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02/06/2015 04:04 EDT | Actualisé 02/06/2016 05:12 EDT

Monsieur Parizeau et la jeunesse

L'un des plus grands hommes du Québec s'est éteint. L'ex-premier ministre Jacques Parizeau est décédé la nuit dernière. Comme les nombreux témoignages le démontrent, Monsieur Parizeau était et restera pour toujours l'un des piliers sur lesquels repose la construction du Québec moderne. À ce titre, la décision de renommer le siège social de la Caisse de dépôts et de placements en son nom est un geste honorable du gouvernement.

Évidemment, tous connaissent l'engagement clair, net et déterminé de M. Parizeau à l'égard de l'indépendance. Lui-même n'hésitait pas à le dire : s'il s'est impliqué dans le métier « détestable » qu'est la politique (il a lui-même utilisé ce qualificatif), c'est pour faire du Québec un pays. C'était sa seule et unique raison. Il préférait, et de loin, être dans les coulisses que sur les estrades. Cependant, il n'a pas hésité à être un leader lorsqu'en est venu le temps. M. Parizeau était de ceux pour qui l'intérêt national du Québec passait d'abord et avant tout.

L'importance qu'il accordait aux plus jeunes générations est cependant moins connue. Pendant longtemps, il était plus facile pour un journaliste de rencontrer M. Parizeau lors de ses conférences dans les cégeps et dans les universités que dans son propre bureau. Notons au passage que M. Parizeau, qui est reconnu comme le plus grand économiste que le Québec ait connu, était en faveur de la gratuité scolaire. Son calcul était simple : il ne s'agit pas d'une dépense, mais bien d'un investissement dans la relève qui rapportera beaucoup plus de revenus à l'État que l'investissement initial.

En 2013, lors du congrès d'Option nationale, Jacques Parizeau a livré un discours dont je me souviendrai toujours. Dans la salle, il y avait plus de 1000 personnes et la moyenne d'âge ne dépassait pas 35 ans. C'était du jamais vu depuis longtemps en politique québécoise. Ce congrès est la preuve qu'énormément de jeunes se préoccupent de la politique et de leur avenir. La plupart d'ailleurs sont en désaccord avec les orientations actuelles qui sont prises par nos gouvernements.

La relève indépendantiste, que ce soit chez Option nationale, au Parti québécois ou chez Québec solidaire est belle à voir. Elle est passionnée, déterminée, mobilisée, articulée et possède une pointe d'idéalisme qui manque à plusieurs politiciens actuels. L'idéalisme est ce qui permet de définir l'orientation que nous voulons comme société et de se fixer des objectifs. Comme l'a dit M. Parizeau lors de ce congrès, « si on laisse les comptables gagner, comme ils gagnent depuis des années, bien qu'est-ce que vous voulez ? L'équilibre obnubile tout, gâche tout. On ne veut plus rien faire ». En tant qu'économiste formé à la London School of Economics, M. Parizeau savait que les objectifs doivent être d'abord clairement établis et que les analyses des moyens pour les mettre en œuvre ne viennent que par la suite.

Toutes idéologies confondues, lorsque je regarde la relève politique, lorsque je côtoie ces jeunes qui s'impliquent, je suis fier de cette génération dont je fais moi-même partie. Plusieurs citoyennes et citoyens de tout âge considèrent que la politique est plate et décevante ces dernières années au Québec. Ce n'est pas entièrement faux. C'est pour cette raison que je suis de ceux qui croient qu'il est temps pour les jeunes de prendre un peu plus de place dans nos instances politiques. Que leurs voix soient entendues. Je suis persuadé que l'énergie de la jeunesse, combinée à l'expérience de nos aînés, peut insuffler vent de renouveau à notre politique. Un souffle assez fort pour que la population commence à reprendre confiance dans ses institutions.

J'ai osé faire le saut en politique pour cette raison, mais il s'agit d'abord et avant tout d'un travail d'équipe. Voilà pourquoi j'encourage tous les jeunes de toutes les idéologies à s'impliquer eux aussi. Fondamentalement, comme grand démocrate, c'est ce que souhaitait Monsieur Parizeau.

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