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20/10/2015 12:46 EDT | Actualisé 19/10/2016 05:12 EDT

La victoire de l'alternance

Après presqu'une décennie du Parti conservateur au pouvoir, il semble que les vertus de l'alternance et l'attrait pour des promesses financées à même l'endettement public aient réussi à charmer les électeurs en quête de nouveauté.

19 octobre, 23h17 - Le désir de changer de gouvernement l'a emporté et les Canadiens coast-to-coast ont jugé que le parti qui avait le plus de chance de l'emporter contre les conservateurs était celui de Justin Trudeau. Et disons-nous le, il l'a emporté « big time » au point où la seconde nouvelle de la soirée est très certainement l'effondrement du NPD de Thomas Mulcair, voire même son éradication dans certaines régions du pays. Malheureusement pour les néodémocrates, il semble que dans un système parlementaire de type britannique, les troisièmes partis naissent et meurent au gré des vagues.

Cela dit, après avoir tant parlé du niqab et avoir mis tant de temps à extrapoler les courbes des différentes maisons de sondage, les Canadiens et encore plus spécifiquement les Québécois ont surpris et déjoué les prévisionnistes.

De la même façon que les Québécois n'ont pas voté sur des questions identitaires et pour la Charte péquiste à la dernière élection provinciale qui a redonné le pouvoir aux libéraux de Philippe Couillard, le niqab et les questions identitaires n'ont pas été déterminants dans leur vote cette fois-ci non plus.

Après presque une décennie du Parti conservateur au pouvoir, il semble que les vertus de l'alternance et l'attrait pour des promesses financées à même l'endettement public aient réussi à charmer les électeurs en quête de nouveauté. Nous observons donc ce soir le succès d'une nouvelle dynastie politique, l'arrivée au pouvoir d'un gouvernement fort probablement rajeuni et d'un nouveau cycle politique dont les paramètres seront dessinés par Trudeau fils.

En attendant, quelques bonnes nouvelles ressortent de cette soirée. D'une part, soulignons que contrairement aux années passées, les Québécois n'ont pas voté en banc de poissons. Voilà un progrès. De façon intelligente, le Québec a réparti son vote et a, une seconde fois, envoyé un signal de rupture avec le Bloc québécois. En effet, le Bloc ne détiendra pas la balance du pouvoir d'un Parlement et d'un pays duquel il veut se détacher. Si la tendance se maintient, il ne qualifiera pas comme parti officiel. En clair, le Bloc n'est plus pertinent à Ottawa, point.

Finalement, « the people are never wrong », nous a dit Stephen Harper dans son discours de fin de soirée. Voilà une sage parole venant d'un premier ministre à qui on doit beaucoup, notamment de nous avoir guidés à travers la pire crise financière depuis la Seconde Guerre mondiale, d'avoir ouvert les marchés internationaux aux producteurs canadiens et d'avoir respecté les compétences des provinces dans le respect de la constitution canadienne.

On jugera bien Justin Trudeau aux résultats. Mais d'ici là, la santé démocratique du Canada impose que le Parti conservateur se renouvelle et se prépare à ce que d'ici quatre ans, une alternative de conservatisme fiscal positif et optimiste nous soit proposée. La liberté, l'autonomie, la responsabilité individuelle ont besoin de champions. Aux élus du Parti conservateur, félicitations. On compte sur vous!

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