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22/02/2017 09:05 EST | Actualisé 22/02/2017 10:42 EST

La gauche régressive veut purifier le Québec

L'actualité a effectivement contribué à faire sortir de l'ombre une gauche régressive qui se montre plus intolérante que jamais, mais dont le mandat est évidemment de prôner la tolérance sur toutes les tribunes.

Plusieurs événements récents ont créé un tel climat de tension que certains acteurs politiques se sentent autorisés à prôner un grand nettoyage. L'actualité a effectivement contribué à faire sortir de l'ombre une gauche régressive qui se montre plus intolérante que jamais, mais dont le mandat est évidemment de prôner la tolérance sur toutes les tribunes.

En fait, deux concepts servent maintenant à justifier la javellisation idéologique du Québec: le «racisme systémique» et la «culture du viol». Si les deux notions n'entretiennent en apparence aucun rapport, elles n'en demeurent pas moins liées par un objectif commun: celui de purifier la société québécoise. Les représentants de la vertu veulent imposer de nouvelles mesures d'hygiène sociale à un peuple qu'il faudrait dompter comme un animal sauvage.

Le racisme systémique

Nous avons tous remarqué que le terrible attentat de Québec a permis à certains milieux d'intenter un procès médiatique à l'ensemble du peuple québécois pour racisme et xénophobie. Même le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a sauté sur l'occasion pour accuser le Parti québécois d'avoir engendré un climat de haine propice aux dérapages «ethnonationalistes». En Chambre, Couillard accusa le PQ d'être «l'auteur de ces tristes événements» en raison de son scepticisme par rapport au multiculturalisme.

Pour témoigner de sa bonne foi en matière de diversité culturelle, le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, a pourtant proposé récemment que des inspecteurs soient chargés de surveiller les employeurs qui pourraient faire preuve de discrimination à l'embauche. Ce n'est pas dans un ancien État confédéré des États-Unis que cette initiative a vu le jour, mais bien au Québec.

Le débat est si intense et la réalité si déformée que des observateurs étrangers pourraient penser que le Canada français pratique la ségrégation raciale.

Le débat est si intense et la réalité si déformée que des observateurs étrangers pourraient penser que le Canada français pratique la ségrégation raciale. Il ne s'agit pas de nier que certaines mesures pourraient être prises pour favoriser l'intégration des immigrants sur le marché du travail, mais bien de garder le contact avec la réalité... La démesure ne mène nulle part.

À en croire certains idéologues, le Québec serait structurellement raciste. En fait, tout l'imaginaire québécois serait marqué par une tentation génocidaire, laquelle se serait d'abord manifestée contre les autochtones. Le racisme serait une pulsion tribale qui coulerait dans les veines de tout Québécois «de souche» attaché un tant soit peu à son héritage culturel.

La culture du viol

Des histoires de harcèlement sexuel impliquant des personnalités publiques et quelques cas de viol malheureux perpétrés à l'Université Laval ont également convaincu certaines personnalités à parler d'un phénomène congénital affectant l'ensemble de la société. Non seulement le Québec serait structurellement raciste, mais il serait structurellement violeur. Pour faire face à la situation, l'Université Laval annonçait la semaine dernière que des brigades allaient être créées pour chaperonner les soirées étudiantes susceptibles de mener à des dérives sexuelles.

D'ailleurs, la gauche régressive n'attend jamais que la justice fasse son travail avant de lyncher, dans un style moyenâgeux, toute personne soupçonnée d'inconduite sexuelle. L'histoire d'Alice Paquet en témoigne: encore aujourd'hui, même si aucune accusation n'a été retenue contre le député Gerry Sklavounos, les radicaux persistent et signent: il est coupable! M. Sklavounos n'est probablement pas un exemple en matière d'égalité homme-femme, mais il faudrait quand même penser à respecter l'État de droit avant de sombrer dans l'hystérie.

Ce sont bien sûr les mêmes féministes qui nous invitent à changer notre rapport à la sexualité et qui nous interdisent d'émettre la moindre réserve au sujet des coutumes machistes et rétrogrades que certains hommes issus des communautés culturelles entretiennent au nom de leur religion. Jusqu'à aujourd'hui, aucune grande manifestation n'a été organisée pour protester contre les mariages forcés qui pourtant sont en nette augmentation dans les grandes villes comme Montréal et Toronto.

La gauche régressive peut bien prétendre combattre tous les préjugés du monde, mais elle devra réaliser que son propre projet s'inscrit dans une démarche de purification de la société aux velléités totalitaires. Son but: la création de ce qu'elle appelle des safe spaces, c'est-à-dire des espaces totalement hermétiques où toute liberté d'expression (et même d'action) est soigneusement encadrée par les gardiens de la morale.

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