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17/04/2019 12:23 EDT | Actualisé 17/04/2019 12:23 EDT

Peut-on se fier aux conservateurs?

Si Trudeau ne veut pas inscrire sa carrière politique dans les flops de l'histoire canadienne, il devra se réveiller et faire appel à des gens qui sauront le conseiller adéquatement, afin qu'il puisse reprendre le contrôle de «l'agenda politique».

CP/David Kawai
Les libéraux obtiennent ainsi 35% des intentions de vote au Québec, versus 26% pour les conservateurs au Québec.

La crise qui secoue présentement le gouvernement libéral concernant la saga de SNC-Lavalin fait tragiquement mal à Justin Trudeau.

À preuve, le dernier sondage Léger, réalisé sur le web du 8 au 11 mars dernier auprès de 1014 Québécois, conclut que le Parti libéral du Canada a reculé de 4% dans la faveur populaire depuis le début de la controverse, soit le 2 février dernier.

Les libéraux obtiennent ainsi 35% des intentions de vote au Québec, versus 26% pour les conservateurs au Québec.

Ce qui fait encore plus mal aux libéraux, selon une étude publiée par le journal Toronto Star, est que le Parti conservateur bénéficie actuellement de 42% des intentions de vote au Canada, contre 29% pour le parti libéral de M. Trudeau, ce qui place les troupes d'Andrew Sheer en terrain majoritaire...

Évidemment, il faut comprendre dans cette lecture et plusieurs seront possiblement du même avis que moi, que le dossier mal géré de SNC-Lavalin par Justin Trudeau et le travail d'opposition du Parti conservateur du Canada sur la question pousse la population canadienne à vouloir changer de parti au pouvoir à Ottawa, et ce, pour la prochaine alternative jugée valable.

En d'autres termes, les Canadiens vont éventuellement voter contre Trudeau et non pour Sheer, cependant, c'est ce dernier qui va être favorisé...

Plusieurs questions se posent ici, notamment sur l'entourage de Justin Trudeau qui semble totalement perdu dans cette crise où les erreurs se multiplient...

Par ailleurs, depuis le départ de Gerald Butts — le principal conseiller de Justin Trudeau — qui est présentement en mesure de conseiller adéquatement le premier ministre?

Il serait peut-être temps pour Justin Trudeau de faire appel à l'ex-premier ministre du Canada, Jean Chrétien pour être en mesure de remonter la pente...

Un leader fort sait s'entourer de personnalités fortes afin d'être capable de prendre les meilleures décisions possible.

Trudeau n'a par ailleurs plus le choix, car le temps où il n'avait qu'à se faire photographier avec la population tout en surfant sur son nom de famille est désormais révolu.

S'il ne veut pas inscrire sa carrière politique dans les flops de l'histoire canadienne, il devra se réveiller tout en faisant appel à des gens qui sauront le conseiller adéquatement, afin qu'il puisse reprendre le contrôle de «l'agenda politique»...

Ce qui ne sera pas simple, mais ce qui n'est cependant pas impossible...

Les conservateurs sont-ils fiables?

Avec une députation du Québec plus organisée, le Parti conservateur tentera de faire des gains dans la belle province, notamment, en jouant sur la corde nationaliste des Québécois.

À preuve, les conservateurs sont en faveur d'une déclaration de revenus unique gérée par le Québec et souhaitée unanimement à l'Assemblée nationale.

Cependant, s'agit-il d'un voeu pieux d'Andrew Sheer afin de faire des gains au Québec? En d'autres termes, réalisera-t-il cet engagement une fois arrivé au pouvoir?

Poser la question ici c'est bien entendu y répondre... Non, il ne le réalisera pas pour ne pas se mettre à dos le reste du Canada...

Qui plus est, une fois rendu premier ministre d'un gouvernement majoritaire, on veut garder le plus de pouvoir possible entre nos mains...

Rappelez-vous la promesse libérale des élections proportionnelles de Justin Trudeau...

La fin des eaux usées déversées dans le fleuve

Andrew Scheer s'est aussi engagé à lutter contre les déversements d'eaux usées dans les cours d'eau du Québec...

Parfait! Mais d'un autre côté, il veut relancer le projet d'Énergie Est au Québec afin qu'un oléoduc traverse la province pour, au final, exporter le pétrole des sables bitumineux de l'Alberta vers l'extérieur du pays.

Même si une majorité de Québécois est contre ledit projet, il n'en demeure pas moins que le gouvernement fédéral aura le dernier mot pour la construction d'un oléoduc en terre québécoise.

Un gouvernement majoritaire conservateur imposera ainsi la construction d'un oléoduc, même si la population québécoise est contre...

Quelle est la solution?

Pour que le Québec puisse tirer son épingle du jeu sur la scène fédérale, il n'y a qu'une solution prescrite à l'heure actuelle: élire une majorité de députés du Bloc québécois. Cela permettra de forcer l'élection d'un gouvernement minoritaire à Ottawa qui, de ce fait, devra négocier avec le Québec pour faire avancer certaines politiques, et ce, au lieu d'imposer perpétuellement leur vision unilatérale contre la volonté de la nation québécoise en cas de majorité.

De cette manière, on ne sera pas en mesure — dans le cas probable d'un gouvernement conservateur —, de nous infliger le passage d'un oléoduc puisque le Bloc aura la balance du pouvoir. Il aura une plus grande marche de manoeuvre avec un gouvernement conservateur majoritaire qui négociera le passage d'un oléoduc contre certaines demandes du Québec, si la population québécoise ne tombe pas dans le panneau fallacieux d'Andrew Sheer en élisant des députés conservateurs au dos arrondi face au diktat de l'Ouest...

S'il devait y avoir un autre gouvernement libéral, mais minoritaire, un Bloc québécois fort pourrait ainsi être en rapport de force continu avec le pouvoir central et faire avancer les demandes du Québec.

En somme, méfiez-vous des séducteurs conservateurs qui se disent prêts à bien des compromis pour se faire élire. N'oubliez jamais qu'avec uniquement 11 députés du Québec élus, ceux-ci ne pèsent pas très lourd au sein de cette formation et ce sera ainsi toujours l'Ouest du Canada et les intérêts pétroliers qui domineront ce parti politique, même si on doublait la députation conservatrice au Québec...

Par contre, avec un Bloc fort, on s'assure que la volonté de notre Assemblée nationale soit toujours mise de l'avant à Ottawa.

En résumé, avec le Bloc québécois, on choisit sans compromis le Québec!

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