LES BLOGUES
15/09/2018 06:00 EDT | Actualisé 15/09/2018 06:00 EDT

La société est-elle réfractaire à la différence?

Certains tentent de vivre heureux, même s'ils ne sont pas tout à fait compris et inclus dans cette société qui aurait grand intérêt à leur faire une place de choix.

Faisons un pas de plus vers les différences des autres.
Maskot via Getty Images
Faisons un pas de plus vers les différences des autres.

On perce le ciel à grands coups de technologie, on bâtira et l'on vivra sur la Lune avant longtemps quand, parallèlement, on a du mal à connaître l'être humain sous toutes sa diversité. L'autisme, qu'on se le dise, est méconnu.

Si l'on ne peut savoir tout de l'autisme aujourd'hui, ce n'est pas faute d'avoir essayé. Mais voilà, il existe autant de versions de l'autisme qu'il y a d'autistes. C'est-à-dire énormément. Et ce n'est pas parce qu'on ne saisit pas bien un individu que ce sera toujours ainsi. C'est à force d'en parler que l'autisme nous dévoilera tous ses secrets et c'est à force d'écouter que nous les entendrons.

N'allez pas croire que celles qui sont étiquetées comme étant autistes tôt dans leur vie l'ont plus facile!

Pour certaines personnes, c'est tout un pan de vie qu'elles passent sans être comprises ni acceptées puisqu'elles reçoivent un diagnostic tardif. Mais n'allez pas croire que celles qui sont étiquetées comme étant autistes tôt dans leur vie l'ont plus facile!

Une société réfractaire?

Il serait en effet présomptueux de croire que notre société n'est pas gênée par la neurodiversité. Elle l'est. Elle manque d'ouverture, de patience et de compréhension et même d'empathie, ce qui est risible, quand on pense que la croyance populaire veut que les autistes ne soient pas empathiques. Ce qui n'est pas le cas du tout.

«On les trouve super passionnants au cinéma, mais on ne sait pas comment réagir avec les autistes» est une phrase que je me suis déjà fait dire. Ma réponse? «Vous n'avez qu'à vous informer, vous renseigner et vous éduquer. L'information ne coule pas à flots au sujet du grand spectre de l'autisme, mais elle est plus présente que jamais. Vous faites de votre mieux et quand vous ne savez pas, vous demandez.»

Un modèle tout près

C'est vrai que je suis privilégiée, car je vis avec mon fils qui est autiste Asperger et, depuis son diagnostic tardif à l'âge de 26 ans, je le vois avec un regard plus éclairé. Il a «berné» tous les spécialistes de la petite enfance lorsqu'il était jeune parce qu'il n'avait pas tous les traits «normaux» d'un autiste.

Je le vois s'épanouir depuis qu'il a cessé sa quête identitaire, lui qui se demandait toujours pourquoi il ne «fittait» pas nulle part...

Et pourtant, il l'est. Et je le vois s'épanouir depuis qu'il a cessé sa quête identitaire, lui qui se demandait toujours pourquoi il ne «fittait» pas nulle part...

Et, moi, de me renseigner afin de mieux l'épauler dans la vie et découvrir en lui un nouveau fils, par la même occasion. Je ne pousse plus comme avant, j'encourage, simplement, et je me rends compte qu'il est indéniablement surprenant.

Des forces et des lacunes

On a tous nos lacunes dans la vie. Il en a aussi. Mais ses forces sont vraiment merveilleuses. J'en conclus qu'il saura se débrouiller très bien dans la vie. Peut-être plus lentement pour certaines choses, mais indiscutablement bien pour le reste.

Je prédis même qu'il sera plus débrouillard que bien d'autres personnes que je connais qui n'ont pas ce diagnostic d'autiste Asperger.

Alors oui, pendant que certains percent le ciel, car la terre se meurt — par notre très grande faute —, d'autres, comme mon fils, tentent de vivre heureux même s'ils ne sont pas tout à fait compris et inclus dans cette société qui aurait grand intérêt à leur faire une place de choix.

Car des autistes, il y en a. Ils sont nombreux. Ils font partie, même s'ils sont souvent ignorés, de la même société que vous et moi. Alors, des textes comme celui-ci, vous en lirez de plus en plus et pour longtemps, je l'espère bien.

Nous sommes tous différents et d'une différence à l'autre, aussi bien mieux nous connaître, ne trouvez-vous pas? Alors, faisons un pas de plus vers les différences des autres. Les rencontrer nous permettra sûrement de mieux les aimer, qu'on soit ici ou... sur la Lune.

À LIRE AUSSI:

» Faut-il avoir peur... de la biométrie vocale?
» Premier débat: Couillard malmené
» Jeunesse et médicalisation des problèmes sociaux