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23/05/2016 10:36 EDT | Actualisé 24/05/2017 05:12 EDT

Sans engagement, pas de coalition possible

Si ces candidats souhaitent que les différents partis politiques indépendantistes travaillent de concert en 2018, ils doivent clarifier leur position. Autrement aucune feuille de route ne verra le jour.

À peine deux semaines après la démission de Pierre-Karl Péladeau, les candidats à la succession ont annoncé leur couleur: M. Lisée refuse de s'engager à réaliser l'indépendance dans un premier mandat alors que Mme Hivon et M. Cloutier entretiennent délibérément un flou à ce sujet. Leur position respective met en péril la réussite des travaux de la Table de concertation des Oui-Québec et l'élaboration d'une feuille de route commune visant la réalisation de l'indépendance du Québec. Si ces candidats souhaitent que les différents partis politiques indépendantistes travaillent de concert en 2018, ils doivent clarifier leur position. Autrement aucune feuille de route ne verra le jour.

C'est cette absence de volonté claire de réaliser l'indépendance du Parti québécois qui a mené à la création d'Option nationale. Il s'agit du principe fondateur du parti. Il faut remplacer le flou artistique et le «bon gouvernement» par une approche directe et assumée. Les aspirants à la chefferie du PQ connaissent notre position à ce sujet. Les statuts d'Option nationale lui permettent d'ailleurs de collaborer avec les partis qui adopteront une attitude similaire. Voilà pourquoi nous participons à la Table de concertation et que nous discutons avec les autres partis. À nos yeux, il est essentiel qu'un engagement à réaliser l'indépendance soit inclus dans une éventuelle feuille de route. Dans une récente sortie contre la position de M. Lisée, Québec solidaire a d'ailleurs affirmé que cela était aussi leur opinion.

La conséquence de l'incapacité des candidats à prendre un engagement est flagrante: elle met en péril les travaux qui se déroulent à la Table de concertation. Le ciment qui pourrait permettre de relier les différents partis sera absent. En fait, cela va plus loin encore. Si celui ou celle qui devient chef du PQ ne s'engage pas, quelle sera la pertinence de continuer les discussions? Il ne s'agirait que d'une perte de temps. Pourquoi discuter s'il est acquis qu'une collaboration est impossible? Ne pas s'engager constitue donc le meilleur terreau pour préserver la division.

Si l'on souhaite rassembler les partis indépendantistes et favoriser un travail commun, il faut se commettre. Autrement, aucun des candidats ne peut se qualifier de «rassembleur» ou de «rassembleuse». Seuls ceux qui proposeront sans détour la réalisation de l'indépendance du Québec pourront prétendre à ce titre. Si elle fait le choix de se lancer dans la course, Martine Ouellet disposera certainement de cette possibilité.

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