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02/09/2015 10:37 EDT | Actualisé 02/09/2016 05:12 EDT

Élections 2015: quelle place pour la science?

Je vous propose un bref résumé des différentes mesures gouvernementales fédérales qui ont affecté notre capacité scientifique ces dernières années.

Voilà plusieurs années que je rédige des billets et lettres ouvertes sur l'importance de la place de la science au sein de nos sociétés, particulièrement en ce qui a trait aux politiques publiques ainsi qu'à la culture générale.

Or, la période électorale dans laquelle nous nous trouvons plongés devrait être un temps des plus opportuns pour s'attarder à la question. Malheureusement, comme bien d'autres enjeux, celui de la science se perd dans les discours portant principalement sur l'économie...

Laissez-moi donc le soin d'immiscer la science dans le débat!

Comment la science se porte-t-elle au Canada?

Si vous n'en êtes pas déjà convaincus, permettez-moi de faire valoir pourquoi l'enjeu scientifique devrait figurer au sein de la campagne électorale en cours. Je vous propose donc un bref résumé des différentes mesures gouvernementales fédérales qui ont affecté notre capacité scientifique au pays au cours des dernières années:

• L'abolition de la Table ronde nationale sur l'environnement et l'économie;

• L'abolition du Conseil de contrôle des renseignements relatifs aux matières dangereuses;

• L'arrêt du financement de la Fondation canadienne pour les sciences du climat et de l'atmosphère;

• Des programmes tels que sur la surveillance des contaminants et de la toxicologie marine ont été abolis, ou vus leurs effectifs grandement affaiblis, tel que c'est le cas pour le centre de recherche sur le pétrole, le gaz et autres sources d'énergie extracôtières;

• La fermeture du laboratoire de recherche atmosphérique en environnement polaire (PEARL);

• Affaiblissement des mesures de protection du poisson et des espèces en péril;

Fermeture de la Région des lacs expérimentaux - un laboratoire à ciel ouvert ayant un joué un rôle de pionnier sur la recherche sur les pluies acides (sauvé, in extremis, par une entente entre l'Ontario et l'Institut international du développement durable);

• Fermeture ou réduction des bibliothèques scientifiques fédérales;

• Abolition du caractère obligatoire du formulaire long de recensement de Statistique Canada;

Musèlement des scientifiques gouvernementaux.

Bien que cette liste ne soit sans doute pas exhaustive, elle permet tout de même de constater à quel point la science, et conséquemment les mécanismes législatifs qui s'appuient sur celle-ci, a été malmenée dans les dernières années. D'après ce que rapporte l'Institut professionnel de la fonction publique du Canada, 596 millions ont été retranchés aux budgets de la science et de la technologie des ministères et organismes à vocations scientifique entre 2008 et 2013, et plus de 2000 emplois à temps plein ont été éliminés.

Il va sans dire que la science a été l'enfant pauvre des priorités fédérales au cours des dernières années. La campagne électorale amorcée il y a quelques semaines nous donne une occasion unique de discuter de la place de la science au sein de nos systèmes politiques.

Il ne s'agit pas ici de politiser la science, car celle-ci doit demeurer neutre et objective, mais plutôt de s'assurer que l'ensemble de nos leaders politiques - tous partis politiques confondus - aient le courage de redonner à la science et à la culture scientifique toute la place qu'elles se devraient d'occuper au 21e siècle.

Avec les défis qui tendent à l'horizon (changements climatiques, changements démographiques, technologies de l'information, santé, économie verte, etc.), nous devons redonner à la science la place qui lui revient: c'est-à-dire une science bien financée et libre d'entraves!

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