LES BLOGUES
25/10/2014 08:39 EDT | Actualisé 25/12/2014 05:12 EST

Contrastes et insignifiances

Difficile de ne pas avoir été happé et subjugué par les indescriptibles gestes des terroristes canadiens - en sol canadien - cette semaine. Il n'en demeure pas moins que la terre a continué de tourner et qu'au Québec, la p'tite vie suit son cours.

Les contrastes dont nous avons été témoins cette semaine sont saisissants: violence gratuite vs admirables élans de compassion humaine; lâcheté de la pire espèce vs héroïsme; discours unificateurs d'hommes d'État vs instrumentation politique de bas étage (des exemples ici) et finalement, adresses à la nation dont on peut être fier vs insignifiances et grosse bouette sur les réseaux sociaux.

Difficile de ne pas avoir été happé et subjugué par les indescriptibles gestes des terroristes canadiens - en sol canadien - cette semaine (mes blogues ici et ici). Il n'en demeure pas moins que la terre a continué de tourner et qu'au Québec, la p'tite vie suit son cours.

VICTOIRE À LA CAQ - ANÉANTISSEMENT DU PQ DANS LÉVIS

Une des bonnes nouvelles est certainement l'élection de François Paradis de la CAQ dans Lévis. Pour l'homme. Et pour ses capacités de communication. Une autre personnalité des médias en fin de carrière, me direz-vous, certes. Un ex de Québecor de surcroît. On verra bien le rôle que lui fera jouer le chef de la CAQ François Legault, mais personnellement, je le verrais bien à la santé, sujet qu'il privilégiait lorsqu'il pilotait son émission TVA en direct.com (et à laquelle je participais de temps à autre).

Quant au vote dans Lévis pour le Parti québécois: 8 %. Huit petits points de pourcentage dans un comté essentiellement francophone. Premier réflexe et commentaire d'un indépendantiste dur sur Twitter? « Qu'est-il arrivé aux gens de Lévis?". Fascinant.

L'INDÉPENDANCE DES MÉDIAS ET DU POLITIQUE - NOYER LE POISSON

En politique, il y a plusieurs façons d'éviter ou de reporter la résolution d'une problématique: ignorer le problème, faire un comité d'experts, tabletter un rapport de ce comité d'experts, créer un organisme avec comme titre le nom du problème ou encore, énoncer de belles intentions sans pour autant y mettre le financement.

Et puis, il y a celle qui m'horripile le plus, particulièrement lorsque la situation ne l'impose pas. Celle qui vient avec les discours du genre « Il faut regarder ça dans son ensemble », « Le problème est beaucoup plus complexe que ça », « C'est un choix de société qu'on ne peut remettre en cause sans faire appel à tous les intervenants impliqués ». Vous voyez ce que je veux dire?

Voilà ce à quoi on assiste pour ce qui est de la motion portant sur l'indépendance du pouvoir politique et des médias adoptée il y a quelques jours à l'Assemblée nationale. Selon Simon Boivin de La Presse, le PQ veut maintenant entendre les Desmarais. Curieux ça. Y'a quelqu'un qui a entendu dire qu'un Desmarais voulait se présenter comme député à quelque part? Comme chef de l'Opposition officielle? Je reconnais que j'ai été distraite cette semaine, mais cette nouvelle-là, on y aurait porté attention, non?

Le PQ essaie donc de noyer le poisson en proposant une autre résolution qui n'a que très peu à voir avec la question de fond: un député/ministre/chef de l'opposition peut-il être un actionnaire de contrôle d'une entreprise médiatique? Du côté du PQ, on est même prêts à comparer Pierre Karl Péladeau à Louis Riel! Rien de moins.

« Le PQ veut évacuer le cas particulier du député Péladeau du débat pour le faire porter sur l'indépendance journalistique et la liberté de presse en général » selon le journaliste. Le PQ n'aime pas non plus que le débat ait lieu en commission parlementaire, là où les participants du PLQ, de la CAQ et de QS sont plus nombreux que ceux du PQ. On comprend pourquoi. Tout à coup, en position de faiblesse, nos institutions ne seraient plus fiables...

Réponse du PLQ: « On va y penser ». À suivre.

GARDERIES EN MILIEU FAMILIAL: AUCUNE LIMITE À L'INDÉCENCE SYNDICALE

J'étais certaine d'avoir mal compris. Alors que Mario Dumont interrogeait la représentante des intervenantes en milieu familial, j'ai cru entendre la plus venimeuse des répliques syndicales qu'il m'ait été donné d'entendre. En réponse à la question de Dumont portant sur la difficulté du gouvernement de dégager des marges de manoeuvre, la représentante suggère de couper dans les crédits d'impôts octroyés aux familles qui font garder leur enfant dans une garderie privée (selon la représentante, cela représenterait 557 millions $).

"Venez-vous de me dire que vous voulez qu'on coupe les crédits d'impôt pour les gens qui n'ont pas de place dans les garderies à 7 $? Vous voulez qu'on leur coupe leurs crédits d'impôt pour vous le redonner en paie supplémentaire? » - Mario Dumont

Euh... oui, répond-elle. Sidérant. Écoutez ça. Ça vaut la peine (voir plus bas).

En lisant sur le sujet, on y apprend aussi toutes sortes d'autres choses intéressantes. Pour ces intervenantes, une augmentation de leur rémunération (3,34 % l'automne dernier) n'est pas une augmentation; c'est un « rattrapage ». Remarquez le langage ici, n'est-ce pas? Elles sont des travailleuses autonomes, mais:

  • elles n'ont qu'un seul employeur-payeur: l'État (ce qui les disqualifierait normalement d'un statut de travailleur autonome)
  • elles demandent une augmentation salariale pour les journées de vacances et de congé (payées à 70 % à l'heure actuelle).

Elles sont salariées, mais elles peuvent réclamer des déductions pour dépenses encourues pour l'utilisation de leur maison comme lieu de travail. Elles ont réussi récemment à obtenir ce double statut de salariée/travailleuse autonome et d'être rémunérées à contrat, mais là, elles réclament d'être payées à salaire... pour 50 heures.

C'est beau, non?

DE BIEN MAUVAIS EXEMPLES

Finalement, cette semaine, notre gouvernement « libéral »:

Gestes insignifiants dans le grand portrait de la réforme gouvernementale? Peut-être pour certains, mais certainement pas sur le plan symbolique pour l'ensemble des citoyens.

« Perception is reality ».

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