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09/04/2015 02:07 EDT | Actualisé 09/06/2015 05:12 EDT

Méfaits à l'UQAM: je choisis

Une dame au coeur gros comme la terre témoigne à la caméra ce matin sur les ondes de LCN. Elle travaille depuis 30 ans à l'UQAM. Cette institution m'a fait vivre, j'ai de la peine, je n'en peux plus de voir qu'on en est rendus là, à voir des gens masqués, nous confie-t-elle, émotive, sur le bord des larmes. Infiniment triste que ce témoignage. Elle m'a eue, et je suis de tout coeur avec elle. Elle ne mérite pas cette violation de son environnement de travail, encore moins, cette violence injustifiée.

Compte-t-elle dans la « révolution » que mènent les quelques centaines de voyous masqués qui vandalisent la propriété publique de l'institution et qui violent les droits fondamentaux d'accès à l'éducation de ceux qui ont choisi de la fréquenter?

La vérité fait mal mais depuis 2012, le voile est levé. Ce à quoi nous assistons est le produit du laxisme, de la mollesse, de la perte de repères et du mépris de nos institutions qu'a cultivés une culture professorale qui s'est entichée de discours révolutionnaires. Sont-ils nombreux? Ne s'agit-il que d'un tout petit groupe de professeurs anti-capitalistes et de jeunes en manque d'émotions fortes? Peut-être, mais leur nombre n'est pas pertinent. Le dommage qu'ils font l'est.

Le résultat? Un dialogue de sourds entre un commando dont se font complices les syndicats de professeurs, entre les recteurs d'université, le gouvernement et une population exaspérée et complètement ahurie de voir ce qu'elle observe aux bulletins de nouvelles.

Quand la raison fout le camp, quand la seule forme d'expression est la provocation, quand on refuse de s'en tenir à des manifestations légales dans le respect de la propriété publique, quand on a appris qu'on peut défier les injonctions de notre système de justice et qu'on joue à « l'occupation » comme si nous vivions dans un pays aux moeurs chaotiques, alors ce qu'on doit comprendre est on ne peut plus clair.

Quand le dialogue n'est plus possible, quand on est rendus à justifier le port de masques, la violence et le viol de droits fondamentaux, alors on en est réduits à recourir à la loi et l'ordre... et de choisir: défendre les fomenteurs de troubles ou défendre l'étudiant. Pour ma part,

Je choisis l'étudiant qui ne demande qu'à accéder à sa formation académique en toute quiétude dans un climat serein et stimulant.

Je choisis le jeune qui a des passions et qui rêve de devenir ingénieur, médecin, architecte, comptable.

Je choisis la jeune femme monoparentale qui fait un retour aux études parce qu'elle réalise qu'une éducation supérieure lui permettra d'améliorer son sort et celui de son enfant.

Je choisis les étudiants qui fréquentent peut-être l'université à temps partiel parce qu'ils désirent changer de métier et parce qu'ils aspirent à plus, à mieux.

Je choisis ceux qui sont reconnaissants des efforts de l'ensemble de la société et qui réalisent le puissant outil de mobilité sociale que leur offre une formation académique supérieure.

Je choisis de défendre la dame qui ce matin, pleurait son université, son employeur où elle a eu le privilège de côtoyer des jeunes assoiffés de connaissance.

Je choisis le parent qui fait des sacrifices pour assurer une paix d'esprit et de bonnes conditions de vie à ces jeunes qui choisissent de longues études au collège et à l'université (Note: Je leur conseillerais toutefois de ne plus suggérer l'UQAM à leurs jeunes).

Je choisis le contribuable qui travaille, paie des impôts et contribue à presque 90% aux coûts de formation de nos universitaires sans pour autant être assuré qu'en bout de piste, ils obtiendront un diplôme.

Je choisis tous ceux qui apprécient de vivre dans une démocratie où on peut s'exprimer, manifester et s'indigner, mais en tout respect pour la propriété privée et publique.

Je choisis de défendre nos institutions publiques, notre démocratie, nos lois, et le contrat qui lie les étudiants à leurs institutions d'enseignement.

Ceux que nous voyons présentement ne sont pas représentatifs de la majorité des étudiants, des professeurs, ni des Québécois. Ce sont des casseurs qui prétendent être victimes d'injustices sociales, gonflés à bloc par des professeurs aux enseignements contaminés qui n'ont rien à voir avec les conditions de vie franchement généreuses que leur offre l'ensemble des travailleurs du Québec.

Ils ont tort. Ils ont tort sur toute la ligne. Sur le fond. Sur la forme.

Aujourd'hui, le recteur Proulx de l'UQAM a décidé de sortir sur la place publique. Il était temps. Le ministre de l'Éducation a fait un point de presse en début d'après-midi. On va souhaiter (bien naïvement peut-être) que les commandos étudiants et professoraux tenteront de comprendre le chaos qu'ils imposent à leur communauté étudiante, montréalaise, québécoise.

Mais si cela est impossible, si on a atteint un point de non-retour où ces gens ne reconnaissent ni raison ni responsabilité, alors il faudra choisir.

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