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12/04/2015 07:47 EDT | Actualisé 12/06/2015 05:12 EDT

An 1 du gouvernement Couillard: certains fêtent, la majorité encaisse les coups

Le gouvernement a choisi son camp. À nous maintenant de choisir le nôtre.

Cette semaine marquait le 1er anniversaire du gouvernement Couillard. Durant les élections de 2014, Philippe Couillard s'est présenté à la population québécoise comme un défenseur du modèle québécois en opposition à François Legault qu'il présentait comme un saccageur. Au lendemain de l'élection, nous avons rapidement compris que les libéraux ont caché leurs réelles intentions à la population. Après une année de pouvoir du gouvernement Couillard, nous pouvons dresser un premier bilan.

Aucun mandat pour l'austérité

Jamais durant les élections, les libéraux de Couillard n'ont indiqué à la population québécoise qu'ils avaient l'intention d'imposer des mesures d'austérité. Couillard avait même eu le culot de dire que les péquistes proposaient un choc tarifaire dans les services de garde en proposant une indexation. Une fois au pouvoir, le gouvernement Couillard nous propose maintenant une modulation des tarifs pouvant aller jusqu'à 20$ par jour. Et on s'étonnera que la population soit de plus en plus cynique face à nos décideurs!

Une fois au pouvoir, le gouvernement Couillard n'en fait qu'à sa tête. Et tant pis si seulement 30% de la population leur ont accordé leur vote. Ce qu'on comprend donc, c'est que ce gouvernement n'a absolument aucune légitimité pour nous imposer des mesures d'austérité aussi drastiques.

Mais ce qu'on comprend aussi, c'est que certains appuient directement ces mesures qui les favorisent directement, pendant que la majorité doit subir les contrecoups de l'austérité. Le gouvernement Couillard, mis au pouvoir par une minorité de la population, gouverne pour une élite qui n'est pas touchée par l'austérité.

Pendant que les riches fêtent...

Après le dépôt du deuxième budget du gouvernement Couillard, le ministre des Finances Carlos Leitao s'est fait encenser devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. Après tout, c'est facile d'appuyer des compressions budgétaires quand elle ne te touche pas.

Le gouvernement Couillard annonçait cette semaine les grandes lignes de son plan Nord. Pendant qu'il impose des coupes drastiques dans nos services publics et qu'il met de l'avant des hausses tarifaires qui limiteront davantage le pouvoir d'achat de la classe moyenne, il annonce qu'il est prêt à investir des fonds publics pour favoriser des multinationales. De l'argent pour ouvrir des routes aux minières dans le Nord, pas de problème. De l'argent pour financer nos services publics qui contribuent à l'ensemble de la population, les libéraux ne veulent rien savoir. Les investissements publics sont bienvenus s'ils ont pour but de favoriser l'entreprise privée.

L'austérité a pour seule conséquence d'accentuer les inégalités sociales. Nous apprenions récemment que les inégalités ne font qu'augmenter dans les dernières années et qu'elles deviennent aux yeux de plusieurs un des plus grands défis du XXIe siècle.

Après un an de pouvoir du gouvernement Couillard, nous sommes en mesure de comprendre que son objectif est de favoriser les plus riches. Jamais ceux-ci n'ont été ciblés par les mesures d'austérité. Tout cela parce que l'on veut nous faire croire qu'il faut d'abord créer la richesse avant de la répartir. Pourtant, les nombreux avantages fiscaux accordés aux entreprises canadiennes dans les dernières années n'ont pas permis de relancer l'économie, mais seulement de concentrer plus de 600 milliards dans leurs coffres.

Ce n'est donc pas une question de création de richesse, mais de partage de la richesse. Et visiblement, ce gouvernement n'a aucunement l'intention d'y travailler.

Le reste de la population encaisse

La très grande partie de la population, de son côté, est la cible de l'austérité. La classe moyenne et les plus démunis de notre société encaissent pendant que les riches continuent de s'enrichir.

Les femmes sont particulièrement touchées comme travailleuse des services publics et comme usagère de ces services. Pensons par exemple aux offres méprisantes du gouvernement Couillard dans la négociation du secteur public. Curieux que les médecins spécialistes ne sont pas traités de la même façon. À cela s'ajoutent des attaques féroces à notre filet social, alors que l'on sait que ce sont les femmes qui en bénéficient le plus.

La classe moyenne subit directement les effets des mesures d'austérité. Elle devra payer plus cher pour les tarifs en garderie. À cela s'ajoutent des hausses des tarifs d'électricité de 2,9% et une hausse des assurances automobile de 4%. Les mesures d'austérité du gouvernement vont appauvrir la classe moyenne en même temps que l'augmentation de plusieurs tarifs va augmenter l'inflation au Québec. Pour un gouvernement qui voulait redonner de l'oxygène à la classe moyenne, on repassera.

Si en plus vous avez le malheur de travailler dans le secteur public, alors là, c'est le comble. Si les offres patronales étaient adoptées, les travailleuses et travailleurs du secteur public perdraient 10 000$. Le gouvernement veut aussi s'en prendre au régime de retraite, à l'assurance-salaire et à plusieurs autres acquis de ces salarié-es.

Et que dire de la situation des plus démunis de notre société? Le gouvernement instaure de nouvelles coupes à l'aide sociale, en plus de couper plusieurs services utilisés particulièrement par cette partie de la population. Par exemple, l'état de santé des jeunes vulnérables dans les centres jeunesse se dégrade en raison des compressions.

Le gouvernement a choisi son camp : il favorisera les riches et les entreprises privées. À nous maintenant de choisir le nôtre. Pour réduire les inégalités sociales et mettre en place des politiques qui favorisent la majorité de la population, nous n'avons d'autre choix que de nous opposer à ce gouvernement.

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