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22/02/2014 08:19 EST | Actualisé 24/04/2014 05:12 EDT

Le Venezuela est plus que jamais divisé

Depuis le mercredi 12 février (#F12) le Venezuela vit dans un chaos social et politique comme jamais on aurait pu le voir. Suite à deux semaines de manifestations contre le régime de Nicolas Maduro, dauphin de Hugo Chavez, décédé le 5 mars 2013, les étudiants ont répondu à l'appel de l'opposition.

Selon les dernières données du gouvernement de Maduro, l'inflation a fléchi de plus de 56% en 2013, on ne retrouve pas de denrées dans les épiceries, l'état ne veut pas que les gens prennent des vacances à l'extérieur du pays, sous prétexte, que les habitants du Venezuela doivent faire du tourisme à l'intérieur du pays, mais surtout une manipulation de l'information, en coupant les signaux des réseaux internationaux, qui couvrent la situation.

Seul CNN en Espagnol et CNN sont toujours en ondes, mais hier le président a commencé les démarches pour que les deux signaux soient coupés.

Pourquoi? Mercredi, le 12 février, trois personnes ont été tuées lors de l'appel à une manifestation de Leopoldo Lopez, leader de l'opposition. Les étudiants sont sortis dans les rues, mais aussi ceux qu'on appel les "pro-Chavez" ou "pro-régime". Les affrontements ont été violents, deux étudiants ont été tués et une personne du régime a aussi rendu l'âme par de coups de feu.

Les opposants au président Maduro ont vite accusé le régime de ces trois morts, le régime a accusé les États-Unis d'être derrière cette "tentative de coup d'État" orchestré par l'occident. Le gouvernement a vite accusé formellement Leopoldo Lopez comme l'instigateur et le coupable de ces trois morts, une chasse à l'homme s'est produite et une accusation formelle a été rendue contre M. Lopez. Mardi dernier, lors d'une manifestation pacifique, le leader de l'opposition s'est rendu aux autorités et a été arrêté.

Mais pendant tout ce temps, la diaspora du Venezuela a commencé à se faire entendre. C'est le cas au Canada, ou des manifestations pacifiques ont été organisées par des étudiants qui appuient leurs confrères du Venezuela.

Étant donné que je suis journaliste pour CNN en Espagnol, j'ai eu la chance de pouvoir rapporter les faits à partir de Montréal. Il faut vite se rendre compte que ces gens tiennent à cœur leur cause, surtout que ces familles ne sont pas ici,: elles sont au cœur du problème, au Venezuela. De l'autre côté, je reçois des messages de gens qui appuient le gouvernement, mais malheureusement, ce sont des messages anonymes, dont la crédibilité ne peut pas être prise au sérieux.

Daniela Becerros, organisatrice des manifestations à Montréal se demande pourquoi les médias francophones ne suivent pas ce qui se passe ici et prennent seulement des secondes ou quelques lignes pour expliquer ce qui se passe au Venezuela?

À vrai dire, c'est le contexte. D'une part on vit dans une période de Jeux olympiques d'hiver où le Canada fait mieux qu'aux Jeux d'été. D'autre part, il y a le conflit en Centrafrique et aussi le chaos en Ukraine, qui est beaucoup plus fort que celui du Venezuela. Sans oublier une possible élection provinciale et le dépôt du budget à Québec.

Mais aussi parce que la proximité de la nouvelle ne tient pas le bout pour les Québécois et les Canadiens, selon ce que le gouvernement du Venezuela projette, c'est la faute de "l'impérialisme américain". On sait bien que le Canada, malgré un gouvernement conservateur, veut garder une certaine indépendance, envers les États-Unis. Mais aussi, on vit dans un pays qui prône des valeurs sociales démocrates, ce que le Venezuela fait paraître, mais que dans le fond, agit d'une manière beaucoup plus radicale.

Jeudi dernier, Nicolas Maduro a annoncé que les démarches pour sortir des ondes CNN et CNN en Espagnol étaient en cours. Pour moi, c'est un bris à la liberté d'expression, à la liberté de presse, peu importe si je suis pour ou contre le régime, je ne tolère pas qu'un gouvernement me disse quoi faire ou encore pire me censurer. J'espère que mes collègues du Canada n'auront pas à subir cela.

Prochaine manifestation? Ce samedi 22 février, est-ce que cela vous rappelle quelque chose? Oui un 22 du mois, comme le printemps érable, lors de la crise étudiante au Québec.

Je vous invite non par affiliation politique, mais pour la liberté expression et le droit a la liberté de presse, à vous unir aux étudiants du Venezuela de Montréal, lors de la marche à partir du square Phillips en face du métro McGill, jusqu'à la Place Emilie-Gamelin (à partir de midi).

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