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La vérité sur le coût des réfugiés syriens

En abandonnant les gens qui désirent nous rejoindre, nous faciliterons le recrutement de l'EI. Nous montrerons à quel point nos valeurs de liberté et de démocratie ne s'appliquent qu'à nous...

Le principe fondamental de l'arnaque est de faire miroiter un profit tellement aveuglant que vous laissez tomber toute défense par peur de passer à côté du juteux gain.

L'argument économique que l'on entend actuellement concernant l'opposition à l'arrivée des 25 000 réfugiés syriens tient une logique semblable, mais inversée. On vous fait tellement peur avec les possibles coûts que ça peut engendrer que vous oubliez complètement les gains significatifs qui peuvent découler de cet investissement. La conclusion est simple : dans les deux cas, vous êtes bien baisé!

Briser l'illusion

D'abord il faut bien saisir ce qu'implique aider les réfugiés syriens sous l'angle économique.

Depuis la tragédie de Paris, le support qu'avait promis Trudeau fils en campagne est devenu un déficit insurmontable, voire même une belle occasion de faillite économique étatique. J'ai pris le temps de faire quelques petits calculs pour y voir plus clair, question de regarder la bête dans les yeux.

Après une courte recherche, j'ai estimé un total d'environ 175 317 987$[1] en allocations comprenant un cachet de départ pour l'achat de quelques items de base. À ce montant nous devons ajouter 36 250 000$[2] qui seront versés aux organisations communautaires qui seront responsables d'aider ces gens à l'intégration. Il y a aussi les frais de santé et d'autres services pourvus par l'État qui serait de 262 500 000$[3]. Ce qui nous donne un total de 474 067 987$ pour accueillir ces victimes de la guerre.

Bien sûr, c'est un approximatif. Ces réfugiés vont certainement coûter plus cher en santé et en autres services que bien des personnes au Québec. Mais je ne prends pas en compte ici la donnée qui établit que «normalement» seulement 40 % des réfugiés se retrouvent sous la responsabilité de l'État puisqu'ils sont aidés par des membres de la famille déjà sur place ou par des organismes comme des églises ou autres. Ce qui ne sera probablement pas le cas pour cette mesure d'exception, mais qui nous permet d'espérer de sauver une certaine partie du montant.

Maintenant que nous avons un chiffre, il faut aussi le ramener dans le réel. Cet immense montant de 474 067 987$ coûte 24,47$ pour chaque travailleur canadien par an. Cela représente 0,03 % du salaire médian canadien. En clair, avec chaque dollar, on sauve 1 000 personnes. Belle occasion de briser son cochon.

Les réels risques

La vérité sur l'aide qu'a promise le Canada au problème des réfugiés est qu'il est impossible de revenir sur cette décision sans nuire à nos relations à l'international et surtout avec l'Europe. Les États-Unis peuvent certainement faire ce genre de pirouette sans subir les foudres directs de la communauté mondiale puisqu'ils sont indispensables encore pour le moment. Mais c'est loin d'être le cas du Canada.

Nous avons besoin des marchés extérieurs et de la stabilité politique. Le problème de migration actuel est un inconvénient qui découle de la mondialisation. Cette mondialisation dont nous profitons chaque jour. Le fait de ne pas prêter main-forte à cette occasion serait certainement vu comme si, après avoir bien profité du buffet, nous quittions les lieux comme des voleurs pour laisser nos partenaires régler la facture. L'Europe et les pays du Moyen-Orient font amplement leur part, n'avons-nous aucun amour-propre au point de laisser nos alliés payer tous les pots cassés? C'est ça les gens au Canada, des Séraphins sans aucune dignité?

Il faut aussi comprendre que le fait de ne pas s'avérer être une porte de sortie pour tous ceux et celles qui sont en opposition avec les actions et les fondements de l'État islamique, aura un impact direct sur la durée de la guerre. Et tout le monde sait que la guerre c'est loin d'être gratuit.

En abandonnant les gens qui désirent nous rejoindre, nous faciliterons le recrutement de l'EI. Nous montrerons au grand jour à quel point nos valeurs de liberté et de démocratie ne s'appliquent qu'à nous et à personne d'autre. Nous dévoilerons au monde notre égoïsme et notre manque de civisme. Dans la vie, il faut être conséquent avec ce que l'on pense. Si nous avons été capables de donner une si grande place à la liberté et à l'égalité dans notre constitution, nous sommes amplement capables d'aider ces gens.

Redescendre sur Terre

Normalement, lorsque les gens se font arnaquer, ils reprennent la réalité en pleine gueule lorsqu'ils payent le prix de leur bêtise. Pour nous, la transaction n'est pas encore terminée. Nous avons encore le pouvoir d'appuyer les démarches de notre premier ministre pour faire notre devoir et aider ces êtres humains.

Réveillons-nous avant de nous faire usurper par des gens qui ne tiennent qu'à souiller les valeurs qui nous sont chères. Réveillons-nous avant de devenir de naïves victimes!

Ce billet fut précédemment publié sur l'Anticønførmiste

[1] Calcul effectué en généralisant la totalité des réfugiés en famille de 3

[2] Meubles, fournitures scolaires, «première épicerie» et vêtements

[3] Calcul effectué en prenant compte du coût en dépenses par personne au Québec

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