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L’anxiété m’a volé tant d’années

Quand tout devient «trop», que j’ai peine à respirer pour d’éventuels et de potentiels accidents ou oublis de ma part, je m’arrête et je respire.
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Malheureusement, je ne peux revenir en arrière pour revivre tout ça, mais je peux – et c’est mon devoir – vivre maintenant et demain sans toujours me serrer les dents.
Malheureusement, je ne peux revenir en arrière pour revivre tout ça, mais je peux – et c’est mon devoir – vivre maintenant et demain sans toujours me serrer les dents.

L'anxiété m'a volé tant d'années, si vous saviez! Malheureusement, je ne peux revenir en arrière pour revivre tout ça, mais je peux – et c'est mon devoir – vivre maintenant et demain sans toujours me serrer les dents.

Que c'est inconfortable, l'anxiété! Aux gens qui nous disent, à nous, anxieux de ce monde, qu'on a juste à cesser de nous énerver, taisez-vous! S'ils connaissaient la réalité et la profondeur de notre souffrance, ils n'utiliseraient pas ces mots.

L'anxiété est une souffrance intérieure qui se multiplie au gré de nos idées catastrophes.

Parce qu'il s'agit bel et bien d'une souffrance. Une souffrance intérieure qui se multiplie au gré de nos idées catastrophes.

Tenez, pendant que je vous écris, dans mon bureau à la maison, je suis en train de me demander si j'ai vraiment éteint le rond de la cuisinière... Et s'il prenait au chat l'envie de sauter dessus, il se blesserait, c'est certain! Urgence! Un fort sentiment de peur, trop connu par mon corps, m'envahit soudainement... Ah... l'anxiété!

Bon, après vérification, ledit rond était plus froid que froid... Je n'ai donc passé, cette fois-ci, qu'une petite minute dans mon enfer intérieur fait de peurs et d'inquiétudes. Que se serait-il passé si je n'avais pas été dans la maison ou à proximité? Combien de temps y serais-je resté?

En pareille situation, je crois que ma souffrance aurait duré beaucoup plus longtemps, croyez-moi sur parole. Je ressens un long frisson le long de ma colonne vertébrale. J'aurais certainement paniqué avant de trouver une solution pour me rassurer.

L'anxiété déformante

L'anxiété mène à une vision floue de la réalité. Cette dernière devient teintée de gris, de gris foncé et de noir. Cette obscurité fait partie de ma vie d'anxieuse – de celle de beaucoup d'autres gens aussi – et elle est tellement présente en moi que je ne sais même pas à quoi ressemblerait ma vie sans elle.

Comment font-ils pour demeurer si calmes, si sereins devant toutes les menaces quotidiennes?

Les gens qui m'entourent ne me comprennent pas toujours et moi, je ne les comprends pas à mon tour. Comment font-ils pour demeurer si calmes, si sereins devant toutes les menaces quotidiennes?

Ils me disent de me calmer et moi, j'ai le goût de leur crier de s'énerver! Un peu de vie, bon sang! Car la vie, pour moi, est une chose merveilleuse, mais totalement chaotique et énervante. Il existe tellement de dangers!

Par exemple, un peu plus tôt, j'ai voulu sortir de mon stationnement à la pharmacie du coin. Imaginez-vous que quelqu'un derrière moi a eu la même idée. Cette personne a omis de regarder dans son rétroviseur, si bien que j'ai dû freiner d'urgence et klaxonner de tout mon cœur en guise d'avertissement.

Eh bien, j'ai eu besoin de l'avant-midi au complet pour tenter de m'en remettre! Même mon heure de lunch en a été chamboulée par une légère nausée, un cœur qui battait trop fort et des mains tremblantes.

Comment quelqu'un peut-il reculer avec un véhicule sans regarder? C'est un exemple de question que je me pose à longueur de journée. Et j'en ai plusieurs comme ça.

S'arrêter dans le moment

Mais, revenons à nos moutons. Je dois admettre que l'anxiété me fait oublier l'importance de vivre ma vie à fond. Ma vie, je la partage avec elle et elle en abuse. Quand tout devient «trop», que j'ai peine à respirer pour d'éventuels et de potentiels accidents ou oublis de ma part, je m'arrête et je respire. Dans ces moments de panique, vient un instant où je me rends compte que je manque d'oxygène et que j'ai le souffle court.

Je tente d'induire un nouveau rythme de respiration et, la plupart du temps, je réussis.

Je dépose alors une main à la hauteur de mon nombril et je prends conscience encore davantage de ma respiration chancelante. Je tente d'induire un nouveau rythme d'inspiration et d'expiration et, la plupart du temps, je réussis.

Ce n'est pas toujours facile de se calmer les nerfs, mais c'est faisable. L'idéal est de pratiquer une saine respiration dans les moments de calme, comme si nous apprenions de nouveau à respirer.

Je vous souhaite plus de clarté dans vos vies et des respirations conscientes qui feront une réelle différence. De toute manière, qu'on soit anxieux ou non, cette méthode est bénéfique pour tout le corps.

Respirer, c'est la vie. Et il ne faudrait surtout pas oublier de la vivre mieux.

Ce blogue a d'abord été publié sur le RIME.

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