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14/01/2018 08:00 EST | Actualisé 14/01/2018 08:00 EST

Le CHUM comme laboratoire de la désorganisation libérale

Le bilan du gouvernement Couillard en santé et services sociaux est assez clair : c'est une perte d'accès drastique aux services pour la population.

Mario Beauregard/PC

Cette semaine, trois événements sont arrivés au CHUM et témoignent d'une manière forte des effets des décisions du gouvernement Couillard sur le réseau de la santé et des services sociaux.

D'abord, on a appris que l'urgence du nouveau CHUM en PPP n'a pas été conçue pour déborder... Ensuite, on a vu le gouvernement Couillard agir comme la marionnette des consortiums privés en octroyant un montant supplémentaire de 233 millions pour le CHUM et le CUSM en PPP. Finalement, on a vu que le CHUM tente de refiler la facture aux usagères et usagers en les obligeant à payer près de 300 $ par mois pour pouvoir avoir la télévision.

L'urgence neuve du CHUM n'est pas conçue pour déborder

On croirait vivre dans un mauvais rêve. Un article paru le 12 janvier nous apprend que le nouveau CHUM en PPP n'a pas été conçu pour avoir une urgence qui déborde. Pourtant, chaque année, il y a toujours des périodes de débordement aux urgences, comme actuellement après la période des Fêtes et avec la grippe qui affecte plusieurs personnes.

Il n'y a pourtant rien pour accueillir les patientes et patients en surplus à l'urgence du CHUM en PPP. Comme le dit Claude Talbot, président du syndicat CSN du CHUM, les patients se retrouvent alors à devoir se faire examiner à la vue de tout le monde dans le corridor. Tout ça dans un hôpital qui vient tout juste d'ouvrir...

Cet hôpital construit en PPP nous a coûté plusieurs milliards de dollars. Comment expliquer qu'on n'ait pas pensé à la question du débordement de l'urgence ? Et surtout, qui paiera pour faire les ajustements ? Parce que c'est loin d'être le seul problème depuis l'ouverture du PPP. Avec un contrat d'entretien donné au consortium privé pour plus de 30 ans, on doit s'attendre à devoir payer une fortune pour faire des ajustements.

Cet hôpital construit en PPP nous a coûté plusieurs milliards de dollars. Comment expliquer qu'on n'ait pas pensé à la question du débordement de l'urgence ? Et surtout, qui paiera pour faire les ajustements ?

Des fonds publics pour payer l'échec des PPP

Autre nouvelle d'importance : le gouvernement Couillard a profité du fait que les travaux de l'Assemblée nationale ne sont pas recommencés pour annoncer publiquement qu'il a flanché devant les pressions des consortiums privés du CHUM et du CUSM. C'est pourquoi il a décidé d'annoncer cette semaine (en espérant que ça passe inaperçu) qu'il allait donner 233 millions de fonds publics pour régler des conflits juridiques sur des enjeux de dépassements de coûts.

Nous avons dénoncé la situation lundi en rappelant qu'encore une fois le gouvernement se faisait le porte-parole des intérêts des PPP plutôt que de servir la population. Le plus triste dans cette histoire, c'est que le gouvernement gaspille toutes les occasions de négocier une sortie de ces contrats de PPP qui vont nous coûter une fortune.

S'il vient de régler certains conflits avec les PPP, cela est loin d'être terminé, comme en témoigne le cas de l'urgence du CHUM. Au CUSM, ce sont des centaines de malfaçons qui ont été notées par la partie publique. Et pour régler chacune d'entre elles, il faut payer le PPP. Le tout alors que les compressions continuent d'affecter les services et le personnel...

Le plus triste dans cette histoire, c'est que le gouvernement gaspille toutes les occasions de négocier une sortie de ces contrats de PPP qui vont nous coûter une fortune.

Refiler la facture du PPP aux patients du CHUM

Comme si ce n'était pas assez, on a aussi appris que la facture est très salée pour les patientes et patients qui doivent rester au CHUM pour quelque temps et qui veulent avoir la télévision. C'est près de 300 $ par mois qu'ils doivent payer pour pouvoir passer le temps. Je serais bien curieux de savoir quel est le prix réel payé par le CHUM pour donner accès à la télévision dans les chambres. Je n'ai déjà pas beaucoup de cheveux. Mais des histoires de même me donnent envie de tirer sur ce qui reste. Le seul mot qui me vient en tête, c'est que c'est indécent !

Les établissements sont de plus en plus imaginatifs pour tenter de refiler la facture aux patients pour faire face à l'imposition des compressions budgétaires. C'est le cas ici avec la télévision, mais c'est aussi ce qu'on voit avec les hausses des tarifs des stationnements un peu partout au Québec.

Au CHUM, c'est non seulement les coupes budgétaires qui font mal, mais aussi le PPP. On doit payer chaque mois le « loyer au PPP » alors que les budgets ne suivent pas. Cette pression que le gouvernement met sur les établissements du réseau se répercute directement sur les usagères et usagers. Cela implique une perte de services ou encore une hausse des tarifs.

Le bilan du gouvernement Couillard en santé et services sociaux est assez clair : c'est une perte d'accès drastique aux services pour la population. Le cas du CHUM en est qu'un triste exemple.

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