoir de l'attention médiatique, la meilleure manière c'est d'attaquer le Parti québécois. [...] Là on sait que, tout d'un coup, tous les micros vont se tendre, et toutes les caméras vont être sur nous. »

Taper sur le PQ, c'est ce qui marche le mieux...

Les militants du Parti québécois – très actifs sur le web – ont utilisé cette citation comme une preuve de plus que Québec Solidaire est d'abord et avant tout l'adversaire du principal parti progressiste au Québec – le PQ – et ce, davantage que d'être l'adversaire de la droite fédéraliste, libérale ou caquiste.

Par contre, lorsqu'on écoute l'extrait au complet, on voit bien que GND se plaint de cette situation. Il aimerait être aussi écouté par les médias lorsqu'il aborde d'autres sujets qu'aux moments où il critique le PQ. Il est donc la pauvre victime, dit-il, du « narratif médiatique ».

Mais par Dieu, où les journalistes ont-ils donc pu aller pêcher cette idée que QS est plus dur envers le PQ qu'envers la droite? Peut-être ont-ils écouté le congrès de mai dernier de QS, où les invectives les plus dures, les plus hargneuses des militants de QS au micro étaient dirigées contre le PQ?

GND a-t-il d'ailleurs oublié sa déclaration lors de son entrée officielle en politique au mois de mars dernier lorsqu'il a accusé la classe politique au pouvoir depuis 30 ans d'avoir « trahi le Québec » mettant ainsi dans le même panier René Lévesque, Jacques Parizeau, Camille Laurin et les autres membres des gouvernements péquistes que dans celui des gouvernements libéraux?

A-t-il également oublié le coup de couteau que sa formation politique a donné au Parti québécois lorsque ce dernier a tenté une alliance pour déloger les libéraux, donnant ainsi une jambette aux troupes de Jean-François Lisée afin de les faire passer comme les méchants de service, ce qui a favorisé sa formation et la Coalition avenir Québec qui ainsi ont bénéficié de la perception négative envers le PQ pour grimper dans les sondages? Quoique cela ait davantage favorisé la CAQ, lui donnant d'emblée la possibilité de remplacer les libéraux en 2018, faisant possiblement passer le Québec d'une gouvernance de droite à une autre presque identique, mais encore plus à droite...

Les journalistes ne sont pas dupes, ils ont également constaté que, depuis la création de QS, l'essentiel des énergies a été consacré à déloger, non des députés libéraux et caquistes, mais des députés péquistes.

D'abord, le juriste progressiste défenseur des droits Daniel Turp dans Mercier, puis celui qui a dévoilé la corruption libérale dans les garderies privées Nicolas Girard dans Gouin, puis l'environnementaliste Daniel Breton dans Sainte-Marie-Saint-Jacques.

Peut-être, ont-ils aussi remarqué que les deux autres principales cibles de QS sont, avant tout, Carole Poirier, qui défend la cause des femmes tout en se désâmant contre la pauvreté et l'itinérance en menant le combat du logement social. N'ayons pas peur de dire la vérité, c'est elle, la principale cible de QS, dans Hochelaga Maisonneuve.

Les journalistes ont aussi sans doute remarqué que Québec solidaire concentre ses efforts, à Québec, dans le seul comté péquiste restant, soit celui de Taschereau et qu'en région, la formation cible spécifiquement le comté du porte-parole du PQ sur la pauvreté et les aînés, Harold Lebel dans Rimouski.

GND peut bien faire les vierges offensées et se dire victime d'un narratif médiatique.

GND peut bien faire les vierges offensées et se dire victime d'un narratif médiatique. Ce narratif, c'est lui et son parti qui l'a crée, en visant directement les députés péquistes les plus progressistes afin de couler le PQ pour tenter de le remplacer à gauche...

Évidemment, une bonne guerre civile à gauche créée pour usurper la position du Parti québécois à un an des élections était sûrement la stratégie à adopter si le désir de QS et de son porte-parole GND était de voir la droite au pouvoir encore pour quatre ans...

Mais, quand c'est ton ego et ton idéologie aveugle et radicale qui te commande, il est facile d'oublier la maxime suivante : « La politique a toujours été l'art du compromis intelligent. »

Pas surprenant que le PLQ et la CAQ critiquent si rarement QS. Pour eux, QS est l'allié objectif rêvé.

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