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10/03/2016 02:23 EST | Actualisé 11/03/2017 05:12 EST

Quand on se compare, on se désole

Interrogeons-nous sur ce qu'on peut réaliser au quotidien plutôt que de se désoler d'une société saoudienne sur laquelle, avouons-le, notre influence est bien mince.

Dans son texte du mardi 8 mars, Journée internationale de la femme faut-il le rappeler, Richard Martineau affirme que, quand on compare le sort des femmes québécoises avec celui des autres femmes à travers le monde, on se console.

S'il est évident que beaucoup plus de chemin reste à faire dans certains pays avant d'en arriver où nous en sommes, je n'y vois pas là une raison de se satisfaire de toute condition où l'on peut trouver un pays qui bat ses femmes plus que les nôtres. L'essentiel de son texte relate des faits atroces dont sont victimes des femmes au Moyen-Orient. Si ces actes doivent être punis et dénoncés avec véhémence, s'en servir pour fin de comparaison avec le statut de la femme québécoise me désole bien plus que cela ne me console. En se comparant à ce qui se fait de pire, il est facile de bien paraître.

- Tu as eu un D en mathématiques, Tommy ?

- Oui, mais Mathieu a eu un E.

- Ah, c'est correct, fiston, il y a des combats plus urgents que de réussir en mathématiques.

On peut débattre bien longtemps pour déterminer quels sont ces fameux combats qui doivent être menés incessamment, le fait est qu'il n'y a pas consensus sur l'ordre à suivre. La diversité des opinions politiques en fait foi.

Il est inéluctable qu'il est pressant de répondre à la question suivante, formulée par M. Martineau : pourquoi les féministes occidentales ont-elles si peur de dénoncer la misogynie systémique qui perdure dans ces pays ?

J'aurais apprécié davantage un article étoffé sur ce sujet, plutôt qu'une liste de faits odieux se passant ailleurs.

Le 8 mars ne doit pas être une journée servant uniquement à souligner les efforts passés, mais doit être une occasion privilégiée pour identifier et débattre de tout ce qu'il reste à accomplir. Se satisfaire du statu quo parce qu'on peut trouver pire ne fait rien avancer, que cela concerne le statut de la femme ou les résultats scolaires de Tommy.

Interrogeons-nous collectivement et individuellement sur ce qu'on peut réaliser au quotidien pour améliorer notre société, plutôt que de se désoler de la société saoudienne sur laquelle, avouons-le, notre influence est bien mince.

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