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22/05/2018 14:56 EDT | Actualisé 23/05/2018 10:15 EDT

Taillefer, le nouvel endormeur du peuple québécois

Taillefer utilise la même vieille démagogie pour faire peur au peuple Québécois, sous-entendant que l'indépendance serait étrangère au développement économique et qu'elle serait «instable».

© 2018 FOTOimage

S'il y a des endormis, c'est parce qu'il y a des endormeurs, répétait Raymond Barbeau, pionnier du mouvement indépendantiste et fondateur de l'Alliance Laurentienne en 1957. Depuis la guerre de la Conquête, notre peuple a toujours su sécréter en son sein des endormeurs qui profitent personnellement à nous maintenir minoritaires sur nos terres.

Ce recrutement des endormeurs était dans la prémisse du mal nommé «Acte d'Union» de 1840, que nous devrions rebaptiser «Acte d'Assimilation». Dans son rapport rédigé à la suite de la longue lutte des Patriotes pour la démocratie et l'indépendance, Durham a proposé de minoriser les Canadiens français en fusionnant le Bas-Canada avec le Haut-Canada. Pour réussir cette assimilation programmée, une des stratégies était d'acheter une partie de notre élite avec des postes au gouvernement. Ces derniers pourraient ensuite convaincre le peuple d'adhérer à leur propre assimilation. La trahison des élites, un terme récurent de notre Histoire.

Taillefer, l'héritier de Couillard

Puis arriva Alexandre Taillefer, l'apprenti sorcier de la mystification canadienne. Ni rouge ni bleu, bien au contraire! Un membre du PQ qui fait financer son fonds de placement par l'ultra fédéraliste Stephen Bronfman. Le même Bronfman qui a fait éclater la caisse électorale du PLC de Justin Trudeau... non, les Bronfman ne financeront pas la révolution québécoise.

Taillefer peut bien décider d'embrasser le Canada si ça lui chante, mais encore faut-il qu'il soit honnête avec le peuple québécois et c'est là où le bât blesse. Lorsque questionné sur l'indépendance, il aurait répondu : «On a un environnement propice au développement au Québec, il faut s'assurer de maintenir le calme».

Donc, Taillefer utilise la même vieille démagogie pour faire peur au peuple Québécois, sous-entendant que l'indépendance serait étrangère au développement économique et qu'elle serait «instable».

Une vraie honte.

Taillefer marche dans les traces de Couillard et le louange pour nous endormir.

Taillefer marche dans les traces de Couillard et le louange pour nous endormir. Ce dernier avait affirmé que l'indépendance «serait la pire catastrophe financière et économique qui pourrait nous frapper».

Une vraie honte.

Ces nouveaux curés nous lancent des mensonges de Bonhomme Sept Heures en pleine tête et les journalistes répètent leurs paroles sans même exiger la moindre preuve! Où sont vos études économiques Docteur Couillard? Non, dire que le Québec reçoit de la péréquation et des transferts n'est pas une étude économique sur l'indépendance. Le dernier qui en a fait une digne de ce nom est Maxime Duchesne, qui confirmait à nouveau l'évidence de la viabilité économique du Québec indépendant.

Une évidence qu'avait soulignée le directeur du département d'économie de l'Université Harvard : «Sur un plan strictement économique, soutient M. Alesina, il ne serait pas tellement difficile pour le Québec de devenir indépendant. Cela peut se faire à un coût très bas pour tout le monde et je ne vois pas pourquoi il ne réussirait pas. (...) Des petits pays comme le Danemark, l'Islande ou Singapour sont prospères parce qu'ils ont une économie ouverte, ajoute le professeur. Il n'y a aucune raison pour qu'un petit pays ne réussisse pas.»

Si les 200 pays dans le monde avaient attendu d'être aussi riches que le Québec avant d'être indépendants, il y aurait juste une trentaine de pays!

Oui, le Québec indépendant serait au 33e rang des pays pour le PIB par habitant en parité du pouvoir d'achat.

Un pays va nous permettre d'investir en fonction de nos intérêts. Ça ne prend pas la tête à Papineau pour comprendre que nous n'aurions jamais investi 20 milliards $ de nos richesses dans les chantiers maritimes de Vancouver et d'Halifax. Imaginez toutes les retombées économiques d'un tel investissement à Lévis... Nous n'aurions pas laissé partir notre bourse à Toronto, nos vols internationaux et j'en passe.

Combien de millions $ nous allons encore perdre en frais de juges et d'avocats pour finalement nous faire imposer une constitution que nous n'avons jamais signée?

Vivement notre indépendance nationale. La route est longue, les endormeurs nous ralentissent, mais courage, nous y arriverons. Répétons fièrement l'épitaphe de Monsieur Jacques Parizeau, l'un de nos réveilleurs de peuple : N'ayez pas peur.