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25/11/2015 09:28 EST | Actualisé 25/11/2016 05:12 EST

Islam radical (1): à propos de la peur

Voici le premier de quelques textes résultant d'une recherche et réflexion personnelles sur l'islam radical. 

La peur. La peur de l'autre, de l'immigrant, des réfugiés. Sommes-nous en sécurité? Comment garantir qu'il ne se faufilera pas un islamiste radical parmi les 25 000 réfugiés que le Canada accueillera sous peu?Aurons-nous le temps, d'ici le 31 décembre, de faire les vérifications correctement? Peut-on seulement faire confiance au Haut Commissariat des Nations unies dans la pré-sélection des réfugiés?

Des questions légitimes qui se voient aussitôt qualifiées d'intolérance, d'«islamophobie» ou de xénophobie par des gouvernements qui tentent de rassurer la population sans pour autant saisir ce que cachent véritablement ces craintes exprimées, maladroitement peut-être, mais tout à fait légitimes considérant l'état du monde actuel.

Je n'ai pas aimé voir au-dessus d'un viaduc à Québec une banderole affichant «Réfugiés: Non merci» et me suis consolée en voyant celle qui optait quelques jours plus tard pour un message plus accueillant: «Réfugiés: Bienvenue à Québec».

Cela dit, je vais m'aventurer à émettre une hypothèse. Contrairement au jugement que portent sur nous nos élites politiques, je ne crois pas que les gens aient peur des réfugiés tout court.

À preuve, si on garantissait qu'il y a un «risque zéro» qu'un terroriste islamiste radical se faufile parmi ces réfugiés, je crois qu'une certaine peur persisterait.

Pourquoi? Parce le malaise dont on parle provient moins de «la peur de l'autre», que de la légèreté et de la naïveté avec lesquelles nos gouvernements abordent LA véritable menace de ces années-ci: le djihad islamofasciste, l'islam radical, appelez-le comme vous voulez pour l'instant.

En réalité, ce malaise est palpable parce que dans ce cas-ci, cet «autre», terroriste ou pas, provient d'une culture, de pays dont les valeurs sont étrangères aux valeurs de nos sociétés libérales occidentales.

Et puis, si certains de nos leaders politiques réprimandent leurs concitoyens en affirmant que la peur ne peut servir à cacher l'intolérance et la xénophobie, on pourrait aisément répliquer que l'ouverture inconditionnelle à «l'autre» ne peut servir non plus à réconforter la bonne conscience des politiciens qui ont instrumentalisé la mort du jeune Alan Kurdi en procédant à un exercice de surenchère tout à fait disgracieux.

Cela dit, il est évident que les réfugiés musulmans qui ont fui l'horreur de l'État islamique méritent que l'on ait le décence de ne pas les associer à des terroristes du djihad islamiste. Je suis très confiante qu'on fera ce qu'il faut pour accueillir les plus vulnérables, et on ne devrait pas reprocher au gouvernement Trudeau de ne pas y arriver avant le 31 décembre s'il n'y parvient pas.

Mais encore, là n'est pas où réside la peur, à mon avis. Une peur qui masque plusieurs malaises, dont voici quelques exemples.

La non-confiance en nos leaders politiques. - Le sentiment de ne pas faire confiance à nos politiciens de faire les choses correctement pour assurer une intégration réussie des nouveaux réfugiés, d'autant qu'ils proviennent d'une région du monde dont les valeurs ne sont pas compatibles avec celles d'une société libérale et démocratique.

La peur de nommer l'islam radical. - Le malaise ressenti devant nos politiciens qui hésitent à qualifier correctement ce à quoi nous assistons: un djihad islamofasciste. Quand c'est rendu qu'on produit un Guide pour contrer la radicalisation et qu'on n'y trouve pas les mots «djihad» ou «islam» ou «islamiste», c'est qu'on verse dans un politiquement correct qui est loin de rassurer.

Le paradoxe saoudien. - Une incompréhension devant le paradoxe qui nous permet d'être à la fois un allié de l'Arabie saoudite, tout en étant parfaitement conscient du rôle que joue ce pays dans la propagation et la commandite d'une idéologie du djihad islamiste.

La prêche pour un régime islamiste. - Une impatience face aux mosquées où se prêchent, en sol canadien, des discours radicaux qui moussent la révolte djihadiste et qui visent à promouvoir un régime politique se rapprochant de l'État islamique et reniant la séparation du religieux de l'État

L'affront du niqab. - Un sentiment d'impuissance quand on impose à l'ensemble de la population canadienne d'accepter que le port du niqab lors d'une cérémonie d'assermentation soit maintenant vu comme un droit fondamental protégé par la Charte canadienne des droits et libertés. Notons ici que certains pays tels le Sénégal, le Tchad, le Cameroun et le Gabon interdisent maintenant la burqa et le niqab. Le président du Sénégal, pays à 95% musulman, déclarait récemment que: «Le port du voile intégral ne correspond ni à notre culture, ni à nos traditions, ni même à notre conception de l'islam». Suivant cela, comment ne pas voir dans l'approche Trudeau l'expression d'une naïveté sous le couvert de prétentions moralement supérieures?

Je ne peux m'empêcher d'ajouter ici un sentiment de perplexité lorsqu'on apprend qu'une «journée du hijab» s'organise à Halifax, journée au cours de laquelle le hijab est devenu un «symbole canadien». Vraiment? Un «symbole canadien»?

Si on regarde ce qui se passe en Europe et ailleurs, la chose n'est pas plus rassurante. Nos gouvernements sauront-ils tirer des leçons apprises durement par l'Europe?

• on lit que 16% des citoyens français appuient l'État islamique (27% parmi les 18-24 ans)

• on voit la légèreté avec laquelle on a sous-estimé les conséquences pour la sécurité des populations d'avoir un espace où on permet la libre circulation des djihadistes et des armes (espace Schengen)

• on paie le prix de frontières poreuses, où quelqu'un peut faire Paris-Turquie et se rendre en Syrie en ne présentant aucun passeport.

• on voit l'échec des politiques d'immigration, des ghettos, en Belgique, en France, même en Suède.

• on peine à croire la création de partis politiques en Belgique dont le programme ultime est d'aboutir à un État islamique

• plus près d'ici, dans une ville au Michigan, on assiste à un premier conseil de ville majoritairement musulman. Résultat: appel à la prière à 6 heures par les mosquées, interdiction de permis de boissons dans un rayon de 500 mètres d'une mosquée. Voilà ce qu'amène une culture étrangère aux valeurs occidentales. On appelle ça l'imposition de la culture religieuse dans les moeurs et la vie quotidienne, rien de moins.

À la fin, on regarde nos gouvernements et on se dit: seront-ils vigilants? Réalisent-ils le menace?

La réponse est non.

Ce qu'on nous sert est ce qui suit:

• Nos leaders politiques peinent à nommer le problème.

• Notre premier ministre, Justin Trudeau, impose le niqab comme un droit fondamental - quel puissant signal de bienvenue aux islamistes intégristes, sans compter qu'il s'agit bel et bien d'un affront aux Canadiens et Québécois qui comprennent par là que dorénavant, tout accommodement sera vu comme raisonnable.

• Notre gouvernement Couillard, en riposte aux discours «haineux», pond un projet de loi liberticide (PL59) qui octroie le pouvoir de censure à des bureaucrates non élus, alors que le code criminel répond déjà au besoin. Voilà comment nos sages élites entendent mater la parole au Québec.

Et voilà ce qui ne rassure pas du tout.

Face à cela, je comprends que le seul recours du Québécois qui a peur pour sa culture, pour ses valeurs, c'est parfois d'afficher: «Non aux réfugiés», «OK d'abord, y'en rentrera pu», «Non, nous ne croyons pas que nos gouvernements peuvent et veulent apprendre des erreurs de l'Europe.»

La morale de l'histoire, c'est que ce ne sont pas les réfugiés qui m'effraient, mais ce sont nos propres gouvernements.

Et honnêtement, tout comme Lysiane Gagnon de La Presse, je ne peux pas croire que le gouvernement Couillard, lui dont certains membres ont choisi la politique active précisément à cause de la «Charte des valeurs péquiste», lui qui se pose en défenseur des libertés fondamentales, en soit rendu à proposer une loi qui introduira au Québec ni plus ni moins une police de la parole, pour ne pas dire une police de la pensée.

Franchement honteux. Et une bonne raison, quant à moi, à mettre dans la colonne des «Pourquoi ne pas voter PLQ à la prochaine élection.»

À suivre: L'importance de désigner l'ennemi.

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