Cet article fait partie des archives en ligne du HuffPost Québec, qui a fermé ses portes en 2021.
Les blogues

Comment lutter contre la hausse des inégalités sociales

Si nous voulons des services publics de qualité pour réduire les inégalités sociales, nous devons absolument investir dans celles et ceux qui donnent les services au quotidien.

La semaine dernière, je vous expliquais qu'il m'apparaît important de présenter la lutte des travailleuses et travailleurs du secteur public comme un moment crucial pour un meilleur partage de la richesse. Les inégalités sociales ont augmenté de façon considérable depuis les années 1980 et nous devons trouver des moyens de les réduire. Je reste convaincu que la négociation du secteur public est un de ces moments.

En se battant pour des augmentations salariales, les travailleuses et travailleurs du secteur public et du réseau des services de garde forcent le 1% à accepter de partager sa richesse. Parce que ces augmentations salariales ne doivent pas être vues comme un alourdissement du fardeau fiscal de la classe moyenne, mais bien comme une occasion de rappeler le 1% à ses responsabilités collectives. En obtenant des augmentations de salaire pour les milliers de travailleuses et travailleurs du secteur public, on crée une brèche importante dans la lutte pour la réduction des inégalités sociales. À terme, ce serait l'ensemble des travailleuses et travailleurs qui en sortiraient gagnant.

Des services publics de qualité pour réduire les inégalités sociales

Si on peut réduire les inégalités sociales en augmentant les salaires de la classe moyenne et donc en favorisant les luttes syndicales pour de meilleures conditions salariales, on peut aussi le faire en investissant dans nos services publics. C'est une deuxième raison essentielle d'appuyer la bataille des travailleuses et travailleurs du secteur public cet automne.

Pour réduire les inégalités sociales à la source, il faut agir sur ses déterminants fondamentaux. Il faut investir dans les services de garde à la petite enfance et en éducation pour que les prochaines générations puissent obtenir de meilleurs emplois et pour affiner la conscience critique des citoyennes et citoyens de demain. Il faut investir en santé et dans les services sociaux pour s'assurer qu'une maladie n'hypothèque pas l'avenir des gens. Et tout cela passe par nos services publics.

Les programmes publics sont en effet un moyen concret de réduire les inégalités sociales. David Stuckler et Sanjay Basu l'expliquent bien dans leur ouvrage Quand l'austérité tue. Les inégalités sociales sont alimentées par des choix politiques et ne sont pas une fatalité. On en comprend donc que les politiques d'austérité sont non seulement évitables, mais qu'elles sont un élément central pour expliquer l'aggravation des inégalités.

Plutôt que de couper dans les services publics, un gouvernement qui voudrait réduire les inégalités y investirait considérablement. Les demandes syndicales visent justement à promouvoir nos services publics. Il faut donc freiner la privatisation et mettre toutes nos énergies à développer des services publics efficaces qui répondent aux besoins de la population. La privatisation crée un système à deux vitesses qui limite l'accès aux services pour les plus pauvres de notre société. Plusieurs revendications syndicales proposent justement des moyens de contrer la privatisation.

Les services que l'on reçoit dans le secteur public sont donnés par du personnel qualifié. Ce sont elles et eux qui tiennent le réseau public sur leurs épaules. Si nous voulons avoir des services publics de qualité, encore faut-il s'assurer de donner de bonnes conditions de travail à ces travailleuses et travailleurs.

Voici donc une deuxième raison d'appuyer les demandes salariales de la négociation du secteur public. Si nous voulons des services publics de qualité pour réduire les inégalités sociales, nous devons absolument investir dans celles et ceux qui donnent les services au quotidien. Et cela passe notamment par un meilleur salaire.

La négociation du secteur public et la mobilisation qui nous attend cet automne sont une occasion rêvée de nous exprimer collectivement pour un meilleur partage de la richesse. Ne tombons pas dans le piège de la division et luttons ensemble pour préserver nos services publics et réduire les inégalités sociales au Québec.

VOIR AUSSI SUR LE HUFFPOST:

Les écarts entre riches et pauvres dans les grandes villes canadiennes

Envoyer une correction
Cet article fait partie des archives en ligne du HuffPost Canada, qui ont fermé en 2021. Si vous avez des questions ou des préoccupations, veuillez consulter notre FAQ ou contacter support@huffpost.com.