LES BLOGUES
17/03/2014 12:29 EDT | Actualisé 16/05/2014 05:12 EDT

La souveraineté, un projet pour toutes les générations

Pour ma génération, les occasions de parler de l'avenir du Québec dans le Canada ont été plutôt rares. En effet, la dernière campagne référendaire sur la souveraineté du Québec date de 1995... et je n'avais même pas un an à l'époque. C'est donc la majorité des « Y » et la totalité des « Z » qui n'ont jamais vécu ceci. Cependant, chose étrange, quand nous parlons aujourd'hui d'indépendance, c'est comme si le projet appartenait à l'histoire et qu'il fallait l'oublier.

Pourtant, je connais beaucoup de jeunes souverainistes. Des jeunes qui, comme moi, ont cherché à comprendre cet enjeu qui jadis occupait beaucoup plus d'espace sur la place publique. Certains me répondent que nous avons déjà perdu deux référendums et qu'il faut respecter la décision de la population. Je ne suis pas d'accord. Ne devrions-nous pas nous questionner sur ce qui est avantageux pour le Québec au lieu de passivement subir le passé?

Le livre blanc sur l'avenir du Québec

Toutefois, la chef du Parti québécois, Pauline Marois, a annoncé récemment qu'elle s'engageait à tenir un livre blanc sur l'avenir du Québec dans l'éventualité de sa réélection. À mon avis, cet exercice de consultation représente l'occasion idéale pour les jeunes Québécois de parler du futur, de souveraineté et de développement à long terme.

Personnellement, dans ce futur débat, j'ai un intérêt particulier sur la question de l'indépendance. Pour moi et pour plusieurs autres jeunes de ma génération, la souveraineté est toujours pertinente, voire même alarmantes, en 2014. Cela le restera tant et aussi longtemps que nous serons dans le Canada, ce pays qui nous ressemble de moins en moins. Pour moi, la souveraineté, c'est un rendez-vous avec l'histoire. Une possibilité d'écrire les lignes directrices du « Québec, pays ». De se doter d'un appareil diplomatique qui promeut nos intérêts partout dans le monde. De concevoir une nouvelle politique autochtone décente. De rejoindre les autres pays dans la lutte au réchauffement global. D'avoir la maitrise de nos programmes sociaux sans dépendre des humeurs changeantes d'Ottawa. En bref, l'indépendance du Québec est un projet réaliste et rentable, mais surtout, une occasion pour notre génération de moderniser nos institutions selon les réalités du XXIe siècle.

La fausse menace

Je trouve désolant de voir M. Couillard brandir la « menace » d'un référendum imminent. Comme si c'était mal de vouloir parler d'avenir. Comme si nous avions tort de vouloir débattre de la question. Est-ce que, oui ou non, le Québec aurait avantage à être un pays? Je crois que oui. Cependant, il faut avant tout donner la parole aux Québécois. Nous sommes une nation distincte et nous avons les outils et la richesse pour devenir un pays. Il ne s'agit pas de « vieilles chicanes » ou encore de « débat d'une seule génération ». À l'inverse, il s'agit d'un débat important, voire primordial, qui améliorerait la face du Québec en entier.

Plus que jamais, le Québec est sous-représenté au parlement canadien et, plus que jamais, le fossé idéologique entre le Québec et le reste du Canada est grand. Il est temps de cesser le mutisme collectif sur la question constitutionnelle et laisser les deux camps débattre librement.

J'imagine souvent un pays où nos lois, nos impôts et nos traités sont gérés par les Québécois et pour les Québécois. Cependant, avant tout, il faut engager le débat et la question est loin d'être désuète. Au contraire, la souveraineté, c'est un projet rassembleur pour toutes les générations.

VOIR AUSSI SUR LE HUFFPOST

Les désirs d'indépendance dans le monde

Retrouvez les articles du HuffPost sur notre page Facebook.



>Comment connecter son compte HuffPost à Facebook pour pouvoir commenter?