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18/06/2018 12:05 EDT | Actualisé 18/06/2018 12:10 EDT

La cassette du ministre Barrette

Le ministre ne veut pas entendre la détresse. Elle n'a pas de place dans sa cassette.

Mario Beauregard/PC

Le ministre Barrette a sorti la cassette qu'il va nous servir d'ici aux élections : tout va mieux dans le réseau de la santé et des services sociaux grâce à lui! Malheureusement pour le ministre, la réalité est têtue. Chaque jour, des exemples apparaissent pour rappeler l'échec de sa réforme pour le personnel et les usagères et usagers.

Assez! Personnel surchargé

C'est justement pour donner l'occasion au personnel du réseau de s'exprimer sur les ratés de la réforme Barrette que nous avons lancé récemment la campagne Assez! Personnel surchargé. Depuis plusieurs mois, les travailleuses et travailleurs du réseau témoignent de leur surcharge de travail et de leur épuisement. Devant le peu de solutions qui sont mises de l'avant par le gouvernement et les employeurs pour régler cette crise, nous nous sommes dit qu'il était nécessaire de lancer cette campagne pour appuyer le personnel.

Il faut dire que le réseau en a eu pour sa claque dans les dernières années. Des millions de dollars ont été coupés dans les budgets, forçant la fermeture de lits, une hausse des délais pour plusieurs services et une augmentation faramineuse de la surcharge de travail. À la fin de leur mandat, les libéraux de Couillard laissent le réseau avec un manque à gagner de plus de 7 milliards de dollars.

Les gouvernements ont tellement travaillé fort pour rendre le réseau moins attractif qu'on a bien du mal à embaucher actuellement.

J'ai l'occasion de me promener pas mal dans les établissements du réseau pour rencontrer le personnel et je reçois chaque semaine des dizaines de témoignages. Comme cette agente administrative du CHUM qui doit expliquer aux patient-es tannés d'attendre qu'ils devront patienter plus longtemps parce que le système informatique vient (encore) de planter. Ou comme cette préposée aux bénéficiaires qui s'est fait donner la tâche de faire à même sa charge le deuxième bain promis par le ministre. Cette annonce devait venir avec de l'ajout de personnel, mais les gouvernements ont tellement travaillé fort pour rendre le réseau moins attractif qu'on a bien du mal à embaucher actuellement.

Une cassette qui sonne faux pour les usagères et usagers

Si la cassette du ministre Barrette sonne faux aux oreilles du personnel du réseau, c'est la même chose pour les usagères et usagers.

Encore là, les exemples sont nombreux et parlants pour expliquer que ça ne tourne pas rond. Récemment, le protecteur du citoyen sortait un rapport qui disait que des résidentes et résidents d'un CHSLD n'ont qu'un bain par ... 3 semaines! D'autres ont appris qu'ils devraient quitter leur résidence privée dans un délai de 48 heures. Chaque fois que je lis des reportages comme ça, je me dis que ça n'a pas d'allure comment on traite nos aîné-es au Québec.

Ce qu'on tend trop souvent à oublier, c'est que derrière chacun de ces exemples se cache une détresse incroyable. Le gouvernement est complice de cette détresse quand il la laisse perdurer et encore plus quand il fait tout pour l'alimenter.

Ce qu'on tend trop souvent à oublier, c'est que derrière chacun de ces exemples se cache une détresse incroyable.

Mais le ministre ne veut pas entendre cette détresse. Elle n'a pas de place dans sa cassette. Et pour marteler son message, il est prêt à faire toutes les entourloupes. Il est même allé jusqu'à prétendre qu'un syndicat CSN appuie ses décisions dans un débat télévisé. Ça ne prend pas la tête à Papineau pour se rendre compte que ça n'a pas de sens.

Assez, on passe à l'action!

Heureusement, le personnel du réseau n'entend pas le laisser s'en tirer si facilement. Je suis vraiment heureux de voir la mobilisation partout sur le terrain.

À Québec, nous étions plus de 1000 travailleuses et travailleurs à aller à la dernière séance du conseil d'administration pour faire savoir que c'est assez la surcharge de travail! Dans plusieurs établissements, nous organisons des sit-in et des rassemblements pour donner un peu de temps au personnel de souffler et pour faire connaître leur réalité à la population. Dans plusieurs régions, nos syndicats attendent le ministre pour lui organiser de beaux comités d'accueil dans sa tournée de belles promesses, ou encore tiennent comme à Laval des vigiles pour faire avancer la négociation locale.

Autant dire que nous n'entendons pas nous croiser les bras pour les semaines à venir. Nous continuons de nous organiser pour défendre, aux côtés du personnel et des usagères et usagers, le réseau de santé et de service sociaux.