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28/07/2015 10:41 EDT | Actualisé 28/07/2016 05:12 EDT

Les élections ne sont pas politiques

J'adore la politique, mais je déteste les élections. Et à proximité du déclenchement officiel des élections fédérales, je voulais vous entretenir des origines de cette haine.

J'adore la politique. Cette politique qui prend, chaque jour, davantage d'espace dans ma vie. Cette politique dynamique qui s'incruste dans l'échange et la réflexion. Celle qui est sans prétention et qui ne désire rien d'autre que de rassembler les gens autour d'idées qui seront profitables à tous.

J'adore la politique, mais je déteste les élections. Et à proximité du déclenchement officiel des élections fédérales (qui sont officieusement débutées depuis très longtemps grâce à la formule à date fixe), je voulais vous entretenir des origines de cette haine.

L'ego au centre des élections

Je déteste les élections puisqu'elles représentent, à mon avis, ce qu'il y a de plus vil en l'homme: l'ego, ainsi que la stupidité et l'injustice qu'il entraîne.

Les élections sont l'antithèse de ce qu'est la politique au sens noble, car on met alors le débat de côté pour tenter de nous vendre des hommes. C'est bien aux personnes que nous livrons nos votes après tout. Nous plaçons ainsi la mauvaise «chose» au centre de cet exercice. Peut-être parce qu'on n'arrive pas à comprendre qu'il n'y a jamais eu, et qu'il n'y aura jamais, de messie.

Le manque de connaissance, de temps et d'intérêt

Lorsque les citoyens ne détiennent pas les outils nécessaires pour analyser les solutions proposées, manquent de temps ou sont complètement désintéressés (dû à l'absence de résultats viables des gouvernements passés), les idées en politiques perdent leur place. Lorsqu'on ne peut pas, qu'on possède un horaire trop chargé, ou qu'on ne désire pas réfléchir sur le message proposé, on se rabat sur la solution la plus pratique: juger le messager!

Ça, les nombreux professionnels en communication qui entourent les politiciens le savent mieux que quiconque. On se retrouve donc au centre d'une guerre d'image. Qui aura l'air le plus compétent pour l'emploi? Les chefs de partis s'affairent donc à gagner en notoriété et à faire perdre la notoriété de leurs adversaires. Les campagnes de salissage sont, aujourd'hui, monnaie courante en politique. Il n'est plus nécessaire de prouver l'exactitude de ses idées, il suffit simplement de décrédibiliser les autres. Les élections sont une question de séduction. On confond ici le salon et la chambre à coucher.

La démocratie représentative: créer des maîtres

C'est aussi difficile de faire autrement dans une démocratie représentative stricte comme la nôtre. Puisque les décisions sont tranchées par le gouvernement (qui a la main mise sur le législatif comme sur l'exécutif) et que les élections ont lieu uniquement tous les 4 ans, on doit se voter des patrons qui dirigeront l'État tant qu'ils auront l'appui de la population aux élections.

À quoi bon débattre d'idées avec des personnes qui ont si peu de pouvoir dans le processus? Une fois que les enfants ont confirmé l'élection, les adultes peuvent se mettre au travail.

Ça aussi, les parasites de la communication en politique en sont pleinement conscients. C'est pourquoi on nous fait croire que l'on tient un rôle dans le déroulement des choses, que notre avis à un impact, que nous sommes importants pour ces gens. Mais ce que l'on veut, ce n'est pas notre opinion, c'est notre vote. C'est pourquoi on nous demande simplement de choisir des hommes, plutôt que de participer à l'élaboration de la société.

J'adore la politique, mais je déteste les élections. J'espère qu'un jour on aura le courage de transformer ces dernières en quelque chose de politique, en quelque chose qui nous appartient!

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