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13/05/2016 08:11 EDT | Actualisé 14/05/2017 05:12 EDT

Et si le « terrible two » n'existait pas vraiment?

Le « terrible two », moi j'y crois pas vraiment...

Et si c'était pas vrai, le « terrible two », le « fucking four » et tous ces autres termes catégorisant nos enfants et leurs comportements difficiles ?

Si ces petites cases toutes faites, prédéfinies, ne servaient en réalité qu'à justifier notre incapacité à gérer leurs nouveaux comportements et à accepter avec plus de facilité notre propre réaction d'impatience/d'intolérance envers eux ?

« C'est normal que je pète les plombs et que j'aie presque le goût de le pitcher dehors ! Il est dans son terrible two ! Ça va passer. »

Mais là est justement le problème. En admettant notre impuissance parentale face à cette nouvelle réalité, soit le début le l'affirmation de soi de l'enfant, on change de paradigme. Du rôle d'acteur principal, on devient figurant de l'histoire. On devient victime des événements.

Commence alors la boucle du : rien ne sert d'intervenir, c'est le « terrible two», y'a rien à faire...

Et plus on se sent impuissant, moins on intervient. Moins on intervient, plus le comportement de l'enfant s'éloigne de ce qu'on aimerait qu'il soit et plus notre relation se détériore. Au final, si on n'y prend pas garde, « terrible two » deviendra « terrible tree », « fucking four », « fucking five », « sucks to be six» et ainsi de suite jusqu'à l'adolescence.

Et vous pourrez continuer de vous dire que votre ado est bête et vous ignore parce que c'est ce que font les ados. Moi je vous dirai que c'est parce que vous avez abandonné votre relation bien avant ça.

Anecdote

Je crois que c'était il y a deux ou trois ans. Je discutais avec une voisine qui se plaignait de son gamin qui avait la tête dure, qui commençait à dire « NON » et à lancer des objets.

« Bof, c'est normal, il est dans son terrible two ! Avec son frère qui est dans le fucking four, c'est la guerre en permanence à la maison, on a hâte que ça passe ! »

Je me suis dit coudonc, y'a tu un âge agréable avant qu'on les ship à l'école viarge ?

J'ai pourtant eu du fun avec mes petits monstres, à 2, 3 et 4 ans et ils ne m'ont jamais paru TERRIBLES.

Il est normal qu'après avoir passé plus ou moins 18 mois à cajoler, bercer et nourrir un bébé qui est entièrement à notre merci, ses premiers signes d'affirmation de soi, son premier refus, son premier « NON » nous débalance et nous rebute. On a l'impression de tout lui avoir donné et maintenant, il commence à faire des siennes...

On n'a pourtant pas changé, on a agi avec lui de la même façon au 19e qu'au 18e mois, mais LUI change ! LUI grandit, se découvre et s'adapte au monde. Catégoriser ces changements de façon cartésienne à des stades de vie infantiles prédéfinis et tout y blâmer est une erreur couteuse qui nuit à la réalisation du vrai problème : nous et notre incapacité à s'adapter, du moins à le faire assez vite pour suivre le rythme de l'enfant.

Je ne dis pas ici de tout laisser filer, d'accepter tous les comportements et que le « terrible two » n'existe pas. Mais tout mettre dans le même panier, blâmer chaque élan de colère sur le dos d'une « phase normale » et jouer au parent/victime, « give me a break ! »

Prends-toi en main, lis un peu sur le comportement, respire deux minutes et écoute ton gamin. Il essaie de te dire quelque chose, de te faire comprendre son besoin. Non, ce n'est plus un poupon et même s'il n'est encore qu'un bébé, il commence à devenir quelqu'un.

Le plus tôt tu comprendras cela, le mieux ta relation avec lui sera !

Le « terrible two », moi j'y crois pas vraiment...

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