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19/03/2018 09:00 EDT | Actualisé 19/03/2018 14:14 EDT

Pour en finir avec les pseudo-détenteurs du savoir et du pouvoir!

Il faut aussi pointer du doigt d’autres types de bluffeurs, ceux qui, avec des titres ronflants, s’évertuent à cibler et à éreinter les mauvaises personnes et les mauvaises cibles.

Giorgio Majno

Ça n'est pas la première fois que j'interpelle les journalistes et les gens des médias. Je l'ai fait au sujet de dossiers d'un tout autre ordre, souvent sur des questions de déontologie. La dernière fois, en septembre 2017, je leur demandais de réfléchir sur les dénominations et qualifications inappropriées souvent utilisées pour traiter les actes violents et mortuaires à l'égard des femmes.

Je le fais quand ça me démange, quand les sujets traités me tiennent à cœur et souvent après avoir enduré longtemps mon agacement. Je le fais aussi parce que j'aime les métiers d'information et de communication et parce que je trouve noble et crucial ce travail consistant à transmettre au public des informations justes et éclairées.

Cette fois-ci, je profite d'une entrevue menée par Catherine Perrin à son excellente émission de radio, Medium Large, pour soulever la question de la distorsion éthique, inacceptable et trop fréquente dans le contexte des entrevues en général.

Jeudi, le 15 mars j'écoutais madame Perrin échanger avec Pierrich Plusquellec (professeur de biologie, je crois) et Nathe François ( son épouse, doctorante en biologie, si j'ai bien compris). J'ai été soufflée.

Depuis quand l'utilisation de mots savants est-il un critère de scientificité ?

Soufflée d'entendre ces scientifiques, du moins répètent-il qu'ils en sont, se présenter comme possédant LA Vérité quant aux langages non verbal et corporel. D'autant plus que, à l'appui de leur savoir, tout au long de cet entretien, monsieur et madame évoquaient le nombre de références à la fin de leur livre et soulignaient les mots savants utilisés : proxémie, canal haptique, canal kinésique, effet Midas... Depuis quand un objet d'étude a-t-il une valeur scientifique parce qu'on utilise des mots savants pour en parler ? Le seul fait d'armes de ces invités semblait consister à name dropper des noms de chercheurs qui avaient dit et fait des choses avant eux.

Jusque là, je les trouvais candides. Ils sont devenus un peu indécents voire de mauvaise foi lorsque, madame Perrin les ayant amenés sur le terrain de la synergologie, ils ont affirmé que la synergologie est un amalgame de "croyances qui se fonde sur des sources nébuleuses.» Tiens donc! L'intention se clarifie : s'approprier tout le rayonnement et occuper toute la niche, assez tendance, en ce qui a trait à ces sujets d'étude relativement nouveaux.

Par delà ma formation universitaire en sexologie et en philosophie, c'est donc à titre de personne formée en synergologie que j'ai fait une petite montée de testostérone : ça suffit les conclusions à la gomme, absolument non fondées, et motivées par des intérêts personnels! Ça suffit que des journalistes ou animateurs sérieux et intègres, gobent tout ce qu'énoncent doctement de prétendus possesseurs exclusifs du savoir.

Ça suffit que des journalistes ou animateurs sérieux et intègres, gobent tout ce qu'énoncent doctement de prétendus possesseurs exclusifs du savoir.

Ça n'est certes pas parce qu'un chroniqueur du nom de Patrick Lagacé a sali l'image de la synergologie et de Philippe Turchet en 2015 dans une série de chroniques éminemment subjectives, chroniques que son journal et lui ont fait passer pour une enquête sérieuse, qu'il faudrait laisser faire et laisser dire ceux et celles qui suivent ses traces. (plainte logée au Conseil de Presse depuis et non encore aboutie).

Sciences et pseudo-sciences : il est temps d'y voir clair.

Qui se regroupe autour de l'invité Plusquellec dans sa minuscule tour d'ivoire universitaire? Il y a lui, il y a sans doute son épouse Nathe François et il y a un avocat, Vincent Denault qui s'est auto-proclamé spécialiste de la communication non verbale. Ce dernier a acquis ce qu'il connait du non verbal en se formant auprès de Philippe Turchet. Une fois complétée sa formation, il a viré sa veste et s'est mis à décrier le maître. Étonnamment, il aura mis environ 2 ans et demi pour se rendre compte que la synergologie n'était, selon lui, pas sérieuse. Cela lui a probablement valu d'obtenir une charge de cours à l'université, cours dont le synopsis porte essentiellement, non pas sur sa connaissance scientifique du non verbal mais sur les approches qu'il faut, selon lui, lyncher.

Classique. Quand on n'a rien à apporter à un sujet qu'on tente farouchement de s'approprier, que peut-on faire d'autre que de démolir ceux qui s'y connaissent vraiment ? Monsieur Denault se dit maintenant un « ex pseudo-scientifique ». Un carré de sable et une petite pelle avec ça ? Ces personnes partagent un dénominateur commun fort intéressant : elles crient au loup alors qu'elles n'ont jamais rien fait, jamais rien produit, jamais rien démontré dans le champ du non verbal. Et si vous portez le moindrement attention, vous constaterez que leur seule proposition et leur seul discours consistent à dénigrer la synergologie. Pourquoi? Posez la question c'est y répondre.

Cela étant, il est vrai qu'il existe des charlatans qu'il faut dénoncer. Je l'ai fait souvent, dans différents domaines. Mais il faut aussi pointer du doigt d'autres types de bluffeurs, ceux qui, avec des titres ronflants, s'évertuent à cibler et à éreinter les mauvaises personnes et les mauvaises cibles.

La synergologie est sérieuse et rigoureuse

La synergologie est sérieuse, rigoureuse, et ses fondements sont on ne peut plus scientifiques. D'ailleurs, ce qui dérange les quelques universitaires qui la fustigent est probablement qu'elle soit solide et rigoureuse, tout en ayant été créée et développée en dehors du giron institutionnel. Or, ne leur en déplaise, les universités ne sont pas les seuls lieux de savoir. Ces personnes se servent de l'institution universitaire comme d'un instrument voire comme d'une arme de pouvoir et de suffisance bien plus que comme d'un lieu de savoir rassembleur, démocratique et ouvert sur la connaissance.

La différence entre Philippe Turchet et la synergologie, et les Plusquellec, Denault et Lardellier de ce monde, c'est que le premier étudie, mesure, observe minutieusement le langage non verbal depuis au moins 30 ans. Et qu'il travaille avec une équipe de personnes venues à la synergologie après leur formation universitaire, pour la plupart d'entre elles. De l'autre côté, ses détracteurs s'y intéressent depuis quelques années. Bref, depuis que le non verbal a le vent en poupe. Quant à Turchet, il s'est toujours essentiellement consacré à ce champ d'étude dans une perspective de développement de la connaissance plutôt que dans une optique mercantile.

Alors, quand monsieur Plusquellec affirme à Catherine Perrin « nous, nous n'avons rien à vendre » tout en ploguant son livre « grand public » au titre racoleur et ésotérique ( Votre intuition ce super pouvoir ), je le trouve assez comique. Sans parler du fait que ce livre est le seul, à ma connaissance, qu'il ait jamais co-écrit. Ensuite, il devient carrément désopilant lorsqu'il se sent obligé pour ne pas faire trop « ésotérico-power » de mentionner le nombre de références que son livre « grand public » contient à la fin. A-t-il seulement lu Le langage universel du corps, cet ouvrage sobre, extrêmement bien documenté, lui aussi étayé à la fin d'une multitudes de sérieuses références à la fin? Cela me surprendrait.

« Je suis celui qui sait », c'était il y a 2000 ans !

Voilà. Je suis lasse de voir le public avaler tout ce que viennent raconter dans les médias certains faux mages des temps modernes, drapés dans leur auréole de sainteté et de sauveur : « Je suis celui qui sait.» Ça m'irrite de voir ces patentés officiels tirer sur eux la couverture du savoir en tartinant l'univers de leur condescendance affectée : « nous sommes les vrais scientifiques, tous les autres vous roulent dans la farine », cela, sans jamais expliquer ce qui est scientifique. C'est à se demander s'ils le savent eux-mêmes.

Le travail de Philippe Turchet, docteur (PhD) en sciences du langage et créateur de la synergologie, est scientifique. Pour s'en convaincre, ses contradicteurs pourraient éventuellement se donner la peine de lire sa thèse de doctorat, laquelle a le mérite de porter spécifiquement sur le langage non verbal et dont les grilles viennent de la synergologie. La soutenance de sa thèse à l'Université Paris X Nanterre, devant des sommités, des vraies, dans les champs de la psychologie, de la neuro-psychologie, des sciences du langage et des sciences de l'éducation, lui valurent des félicitations appuyées, pour la rigueur et l'innovation de son gigantesque travail de recherche qui aura, toujours selon le jury, des retombées majeures dans plusieurs disciplines du monde des humanités.

Je ne parlerai même pas de tous les autres champs de formation et de compétence de celui qu'ils accusent de pseudo-scientificité : scolarités de doctorat en éducation et en sciences politiques, deux DEA (diplômes supérieurs à la maitrise )... Comment je sais tout cela? Je suis passionnée du langage non verbal depuis toujours, et j'ai constamment intégré cette composante dans mon travail professionnel. De plus, je côtoie Philippe Turchet depuis près de vingt ans et j'ai assisté à sa soutenance à Paris. J'admire et j'aime cet homme, probablement l'un des plus brillants et des plus intègres chercheurs que j'ai connus.

Il serait temps que les médias accordent un droit de réplique au seul, de tous ces spécialistes évoqués ici, qui possède un doctorat en sciences du langage, domaine le plus apparenté à la linguistique corporelle et non verbale.

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