LES BLOGUES
10/02/2017 09:26 EST | Actualisé 10/02/2017 09:26 EST

La division, toujours la division

Il faut mettre de côté la division et commencer à mettre de l'avant ce qui nous permet de vivre ensemble dans le respect. C'est ce sur quoi nous devons nous concentrer collectivement dans les prochaines semaines.

Diviser pour mieux régner. Bien sûr, le dernier venu à ce jeu est Donald Trump. Il va loin. Il cible les groupes, les uns après les autres. Il a commencé par le peuple mexicain. Après les Mexicains, M. Trump s'en est pris aux femmes. Dernier exemple : il propose de fermer les frontières aux ressortissants de sept pays arabes.

Le lendemain de l'assermentation du nouveau président des États-Unis (le 21 janvier), j'ai eu le plaisir d'être avec le syndicat CSN de l'Hôpital général juif à Montréal. Le syndicat a organisé une journée familiale dans un complexe de cinéma près de l'hôpital. C'était une journée où les membres du syndicat pouvaient amener leurs enfants voir un film, participer à des animations, des jeux, le tout bien sûr agrémenté de popcorn et de boisson format cinéma. Quelle bonne idée de la part du syndicat! Des parents et enfants qui semblaient ravis de participer à cette journée familiale.

Pendant les films pour enfant, j'en ai profité pour me déplacer à la manifestation des femmes qui se déroulait tout près. En effet, des millions de femmes à travers le monde ont profité du lendemain de l'assermentation de Donald Trump pour indiquer qu'il y aura une résistance importante aux politiques de reculs annoncées par celui-ci, notamment sur la question de la condition des femmes.

La résistance des femmes à la division

Les quelques discours que j'ai entendus à mon arrivée à cette manifestation m'ont donné de l'espoir à savoir que M. Trump n'aura pas la voie libre pour appliquer les aspects les plus rétrogrades de ses politiques. L'excellent discours prononcé par une animatrice de Radio-Canada, Pénélope McQuade, m'a particulièrement touché. Notons deux points de son discours. D'abord, elle a parlé de l'impact sur le monde lorsque l'homme le plus puissant des États-Unis se permet d'exprimer sans gêne ses points de vue les plus sexistes.

« Je ne veux pas parler uniquement de ma perspective parce que ma position aujourd'hui en est une de femme privilégiée... j'ai plutôt envie, pour les années de combats devant nous, de porter la voix de celles qui n'en ont pas, celles qu'on ne veut pas entendre, les invisibles, les exclues, les dérangeantes... celles qu'on se permet de grab by the pussy, au sens propre comme au sens figuré. »

Ensuite, vers la fin de son discours, elle nous a laissés avec ce qui se suit :

« Un papa d'une petite fille de 7 ans m'a écrit cette semaine : « Ma fille ne se connait aucune limite. Je voudrais qu'elle puisse continuer de grandir sans penser que le monde est limité. Pour moi, cette volonté qui l'anime est la plus belle chose qu'elle puisse posséder. Vivre. Sans limites. Voilà ce que je lui souhaite. » Voilà ce que je nous souhaite tous et toutes. »

Le drame de la mosquée de Québec

À peine une semaine après ces manifestations plutôt encourageantes, il y a eu l'événement à la mosquée de Québec. Dans les heures qui ont suivi ce drame, j'étais incapable de réfléchir de façon adéquate.

J'ai cru sentir quelque chose de différent dans les heures qui ont suivi l'attentat. Quelque chose d'inexplicable, mais de très différent. D'abord, j'étais content de voir plusieurs milliers de personnes à travers le Québec qui ont décidé de participer aux différents rassemblements. J'ai moi-même pris part à la vigile qui s'est tenue à Montréal le lendemain de l'attentat.

Un drame semblable nous ébranle au plus fort de nous-mêmes. En revenant du rassemblement à Montréal, j'ai lu un statut sur Facebook. Le statut d'une mère musulmane qui parlait d'un échange qu'elle a eu avec sa fille dans les heures qui ont suivi l'attentat. La jeune fille disait qu'après cette tragédie, peut-être que nous laisserons tranquilles les musulmans du Québec. Finalement, avec le recul, je constate que cette jeune fille avait une analyse qui valait pas mal plus que toutes mes réflexions mêlées sur le sujet.

J'ai constaté un changement perceptible dans le discours des politiciens. D'abord, à Radio-Canada, j'ai entendu Gérard Deltell, député conservateur de Chauveau, qui louangeait le discours de Justin Trudeau suite à cet attentat. Pour ceux et celles qui me connaissent un peu, vous savez que nous ne sommes pas souvent sur la même longueur d'onde Deltell et moi! M. Deltell a trouvé les mots et le ton nécessaire ce matin-là. M. Couillard, qui a souvent été l'objet de critiques sévères dans ce blogue, a aussi trouvé le ton nécessaire à mon avis. C'est la même chose pour la quasi-totalité des politiciens que j'ai entendue. Un changement radical et immédiatement perceptible.

Ce qui m'amène au statut Facebook de Bernard Gauthier, ex-syndicaliste et possiblement futur député de la Côte-Nord-Basse-Côte-Nord. Après les attentats et la rencontre entre des représentants de nos gouvernements et ceux de la communauté musulmane du Québec, M. Gauthier a apparemment écrit que de dédommager les victimes de l'attentat dépassait les limites! Pour justifier sa position, il parle du fait que les victimes de la société d'État (Hydro-Québec) sur le chantier de la Romaine n'étaient pas dédommagées. Faut-il vraiment opposer le dossier du dédommagement des victimes à la Romaine à celui des victimes de Québec? Au Québec, nous avons les moyens collectifs pour faire les deux. Nous avons, je suis convaincu, la volonté de montrer notre compassion aux citoyennes et citoyens qui vivent des situations « d'une énorme tristesse », ce qui doit inclure un coup de main financier dans les deux situations.

Il faut mettre de côté la division et commencer à mettre de l'avant ce qui nous permet de vivre ensemble dans le respect. C'est ce sur quoi nous devons nous concentrer collectivement dans les prochaines semaines.

VOIR AUSSI SUR LE HUFFPOST

Galerie photo Les billets de blogue les plus lus sur le HuffPost Voyez les images

Abonnez-vous à notre page sur Facebook
Suivez-nous sur Twitter