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18/10/2015 09:09 EDT | Actualisé 18/10/2016 05:12 EDT

Miss Canada 2015, ou l'art de rendre les élections superficielles

Dans quelques jours, un grand nombre de journalistes pourront souffler. Les médias reprendront un format plus habituel de couverture des faits intéressant l'opinion publique et les visages exténués présentés sans relâche à l'écran se détendront.

Dans quelques jours, un grand nombre de journalistes pourront souffler. Les médias reprendront un format plus habituel de couverture des faits intéressant l'opinion publique et les visages exténués présentés sans relâche à l'écran se détendront. D'ici quelques jours, cette interminable campagne sera dernière nous. Laissant devant nous de nouveaux maîtres (ou d'anciens maîtres nouvellement légitimés).

Publiciser son produit

En plus d'occuper une très large part de nos bulletins d'actualité, nous avons été subjugués par les messages et les images politiques de la campagne fédérale partout autour de nous. Les publicités télévisuelles, radiophoniques, dans les journaux, sur le web et sur les fichues pancartes électorales (abominable gaspillage et pollution visuelle effroyable du paysage).

Ces publicités ont rarement été très pertinentes du point de vue de l'information colportée. À vrai dire, les campagnes publicitaires (hors médias) ont d'abord été formulées pour porter des attaques contre les adversaires qui semblaient les plus nuisibles dans le moment pour ceux qui payaient la facture. Tous les chefs ont été salis par les autres, sauf peut-être Mme May (qui ne représentait pas de menace directe au trône). Une belle compétition à savoir qui est le pire salaud. Cette malheureuse tangente semble s'accentuer au fil des années. Tangente bien évidemment héritée des campagnes électorales de nos voisins du Sud (cette terre de la Liberté, qui a si mal vieillie).

Un cafouillage

Je crois sincèrement que ce genre de propagande ne devrait pas être tolérée dans un système politique qui se respecte. D'abord puisqu'elle n'apporte aucun éclairage valable à une prise de décision sérieuse pour les électeurs. Bien au contraire, il s'agit souvent de mensonges éhontés qui viennent brouiller les perceptions des citoyens. Ce qui complique leur analyse dans leur démarche de choix politique. Lorsqu'on désire faciliter l'ouvrage politique de tout le monde afin d'en augmenter l'efficacité, il est impératif de dégager le processus de ses incohérences. De toute façon, on ne vend pas ici du papier hygiénique, c'est de la qualité de vie de tout le monde dont il est question.

La chicane

La nature négative et sournoise de ces publicités ne fait que profiter au cynisme ambiant envers la politique. C'est assez simple à comprendre que, en voyant ainsi les possibles reines du Bal se tirer les cheveux, les citoyens se retrouvent désemparés. Pour qui travaillent ses ambitieuses Barbies? Pour nous ou pour leur propre personne avide de célébrité et d'ascension sociale? Et lorsque les gens ne voient pas de bonnes intentions dans la façon d'agir de leurs futurs dirigeants, il est parfaitement logique qu'ils égarent l'envie de participer à un concours aussi ridicule. Le «bitchage» n'est pas une pratique démocratique, c'est un phénomène qui touche ceux et celles qui ne sont pas en mesure de tenter de comprendre l'autre et de faire leur bout de chemin pour travailler en équipe afin de résoudre les problèmes.

Le NPD et les Libéraux ont parlé de l'importance de revoir le système électoral s'ils étaient promus beautés de l'année. Si c'est le cas, j'espère qu'ils n'omettront pas de rayer à jamais l'utilisation des publicités hors médias durant les campagnes électorales. Ça serait déjà un grand pas pour la démocratie et petite victoire sur l'imbécillité humaine.

Article précédemment publié sur L'Anticønførmiste

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