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05/02/2014 12:23 EST | Actualisé 06/04/2014 05:12 EDT

Nous sommes devenus experts en tissus

C'est quand même incroyable, cette amorce électorale.

En 2012, à l'aube des élections, le PLQ a fait pleuvoir les investissements, tous hâtifs et étranges, dans des secteurs sans valeur ajoutée. Le PQ s'en offusquait en criant à l'électoralisme moussé par la crise étudiante qui polarisait l'opinion publique.

Moins de deux ans plus tard, à l'aube de potentielles élections, le PQ fait pleuvoir les investissements, tous hâtifs et étranges, dans des secteurs sans valeur ajoutée. Le PLQ s'en offusque en criant à l'électoralisme moussé par la charte qui polarise l'opinion publique.

Same old, same old.

Et vous savez quoi? Un des deux sera - encore - élu.

Ce n'est pas pour rien que le cynisme grandit devant la classe politique, dans l'opinion publique. Cette vieille politique déjà toute prévue d'avance, qui opte pour le wedge issue au lieu d'un projet rassembleur, semble coller à l'Assemblée nationale. Et le pire, dans tout ça, c'est que les autres partis d'opposition ne semblent pas pouvoir se déloger de cette situation.

La CAQ nage en plein flou. Ni pour ni contre: bien au contraire. On vogue vers le Projet Saint-Laurent un jour, vers Cap sur les familles le suivant. On fait un petit essai vers les fonds FTQ ensuite pour tâter le pouls de la population. Non, rien ne semble fonctionner pour ce parti attrape-tout qui, en l'absence d'une cause qui le caractérise, fait du sur-place. En somme, ce n'est pas avec une proposition d'abolition des commissions scolaires qu'on peut aspirer au pouvoir.

Quant à Québec solidaire, les sondages sont désespérément stables: autour de 10%, mois après mois, pour finir par en récolter 7% aux élections, résultat de bon nombre d'électeurs qui ne veulent pas voir passer un péquiste ou un libéral dans leur comté et optent pour le vote stratégique. Manifestement, ce parti n'arrive pas à rejoindre une base électorale à l'extérieur de Montréal.

Option nationale? Difficile de comprendre ce qu'attend ce parti pour se manifester. Le chef, Sol Zanetti, a choisi de ne pas embarquer son parti sur le terrain glissant de la charte de peur de diviser ses militants. Le citoyen, pendant ce temps? Bof, on est bien en gang. L'indépendance d'abord, sans vraiment préciser ce qu'on veut faire avec. Dommage: ON avait le champ libre pour être le seul parti à parler de laïcité de fait au lieu de laïcité d'apparence. Une autre occasion manquée pour eux.

Et pendant ce temps, le Québécois moyen est soudainement devenu expert en tissus. Surtout lorsque portés sur la tête.

C'aurait été plaisant qu'il devienne expert en pipelines. Ou expert en terres agricoles vendues en masse à des intérêts étrangers. Ou expert en conditions de vie des Premières Nations. Ou expert en analphabétisme. Ou expert en temps d'attente sur civière. Ou en gestion à long terme des ressources naturelles. Ou en condition féminine. Ou en infrastructures qui tombent en ruine. Ou expert en instances démocratiques désuètes. Ou expert en justice sociale.

Sauf que comme tout le monde le sait, ce qui empêche le Québec d'atteindre son plein potentiel, c'est les femmes qui portent le voile ou les juifs qui portent la kippa. *Soupir*

Mais bon. Le Québécois a appuyé sur le bouton rouge quand le tissu était sur le stage et a choisi la valise à 0,01$. Et en plus, on pourra dorénavant avoir des plaques d'immatriculation personnalisées, tiens. Gros dossier de réglé, hein?

Ben coudonc.

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