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19/08/2015 11:28 EDT | Actualisé 19/08/2016 05:12 EDT

Couillard et l'élection fédérale

En 2018, Couillard attendra les indépendantistes d'un pied ferme. Il aura préparé ses stratégies d'attaque et de défense. Est-ce que les indépendantistes seront tout aussi prêts à croiser le fer?

Lors d'une sortie médiatique, Philippe Couillard, premier ministre du Québec, a sévèrement déclaré: «Je ne laisserai pas un pouce aux souverainistes». Voilà qui donne le ton en prévision des élections de 2018.

En 2018, tous les indépendantistes, qu'ils soient d'Option nationale, du Parti québécois ou de Québec solidaire, devront travailler ensemble pour élire un gouvernement indépendantiste. C'est déjà un défi corsé qui s'annonce, mais ça pourrait devenir encore plus difficile. Imaginez que le 19 octobre 2015, jour du vote des élections fédérales, le Bloc québécois soit rayé de la carte. Cela voudrait dire qu'aux élections de 2018, la quasi-totalité des députés fédéraux seront fédéralistes. Ces derniers feront tout en leur pouvoir pour nuire aux indépendantistes. N'oublions pas qu'aux élections de 2014, Thomas Mulcair, le chef du NPD, a voté pour le PLQ de Couillard.

Les actuelles élections fédérales apparaissent comme un test pour les indépendantistes. Sauront-ils coopérer en militant et votant pour le seul parti indépendantiste de la scène fédérale? Si oui, cela favorisera une collaboration des partis indépendantistes du Québec en 2018. Si non, la difficulté sera encore plus grande: les députés fédéralistes qui auront obtenu la confiance des indépendantistes n'hésiteront pas à leur planter des couteaux dans le dos dès la première occasion.

Je crois que le désir de sortir Harper et les conservateurs est profond. Mais quelles sont nos véritables priorités? Est-ce qu'on souhaite remplacer un premier ministre par un autre qui sera à peine moins pire? Que ce soit Trudeau ou Mulcair, les deux priorisent les intérêts du Canada et nuisent au Québec, les deux sont en faveur du pipeline de TransCanada (Énergie Est) et les deux utiliseront l'argent des Québécois pour créer des emplois dans les autres provinces que le Québec. Gilles Duceppe utilise l'expression «les partis du Bloc canadien». Je suis bien d'accord: ils sont très similaires, c'est changer quatre trente sous pour une piastre.

La vraie question que les indépendantistes doivent se poser est celle-ci: désirons nous sauter à pied joint dans une dynamique de vote stratégique qui favorisera un parti fédéraliste ou désirons-nous se rapprocher d'un pays du Québec?

L'indépendance doit être la priorité, pas le combat contre les conservateurs. Les fédéralistes vont toujours nous mettre des bâtons dans les roues. C'est contre-productif de voter pour des fédéralistes qui travailleront contre les indépendantistes. Comme le Bloc québécois se pose en défenseur des intérêts du Québec contre les mauvaises décisions d'Ottawa, toutes ces dernières sont des arguments supplémentaires et concrets en faveur de l'indépendance du Québec. Voilà où réside la pertinence du Bloc québécois.

En 2018, Couillard attendra les indépendantistes d'un pied ferme. Il aura préparé ses stratégies d'attaque et de défense. Est-ce que les indépendantistes seront tout aussi prêts à croiser le fer? Oui, surtout si le Bloc sort victorieux des élections fédérales de 2015. Pour y arriver, les indépendantistes doivent se serrer les coudes et collaborer dès maintenant.

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