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12/12/2013 12:51 EST | Actualisé 10/02/2014 05:12 EST

Pour en finir avec les lignes de parti

Il y a quelque chose qui fait consensus, quand on parle de l'appareil gouvernemental québécois: les citoyens aimeraient des élu(e)s plus indépendant(e)s qui laisseraient de côté les lignes de parti au profit des préoccupations des citoyen(ne)s qui les ont élus.

Une question fait alors soudainement surface: est-ce que les partis sont encore pertinents dans l'appareillage gouvernemental québécois?

Soyons clairs: en ce moment, le citoyen québécois vote pour une ligne de parti plus que pour un individu ou des idées ponctuelles émanant d'un candidat ou d'une candidate. Rares sont les citoyens et citoyennes qui prennent réellement le temps de se renseigner sur le parcours personnel des candidat(e)s avant de voter pour eux ou elles.

Imaginons un instant que les partis soient abolis. On peut aisément croire, à ce moment, que tranquillement mais sûrement, les citoyen(ne)s seraient plus intéressés à savoir qui ils et elles élisent. Qui plus est, cela leur permettrait d'élire un ou une candidate qui propose des solutions concrètes pour leur propre milieu de vie au lieu d'une ligne de parti qui propose des solutions mur-à-mur à la grandeur du Québec.

Poussons l'idée plus loin. Sans parti, des élu(e)s pourraient aisément travailler ensemble sur des préoccupations communes au lieu de simplement s'en tenir à ce que leur chef leur dit de faire ou leur dit de soutenir. Citons un exemple bien précis. Vous vous rappelez du débat ayant eu lieu autour du mini-barrage de Val-Jalbert? À ce moment, François Legault et Amir Khadir étaient d'accord sur le non-fondé d'un tel projet. Pourtant, Legault et Khadir n'ont pas du tout les mêmes idées sociales ou les mêmes projets économiques. Et cette idée de ligne de parti est tellement ancrée dans l'esprit du citoyen qu'il s'est demandé quelle mouche a bien pu piquer Legault et/ou Khadir pour s'allier. «Le citoyen, pardi», comme si c'était anormal de penser au citoyen en premier lieu.

On peut aussi imaginer que les débats sur la question nationale seraient bien plus riches et touffus qu'en ce moment. Sans parti, pas de détour intellectuel sur la division du vote: juste des souverainistes et des fédéralistes (et des autonomistes) qui en débattent sans avoir à traîner le boulet des idées de leur parti.

La Charte des valeurs québécoises, tiens! Chaque député pourrait en parler librement, en lien avec les préoccupations des citoyen(ne)s qui les ont élus. On pourrait penser, à ce moment, que plusieurs député(e)s du PQ se seraient dressés contre le projet alors que plusieurs député(e)s du PLQ se seraient dit pour.

Aussi, pensons au financement des partis. Il serait bien plus simple pour le DGEQ de bien suivre le financement de chaque candidat, que le financement d'une grosse machine partisane qui prend souvent d'intéressants détours, à la frontière du légal, pour arriver à ses fins.

Nous pourrions aussi penser que nous serions sortis d'une logique "gauche/droite" peu constructive pour entrer dans une logique de "bonnes et de mauvaises idées". Au lieu de voter contre un projet "simplement parce qu'il est trop à gauche pour le parti", un député pourrait simplement s'intéresser à l'impact positif ou négatif d'un projet à court, moyen et long terme.

Dernièrement, nous pourrions aussi voir des régions plus indépendantes qui voient leur élu répondre efficacement à leurs préoccupations ponctuelles au lieu de voir des projets de loi faits et pensés pour les grands centres.

Bien entendu, cela demanderait une réforme parlementaire globale. S'inspirer du Bundestag allemand pourrait être la clé à une telle initiative (vote secret, gouvernement formé d'élus de toutes les opinions politiques, etc).

Les partis, encore pertinents?

À en douter.

Mais qui aurait bien le courage d'en parler? En même temps, l'idée, qui a du sens, demanderait un parti qui se ferait élire en promettant l'abolition des partis. Ouin, on peut bien rêver.

Vous, qu'en pensez-vous?

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